Michel de Certeau et Julia Kristeva : analyse croisée

Dans la rencontre du 15 avril 2018 de l'atelier Michel de Certeau, Jean-François Petit illustre les liens entre Julia Kristeva et Michel de Certeau, avec deux livres à mettre en parallèle : – de Michel de Certeau : « L'étranger ou l'union dans la différence » (DDB 1969), à partir du premier chapitre intitulé « L’étranger ». – de Julia Kristeva : « Etrangers à nous-mêmes » (Fayard, 1988)

Avec ces titres si parlants, cette analyse croisée fait ressortir une approche spirituelle et une approche plus philosophique, psychanalytique sur la question de l’étranger, question centrale dans les débats actuels, et à reprendre dans les actions menées, notamment par le RCI.

Quelques citations pour donner envie de lire tout le compte rendu de notre rencontre.

Michel de Certeau : « C’est de l’inconnu que le Seigneur arrive ».« Tout chrétien circule et travaille parmi les autres à la manière des disciples d’Emmaüs : ‘tu ne sais pas ce qui se passe ici ?’ »

Julia Kristeva : « Nous sommes étrangers à nous-mêmes ». Lorsque nous projetons nos peurs sur l’étranger, n’est-ce pas le reflet de la peur qui est en chacun de nous ?

Les deux interrogent la façon de recomposer cette relation pour être dans une « bonne distance » – terme fétiche de Certeau : “l’art de la distance”, ni trop près, ni trop loin, dans une forme de respect. Julia Kristeva interroge : comment accueillir l’étranger sans le fixer, sans vouloir lui assigner une place ? Comment aussi mettre en œuvre une « thérapie de l’exil », qui est dépossession culturelle et souffrance affective ?

Certeau a travaillé sur l’hospitalité “pèlerine” et “ mystique”. Et sur ce que l’on peut appeler une « intelligence polyglotte » : pour lui, si l’étranger ne peut nous comprendre aisément, il faut que nous soyons en capacité de comprendre sa langue pour qu’elle puisse faire sens dans notre langue.

Comment vivre la différence ? La non-identité, c’est le mode sur lequel s’élabore la communion. Dans une vie de communauté, il faut la reconnaissance des différences, puis leur acceptation. Pour y arriver mieux, Julia Kristeva dit qu’il faut vivre chacun de nous “comme autre”.

 

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