N’ayez de dette que celle de l’amour mutuel

… quand deux ou trois sont réunis
en mon nom,
je suis là, au milieu d’eux.

Dimanche, 10 septembre 2017

PREMIÈRE LECTURE (Ez 33, 7-9)
« Si tu n’avertis pas le méchant, c’est à toi
que je demanderai compte de son sang »

PSAUME (Ps 94 (95), 1-2, 6-7ab, 7d-8a.9)
Aujourd’hui, ne fermez pas votre cœur,
mais écoutez la voix du Seigneur ! 

DEUXIÈME LECTURE (Rm 13, 8-10)
« Celui qui aime les autres
a pleinement accompli la Loi »

ÉVANGILE (Mt 18, 15-20)
« S’il t’écoute, tu as gagné ton frère » 

 

Commentaire de l’Evangile de Matthieu, chapitre 18, 15-20

« S’il t’écoute tu as gagné ton frère »:
quelle belle façon de dire une réconciliation !
Vivre et faire vivre.
Je remarque qu’il n’est plus question, comme chez le prophète Ézéchiel,
d’un méchant, un dangereux potentat mégalomane
dont il faut protéger la maison d’Israël, c’est-à- dire la terre entière,
mais d’un proche, d’un frère.
C’est une histoire qui se règle « seul à seul ».
Comme ailleurs dans l’évangile :
« Si ton frère a quelque chose contre toi,
pose ton offrande et va d’abord te réconcilier avec ton frère ».

Le verbe « écouter » revient quatre fois en quelques lignes.
Pas de menace, pas de violence dans cette démarche.
Juste un mouvement et une écoute. Réciproque, bien sûr.
La réconciliation est une question d’écoute.

Mais il arrive que le frère n’écoute pas, nous le savons tous d’expérience.
Ce n’est pas une raison pour renoncer. Dans les versets qui suivent,
à Pierre qui lui demande combien de fois il faut pardonner à son frère,
Jésus répond « soixante-dix sept fois sept fois ».

Ici on s’en tient seulement à quelques tentatives :
d’abord avec une ou deux personnes, puis deux ou trois.
Mais passé le trio ou le quatuor, il y a comme un saut qualitatif :
on saute à « l’assemblée de l’Église ».
Je ne suis pas théologien et n’amorcerai pas ici un traité d’ecclésiologie,
je laisse cela à notre ami Jesus Asurmendi.
Mais qu’est-ce que, concrètement, l’assemblée de l’Église ?
Un tribunal ecclésiastique ? Pas le Tribunal de l’Inquisition je pense,
mais ça suppose quand même un tribunal avec président, procureur, avocats, non ?
Certes on a connu des tribunaux « Vérité, Justice et Réconciliation »,
d’abord en Afrique du Sud puis dans de nombreux pays,
et en ce moment même en Colombie.
Mais est-ce le lieu où l’on peut toujours « retrouver un frère » ?
Nous savons bien que l’on ne parle pas dans une assemblée générale,
même une assemblée générale de Saint-Merry
comme celle que nous préparons pour novembre prochain,
comme on se parle à deux ou trois.

La fin du passage de l’évangile de Matthieu nous ramène justement au début :
« deux d’entre vous », « deux ou trois réunis en mon nom » suffisent, pas plus.
« Quand deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis là. »

En ce dimanche qui est pour beaucoup un dimanche de rentrée,
nous voici réunis en « assemblée d’église ».
On verra tout à l’heure, après la célébration, des petits groupes se former
de deux ou trois personnes qui iront ensuite d’un groupe à l’autre.
Chers amis, croyons-nous alors vraiment à cette étonnante affirmation de Jésus :
« Je suis là au milieu de vous » ?
Autre question : Sommes-nous, en vérité, réunis « au nom de Jésus-Christ » ?
À quelles conditions ?

Jean Verrier
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