« Mon repos en Dieu seul »

« Aucun homme ne peut servir deux maîtres : ou bien il détestera l'un et aimera l'autre, ou bien il s'attachera à l'un et méprisera l'autre. Vous ne pouvez pas servir à la fois Dieu et l'Argent. "

Dimanche 2 mars 2014
Année A
8ème dimanche ordinaire

« Aucun homme ne peut servir deux maîtres : ou bien il détestera l’un et aimera l’autre, ou bien il s’attachera à l’un et méprisera l’autre. Vous ne pouvez pas servir à la fois Dieu et l’Argent. »

Mot d’accueil

Bonjour, et bienvenue à tous et à toutes, les fidèles de la Communauté et les amis de passage.
Aujourd’hui, les textes de la liturgie nous invitent à choisir entre deux maîtres que nous ne pouvons pas servir en même temps : Dieu ou l’argent.
Et comme toujours dans l’Evangile, ce choix peut paraître radical, car non seulement Jésus nous invite à nous détourner de l’argent, ce qui n’est déjà pas évident, pas plus il y a 2 000 ans qu’aujourd’hui, mais il nous demande même de ne pas nous soucier pour notre nourriture, notre corps, nos vêtements, ce qui est quasiment mission impossible tant il s’agit de nos besoins les plus élémentaires et de notre dignité d’homme et de femme.
Mais Jésus ne nous demande pas l’impossible : il ne s’agit pas de vivre nu et d’abandonner toute nourriture terrestre. Non, Jésus nous demande de vivre, de chercher le Royaume et sa justice, en mettant pleinement notre confiance dans le Seigneur, qui pourvoira alors à tous nos besoins et nous apportera le vrai repos.
Et si nous faisons ce choix radical, nous serons libres, nos actes en seront profondément modifiés et nous pourrons vraiment être regardés comme les serviteurs du Christ et les intendants des mystères de Dieu, comme le dit Paul.
Alors, laissons de côté ce matin les soucis qui nous encombrent, cessons de nous occuper ou de nous préoccuper de nous-mêmes et choisissons avec confiance celui qui nous rassemble, au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit.

Vincent Moreau

« Vous ne pouvez servir Dieu et l’Argent », littéralement Mamon, terme qui personnifie l’argent comme puissance, et c’est cela qui est stigmatisé par Jésus – non pas la couverture des besoins élémentaires.
Ce que rejette le Christ, c’est l’obsession: amasser sans répit, c’est être païen, c’est-à-dire séparé de Dieu.
L’argent creuse des fossés entre les hommes, classifie, divise, sépare, oppose. Toute l’histoire le raconte, et aujourd’hui encore …
« Comment, en effet – écrit Fabrice Midal dans « La tendresse du monde » -vivre en étant pieds et poings liés au nihilisme du capitalisme financier, qu’il faut appeler la dictature de la rentabilité, car il tient pour rien ce qui ne se comptabilise pas, ce qui ne se gère pas ? »
Par contre, cette ouverture de Jésus « ne vous inquiétez pas pour votre vie », nous invite à la confiance mais non à une confiance naïve. Ne pas vivre dans la dépendance, préparer un tant soit peu l’avenir n’est-il pas de la charité ?
L’argent comme serviteur, comme moyen, comme outil. Et pour clarifier notre attitude, sortir de la duplicité, de situations ambiguës dans lesquelles nous pourrions être conduits car, malgré tout, toujours tiraillés entre Dieu et l’argent, le psaume de ce jour nous dit :
« n’aspirez pas au profit
« si vous amassez de l’argent
« n’y mettez pas votre cœur. »
En effet : « Nul ne peut servir deux maîtres »
Dans le domaine artistique – de la création – « maître » désignait un peintre ou un sculpteur qui dirigeait un atelier et travaillait souvent avec ses élèves sur une même œuvre. Le véritable maître rassemble les personnes, les forces, pour une même œuvre, les unit autour de lui dans la confiance, la paix, la sérénité, dans un engagement total.
Or, n’est-ce pas à cela que Dieu nous invite au début de la Genèse, participer à son œuvre, à la création ? La création, ce n’est pas seulement les petites fleurs dans la campagne ou les oiseaux qui chantent, c’est aussi la société humaine, nos vies d’hommes, nos frères humains.
D’où la conclusion de Jésus : « Cherchez d’abord le Royaume et la justice de Dieu. »

