Marcher, édifier, confesser Jésus-Christ

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Trois ans depuis cette invitation lancée par le nouveau pape :

“Frères et sœurs, bonsoir ! Vous savez que la tâche du Conclave était de donner un Évêque à Rome. […] Et maintenant, initions ce chemin: l’Évêque et le peuple. Ce chemin de l’Église de Rome…”

Depuis ce 13 mars, la marche a commencé, sur des chemins neufs et parfois escarpés.

Nous, fidèles du Christ, voulons par cette déclaration partager nos espoirs et nos préoccupations, avec liberté et confiance.

  1. Nous entendons l’appel du pape François à poursuivre le processus engagé par le Concile Vatican II pour mettre le mystère de l’Église en dialogue avec le monde contemporain, pour annoncer à frais nouveaux la joie de l’Évangile dans l’histoire. Nous sommes prêts à porter ensemble cet appel avec le magistère. La tâche est vaste et elle ne pourra pas être menée sans la pleine collaboration des baptisés.
  2. Nous saluons l’avènement de pastorales à hauteur d’hommes. Nous nous réjouissons que soit repris le thème de la miséricorde de Dieu, elle qui oriente l’attention sur les réalités des personnes et sur leur histoire. Nous suivons comme un fil rouge, dans ce récent magistère, les paroles de Jean XXIII : “l’Épouse du Christ préfère utiliser la médecine de la miséricorde plutôt que de prendre les armes de la rigueur”1.
  3. Nous saluons avec espoir le travail de réforme de l’Église vers plus de synodalité – qui est le “marcher ensemble” des laïcs, des pasteurs et de l’Évêque de Rome -, et la “décentralisation”, qui devra concevoir les Conférences épiscopales “comme sujets d’attributions concrètes, y compris une certaine autorité doctrinale authentique”2. Ces mutations signent un retour heureux à une autre manière d’exercer la primauté de Pierre, car le  Pape ne se trouve pas, tout seul au-dessus de l’Eglise mais en elle comme baptisé parmi les baptisés et dans le Collège épiscopal comme évêque parmi les évêques »3.
  4. Nous voyons avec satisfaction un retour à la centralité du peuple de Dieu; la référence au “flair de la brebis”, ce « sens de la foi », qui “empêche une séparation rigide entre Ecclesia docens et Ecclesia discens,”4, cet accent mis sur une hiérarchie qui doit servir et l’utilisation d’un langage dans lequel dominent les références évangéliques plutôt que les injonctions moralisantes.
  5. Nous saluons avec espoir la nouvelle dynamique en vue de l’unité de l’Église. Ce que l’Esprit a semé dans les autres Églises est un don;
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1 Jean XXIII, Discours à l’ouverture solennelle du Concile œcuménique Vatican II, 11 octobre 1962 (n. 7.2). 2 Evangelii gaudium, n. 32, en référence à Jean-Paul II
3 François, Discours à l’ouverture solennelle du Concile oecuménique
4 François, Discours de

6. Nous entendons notre Église qui dénonce toutes les structures de péché, écoute le cri des pauvres et soutient les exigences de libération. Nous voulons contribuer au soin de la maison commune, (notre planète), par la conversion personnelle continue, par la dénonciation de l’idolâtrie de l’argent, de la culture du “déchet” et de la mondanité spirituelle. L’Église, Peuple des baptisés, n’a pas peur de se tenir auprès de ceux qui luttent contre la pauvreté, car “l’amour pour les pauvres est au centre de l’Évangile”5, et ceux-ci sont la “chair du Christ”6, le corps défiguré du Crucifié.

À côté de nos espoirs, existent deux préoccupations majeures :

  1. La première est l’extrême lenteur avec laquelle la question de la place des femmes dans l’Église est abordée. Á ce jour, rien de décisif n’a encore été engagé. Or, l’absence des femmes en responsabilité décisionnelle est le signe d’un « entre soi » masculin devenu inacceptable.
  2. La seconde vient de ces murmures ininterrompus contre le pape, qui ne se réduisent pas à la simple expression de divergences, mais qui, malheureusement, utilisent au sein même de la hiérarchie un style qui emprunte les voies de la presse à sensation et de la fronde politique, au risque même du schisme. Il y a dans cette fronde une apologie de modèles religieux dépassés et non évangéliques.

En cette date anniversaire, nous redisons notre engagement avec l’évêque de Rome. Notre avenir s’inscrit dans la « feuille de route » qu’il a livrée au peuple de Dieu, un peuple d’hommes et de femmes envoyés par l’Esprit, chez qui les charismes surabondent7.

  1. « Marcher8 » : nous, fidèles du Christ, nous invitons mutuellement à marcher dans la confiance. Un chrétien avance tendu vers le but. Que notre marche ne soit pas un retour en arrière.
  2. « Édifier9 » : une vie heureuse est une vie qui fait grandir le Royaume. Nous nous engageons à ce que chacun de nos actes contribue à son édification, ici et maintenant.
  3. « Confesser Jésus-Christ10 » : nous réaffirmons la place centrale du mystère pascal, qui est don de soi et espérance irrépressible de la résurrection. Que tous nos actes portent en eux la richesse de ce mystère.

Signataires : la CCBF, Viandanti, le Forum Européen des Comités Nationaux des Laïcs .

L’objet de la CCBF – Conférence Catholique des Baptisé-e-s Francophones – est de susciter la conscience des baptisé-e-s dans l’annonce de l’Évangile et la construction de l’Église du futur. www.baptises.fr
Viandanti est un mouvement de laïcs qui sentent l’urgence de surmonter une identité passive et être des membres responsables et adultes dans l’Église et dans le monde.» www.viandanti.org

Le Forum Européen des Comités Nationaux des Laïcs est un instrument de coopération entre 21 Comités Nationaux de Laïcs, reconnus par leurs Conférences épiscopales respectives. Le Forum veut être une organisation pour la promotion de la vocation chrétienne dans le monde. www.europ-forum.org.
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Discours aux participants à la rencontre mondiale des mouvements populaires, 28 octobre 2014.

au Centre Astalli de Rome pour les réfugiés, 10 septembre 2013.

C’est la première chose dite par Dieu à Abraham : Marche en ma présence et sois irrépréhensible. Marcher: notre vie est une marche et quand nous nous arrêtons, cela ne va plus. Marcher toujours, en présence du Seigneur, à la lumière du Seigneur, cherchant à vivre avec cette irréprochabilité que Dieu demandait à Abraham, dans sa promesse”.

Édifier l’Église. On parle de pierres : les pierres ont une consistance; mais des pierres vivantes, des pierres ointes par l’Esprit Saint. Édifier l’Église, l’Épouse du Christ, sur cette pierre angulaire qui est le Seigneur lui-même”.

Nous pouvons marcher comme nous voulons, nous pouvons édifier de nombreuses choses, mais si nous ne confessons pas Jésus Christ, cela
ne va pas. Nous deviendrons une ONG humanitaire, mais non l’Église”.

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