N

Naissance de « PARIS CENTRE » : une actualité qui nous concerne ?

Oui, en quoi cela nous concerne ? Parce que notre église vit exactement comme ces territoires centraux : leur fréquentation considérable est de plus en plus faite de personnes qui n’habitent pas là, des gens de Paris et de toute la région parisienne qui viennent pour le travail, le commerce et les loisirs, sans compter les touristes… Ce sont nos voisins au quotidien, c’est notre « paroisse »…

Aux alentours de Saint-Merry, tout ce centre de Paris se réorganise, avec la question de la représentation des conseils de quartier. Ainsi avons-nous été particulièrement intéressés par un colloque qui s’est tenu le 30 mars sur le devenir de ce nouvel arrondissement : « Quels équilibres, quelles centralités pour PARIS CENTRE ? », avec une participation active du Président du conseil de quartier Saint-Merry Alain Genel, qui est venu plusieurs fois prendre part à des actions de Saint-Merry (RCI, concerts…).

La problématique présentée pour ce colloque :
« Nos quartiers disposent d’une exceptionnelle densité patrimoniale, de grands équipements culturels, de lieux d’innovation et de création qui côtoient des lieux de fête et des surfaces commerciales considérables. Pourtant ils connaissent un dépeuplement et des déséquilibres entre fonctions urbaines…. Le regroupement permettra-t-il de mieux enrayer les risques de dévitalisation de notre environnement quotidien ? Peut-on éviter les excès du tout-divertissement, la multiplication des commerces de « fringues » ciblant une clientèle privilégiée ? »

Dans cette journée, beaucoup d’informations, et surtout de questionnements sur l’avenir.
D’abord quelques éléments d’analyse urbaine
1 –presque 100 000 habitants pour le futur Paris Centre, l’équivalent du 10è arrondissement :

  • les 20 -39 ans représentent 40 % : une population jeune !
  • 80 000 logements-dont 27 % ne sont pas des résidences principales (logements vacants, locations saisonnières, résidences secondaires)
  • 60 000 actifs parmi les habitants dont 51 % cadres/cadres sup – 30 000 travaillent sur place
  • 9000 ménages à bas revenus
  • une vraie dynamique associative à prédominance culturelle.

2 – une forte activité s’y développe : c’est le cœur économique de la région avec 190 000 emplois – dont commerces – gros employeurs publics : Hôtel de ville, APHP… 80 % d’emplois stables pour 20 % d’emplois précaires – très visibles car se renouvellent.
D’où viennent les actifs : beaucoup du nord et de l’est parisien (la Seine est un obstacle !), notamment de Montreuil et du Val de Marne…

3 – un flux touristique important, surtout dans le 1eret le 4è (mais 5 fois moindre que les emplois), avec des monuments phare : le Louvre (10,2 M de visiteurs), Notre Dame (entre 12 et 13 M), Beaubourg (3,4 M). De nouveaux musées : Cartier-Bresson, Fondation Galeries Lafayette – l’offre Marais s’étend.

Outre ces 3 catégories d’usagers (habitants, touristes, actifs), une quatrième non quantifiée, non distinguée, qui vient pour les commerces et loisirs – exemple :  les cafés, bars, cinémas.
Donc une fréquentation très importante d’une population non résidente qui triple dans la journée avec un pic à 16h (repérable par l’analyse du flux de transports), ce qui représente un impact multiple : la sollicitation des espaces publics, avec des conflits d’usage…

Risques et fragilités évoquées :
– il y a une tension entre deux échelles qui cohabitent : des sous-ensembles de quartiers, et une fonction métropolitaine de grand centre urbain.
– comment assurer le maintien d’un équilibre avec la persistance d’une fonction habitat- qui jusqu’ici résiste contrairement au centre de Londres ?
– comment faire face au risque accru de surfréquentation des lieux, lassant les touristes comme les urbains en quête de loisirs (remarques de l’office du tourisme). Pistes de solutions : diversification des temps et lieux de fréquentations, pour amortir la fréquentation des lieux les plus denses – aspiration à des lieux calmes avec un contact personnel avec les « autochtones » – relations humaines, hospitalité, échanges…
La partie doit se jouer à trois (habitat, actifs, tourisme/loisirs), en prenant en compte les temporalités de chacun. Mais il n’y a pas de dialogue entre les trois,  et on peut craindre que tout aille dans le sens de l’hyper tourisme.

Ce ne sont ici que quelques éléments qui ont jalonné cette journée de colloque, où nous étions cinq à participer avec intérêt, avec en tête cette question : qu’avons-nous à inventer face à cette réalité qui nous entoure, qui est notre « prochain » d’aujourd’hui et de demain ? Nos murs sont-ils une frontière ou nos portes seront-elles des ponts ? Et nos églises de « PARIS CENTRE » auraient-elles quelque chose à partager autour de cet avenir ?

« Le Christ frappe à la porte de l’Eglise, non pour y entrer, mais pour en sortir »
François.

 

CatégoriesNon classé

Répondre

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.