Damien Pasquier-Desvignes

COMMENTAIRE DE LA PREMIERE LETTRE DE PAUL AUX CORINTHIENS
L’évangile nous a invités à faire notre choix : être amoureux de l’argent ou amoureux du prochain.
Cherchez d’abord le Royaume et la justice de Dieu .
Paul nous dit : il faut que l’on nous regarde seulement comme les serviteurs du Christ
Déjà Isaïe nous avait dit : chérissez votre prochain, comme la mère chérit son enfant.
Et le Christ qui fit toutes choses nouvelles : aimez vos ennemis.
Une jeune femme, dimanche dernier , nous a dit qu’elle priait pour ses ennemis.
Elle nous a dit son bonheur d’avoir pu se marier et qu’elle priait pour tous ceux qui avaient défilé pour qu’elle ne puisse pas se marier.
Paul nous dit : ne portez pas de jugement prématurément.
Si un couple dans notre communauté invitait cette jeune femme et son épouse à déjeuner, c’en seraient 4 qui parleraient, s’écouteraient, partageraient leurs soucis de la vie.
Ce serait la fraternité.
On les regarderait comme des serviteurs du Christ.
Chérissons-nous les uns les autres.

Danielle Mérian

Méditation à la manière d’une prière eucharistique

Il est juste et bon, Dieu notre Père, de te remercier. Même si nous passons nos journées à dire « merci ! » à droite et à gauche, là, avec Toi, il ne s’agit pas de politesses spirituelles. Malgré ce foisonnement de remerciements souvent creux, nous avons une haute idée de nous-mêmes, nous croyons à nos mérites. D’où notre difficulté à reconnaître tout ce que nous devons aux autres et à toi en particulier. Nous voulons aujourd’hui reconnaître tout ce qui vient de toi, dans ce monde si imparfait, si injuste si douloureux. Cette nature qui commence à présent à se réveiller, un peu trop tôt d’ailleurs. Cette création qui nous prodigue tant de beauté et de bontés. Nous te remercions pour tous ceux à qui nous devons tant du point de vue matériel mais aussi humain et spirituel. Que serions-nous sans eux-tous, sans toi ?
Et surtout, surtout, que serions-nous sans ton Fils, Jésus, notre Christ et Seigneur ? Où pourrions-nous aller si ce n’est à Lui, et par Lui à Toi ?
Par lui et pour lui nous te louons et nous te chantons.

Lui, ton Fils, notre Seigneur Jésus nous montré le chemin, le choix. Qui servir ?
Dieu ou l’argent. Amoureux de l’argent ou amoureux du prochain. Voilà le dilemme, le choix, l’alternative. Et l’on sait, Dieu notre père où ce choix l’a mené : sur la croix. En le contemplant on ne se trompait pas, on ne tergiverse pas. Par amour pour nous, par amour des autres il est allé jusqu’au bout. Par la confiance faite à son Père, à Toi, il a traversé la mort et le voilà pour toujours, source de vie, de la vraie vie. Et tout cela grâce à ton Esprit, qui renouvelle la face de la terre et le cœur des hommes. C’est pour cela que nous faisons appel à lui aujourd’hui encore. Qu’il fasse de ce pain et de ce vin, les signes visibles du Corps et du sang du Christ, de ton, Fils, notre Seigneur.
Cette célébration eucharistique, cette action de grâce, ce mémorial de Jésus, notre Christ et Seigneur que nous faisons aujourd’hui nous permet de rendre présents, de ré-présenter sa vie, sa mort et sa résurrection. Nous pouvons donc espérer, espérer en Lui et en son retour.
Nous devons être regardés uniquement comme des serviteurs du Christ, comme ses témoins. Facile à dire. Belle phrase pour une carte de visite. Mais avant ? Et après ? A qui servons-nous ? A qui allons-nous servir ? Si ton Esprit, ta force, n’est pas de la partie, on jette l’éponge d’avance. Envoie-le donc sur ton Eglise, sur nous tous. Que tous ceux qui partagent le repas du Seigneur soient un vrai corps, dans la richesse de la diversité, dans la communion du service des exploités, des souffrants. Au service de la justice et de la paix. Ainsi nous pourrons être de vrais témoins.

Jésus Asurmendi

Envoi

Par cette eucharistie, auprès de Jésus, nous avons trouvé le vrai repos. Même dans les grandes épreuves de nos vies ou les petits tracas de nos existences, le Seigneur ne nous oubliera pas. Alors, toute cette semaine, laissons suffisamment de place au Seigneur. Que nos actes, que nos paroles et notre cœur ne soient pas étouffés par l’argent ou par les soucis de notre vie. Ainsi, nous serons pleinement libres et pourrons vraiment être regardés par nos frères comme les serviteurs du Christ.

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