Danielle Mérian et Tania de Montaigne

Nous n’avons pas fini de nous aimer

Sous ce titre, Danielle Mérian publie un ouvrage à quatre mains avec la romancière Tania de Montaigne. Chacun y découvrira d’où viennent ses engagements. Ici, Tania parle de sa rencontre avec Danielle.

nous-navons-pas-fini-de-nous-aimer-couverture« Au fur et à mesure de nos rencontres nous avons découvert ce qui nous rapprochait. D’abord le questionnement de l’autorité. Les femmes qui m’ont fait grandir posent d’office que ce n’est pas parce que quelque chose est dit qu’on ne peut pas le questionner. Quitte à reconnaître ensuite sa légitimité, mais d’abord demander pourquoi les choses sont comme elles sont.

L’autre aspect de la personnalité de Danielle qui m’a intéressé réside dans le fait qu’elle dit ne rien savoir, qu’elle apprend tout des autres. Elle pose toujours comme éventualité qu’elle peut ne pas savoir alors que nous sommes dans un univers qui nous oblige à savoir, à dire oui ou non, ou le peut-être n’est pas envisagé. Danielle est une femme du peut-être.

C’est comme cela aussi que Danielle est croyante — moi je suis athée — mais elle n’est pas dans une croyance figée. Et parce qu’elle est confrontée aux autres, sa croyance devient plus profonde. Alors qu’on nous présente toujours la croyance comme immuable et qu’on nous montre comment sont les gens quand ils croient. La croyance de Danielle n’appartient qu’à elle, elle n’a pas besoin que tout le monde croit pour croire.

Cette attitude est d’autant plus intéressante quand on est une femme. La femme est un enjeu de pouvoir pour tous les systèmes de société qui cherchent à fixer les femmes pour faire perdurer à travers elles des dogmes multiples.

Danielle est une femme, qui croit, qui exerce dans le droit, qui questionne tous les dogmes, qui interroge ce qui nous fait vivre en communauté… Elle raconte ce qui fait un être humain : s’envisager comme une force et en même temps comme une faiblesse. C’est un trajet que l’on peut proposer à quiconque, et notamment aux jeunes : “Prends conscience de ta force mais ne crois pas que ta faiblesse te nuit car elle est aussi ta force” ».

À partir d’un enregistrement retranscrit par Michel Bourdeau

 

Bibliographie

Nous n’avons pas fini de nous aimer – Danielle Mérian, Tania de Montaigne (édition Grasset, novembre 2016, 15 €).

Je suis Paris, ouvrage collectif préfacé par Danielle Mérian (édition Michel Lafon, 15 €). Recueil des innombrables messages, photos, dessins, déposés dans Paris en l’honneur des victimes des attentats du 13 novembre 2015.

Paris sera toujours une fête – préfacé par Danielle Mérian (collection Folio, 2 €)

Les plus grands auteurs célèbrent notre capitale.

Parmi les ouvrages de Tania de Montaigne :

Noire (édition Grasset, prix Simone Veil 2015, 14,90 €)

Livre qui a décidé de la rencontre entre Danielle et Tania.

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