Moïse et le buisson ardent, Ravenne, San Vitale

« Me Voici »

Moïse se dit alors :« Je vais faire un détour pour voir cette chose extraordinaire : pourquoi le buisson ne se consume-t-il pas ? » Le Seigneur vit qu’il avait fait un détour pour voir, et Dieu l’appela du milieu du buisson : « Moïse ! Moïse ! » Il dit :« Me voici !

28 février 2016
3ème Dimanche de Carême
Année C

Lectures 
1ère lecture : « Celui qui m’a envoyé vers vous, c’est : Je-suis » (Ex 3, 1-8a.10.13-15)
2ème lecture : La vie de Moïse avec le peuple au désert, l’Écriture l’a racontée pour nous avertir (1 Co 10, 1-6.10-12)
Evangile : « Si vous ne vous convertissez pas, vous périrez tous de même » (Lc 13, 1-9)

En ces jours-là,
Moïse était berger du troupeau de son beau-père Jéthro,
prêtre de Madiane.
Il mena le troupeau au-delà du désert
et parvint à la montagne de Dieu, à l’Horeb.
L’ange du Seigneur lui apparut
dans la flamme d’un buisson en feu.
Moïse regarda : le buisson brûlait
sans se consumer.
Moïse se dit alors :
« Je vais faire un détour
pour voir cette chose extraordinaire :
pourquoi le buisson ne se consume-t-il pas ? »
Le Seigneur vit qu’il avait fait un détour pour voir,
et Dieu l’appela du milieu du buisson :
« Moïse ! Moïse ! »
Il dit :
« Me voici !
(Ex 3, 1-4)

Accueil
Bonjour à tous et bienvenue à vous qui êtes entrés ce matin à Saint-Merry, habitués, ou de passage.
Quelqu’un nous a appelés à venir ici – sans doute pas à travers un buisson de feu – et nous sommes venus pour faire assemblée et pour prier, ensemble.
Appel entendu… nous y répondons  plus ou moins bien, plus ou moins vite. Mais le Seigneur est patient : en nourrissant la plante, encore et encore, elle donnera du fruit… peut-être l’an prochain…
La nourriture nous est donnée par la Parole que nous allons écouter, par le repas eucharistique auquel nous sommes invités.
Pour ce moment qui nous rassemble, rendons grâce en chantant
« Bénis le Seigneur, ô mon âme »

Hélène Perrin

Commentaire de l’évangile de Luc 13, 1-19

« Si vous ne vous convertissez pas, vous périrez »  Ne craignons pas, en ce temps de carême, d’être bousculés par cette formule qui résonne comme une menace. Dramatiser le propos est un moyen d’alerter et d’éveiller les consciences parfois utile pour qui veut être entendu. Il me semble en l’occurrence que cette injonction de Jésus s’adresse au sens des responsabilités de ses contemporains et au nôtre en écartant la croyance tenace qui lie l’avènement d’un malheur à la culpabilité de la victime. « Ce qui nous arrive nous ressemble » entend-on même de nos jours. Pourtant être délivré de tels sentiments de culpabilité aide l’humain à se détacher du passé et prendre en main sa vie, son avenir, sur un mode plus responsable voir enthousiaste, mieux disposé aux changements et à convertir ce qui doit l’être. Ainsi, la parabole du figuier donne la juste portée du message : le vigneron qui connait le terreau de la plante sait en prendre soin et adoucit le discours péremptoire du Maître. Le pire n’est pas certain, la nature est prolifique, un temps de maturation et de fécondité reste possible.

L’analogie avec la conversion écologique à laquelle nous sommes appelés est évidente. Cette crise constitue par elle-même un appel urgent à la conversion telle qu’exprimée dans le psaume premier et aussi dans l’encyclique « Laudato si’ ». Appel qui sera d’autant plus convaincant s’il ouvre sur la perspective d’une vie humaine plus pérenne, plus heureuse, plus accomplie. En ouverture de cette encyclique sans concessions, le pape souhaite en premier lieu nous faire « reconnaître la grandeur, l’urgence, la beauté du défi qui se présente à nous. » Citant le patriarche Bartholomée, il précise « Il s’agit d’aimer, de passer progressivement de ce que je veux à ce dont le monde de Dieu a besoin. C’est la libération de la peur, de l’avidité, de la dépendance ». Ces paroles me renvoient également au superbe film documentaire intitulé « Demain » réalisé par un couple de jeunes parents. Ce film documente divers projets alternatifs en cours à travers le monde : développement de permaculture en milieu périurbain ou rural,  entreprises engagées dans un schéma économique circulaire générant un minimum de déchets, territoires organisant leur autonomie énergétique sur des bases renouvelables. On apprend entre autre qu’une terre cultivée à main d’homme à l’aide d’outillages légers et souvent innovants a un rendement dix fois supérieur aux cultures réalisées à grande échelle à l’aide de tracteurs, de pesticides et d’engrais chimiques. La beauté luxuriante des plantations et le témoignage souriant des acteurs nous montre à quel point cette conversion là peut aussi être une bonne nouvelle, promesse d’une société humaine plus heureuse et solidaire, plus fraternelle parce que réconciliée avec la terre et avec elle-même.

 Alain Clément

Envoi

Notre célébration se termine… Nous avons été appelés, nous avons été nourris de la Parole, du Pain et du Vin.
Comme Moïse, nous sommes tous envoyés vers nos frères. « Celui qui m’a envoyé vers vous, c’est JE SUIS, c’est le Seigneur, le Dieu de vos pères ».

Hélène Perrin

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