Masha Schmidt & Amélie Barthelemy

Saint-Merry présente en mars 2015 les œuvres de deux artistes très différentes : une peintre de grandes toiles, Masha Schmidt avec « À travers l’eau », et une sculptrice de petits objets en terre, Amélie Barthelemy avec« Recueil ». Un point commun : l’émotion devant ce qui exprime la vie.
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Masha Schmidt. Claustra

Masha Schmidt et Amélie Barthelemy ne se connaissaient pas, elles travaillent avec des médiums très différents : la première aime peindre des grandes toiles très colorées, mais ne délaisse cependant pas les séries de petits formats, la seconde sculpte de petits objets de terre cuite noirs ou blancs, mais pratique aussi la gravure.

L’une se mesure aux espaces privilégiés de l’église : la chapelle de communion et le claustra ; l’autre a choisi l’intimité des marches d’autel d’une chapelle devant laquelle on passe sans la voir: la chapelle Sainte-Geneviève, en symétrique de la nef.

Tout semble les opposer. En fait elles sont complémentaires et traitent d’une même question : comment représenter la vie fragile, son souffle ou son mouvement en jouant sur différents registres de l’émotion ? Les titres serrent au plus près les intentions des artistes : « À travers l’eau » et « Recueil ». Chaque artiste à sa manière invite ouvertement à la méditation silencieuse.

 

Masha Schmidt. À travers l’eau

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Masha Schmidt. À travers l’eau

Les cinq toiles de peinture à l’huile, rendue aussi mate que possible, évoquent le mouvement de l’eau à l’aide d’une multitude de traits de couleurs différentes qui se superposent et s’entremêlent.

Masha Schmidt cherche à dépasser les reflets, l’apparence des choses et à pénétrer une eau qui court. Des taches blanches profondes apparaissent en filigrane. L’adoption des grands formats exprime une soif spirituelle de grande étendue et haute en couleur.

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Masha Schmidt. À travers l’eau

Il ne s’agit pas pour elle de se placer dans le sillage de l’impressionnisme d’il y a plus d’un siècle, mais de trouver une fenêtre vers autre chose de plus profond, « au travers ». D’où les taches blanches qui apparaissent en filigrane. La référence de l’artiste ne serait pas Monet mais Rothko.

www.mashaschmidt.com

Amélie Barthelemy. Recueil

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Amélie Barthelemy. Recueil

L’approche de Amélie Barthélemy se veut ouvertement spirituelle. L’ensemble de 24 pièces de céramique brune ou blanche est composé à partir d’œuvres portant les noms de « Graines », « Cœurs intérieurs », « Outres » du fait de leur forme.

Elles sont disposées devant un autel du XIXe siècle et transforment son environnement. Les socles imposants et de couleur neutre constituent un univers sculpté et étrange. Cette organisation n’est pas sans rappeler l’œuvre en carton réalisée en 2010 par une artiste japonaise, Asamï Nishimura, pour une chapelle sans autel de Saint-Merry. La mise en scène attire le regard sur ces très petites pièces, ainsi que sur cette chapelle comme espace d’expositions de ce type de sculpture.

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Amélie Barthelemy. Recueil

Elles évoquent, comme le dit l’artiste,

« la transformation, l’éclosion, la mutation. Signes fragiles d’un passage, elles sont à la fois promesse et trace d’un déploiement. J’évoque le condensé de vie, en devenir, à-venir. Ces formes sont porteuses de fragilité, elles attestent une présence singulière.

Les surfaces sont travaillées de sillons, marques d’usure, d’assèchement, traces d’une érosion. Les formes évoquent affaissement, gonflement ou tension. Cocons, nids, coquilles, outres, graines, noyaux, enveloppes entaillées … sont matières pour nourrir une promenade intérieure.

Dans l’église, dans la chapelle, les pièces de céramique proposent, dans leur mouvement silencieux, un recueil : une écoute, une offrande, un appel, un questionnement, une prière.  »

www.ameliebarthelemy.com

Jean Deuzèmes

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