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« Nous ne croyons pas ce que nous savons …. » ?

La croyance populaire - car il s'agit ici bien d'une croyance et non d'un savoir ! - dans l'inventivité de l'Homme pour repousser les limites et dans l'innovation pour contourner les problèmes auxquels nous faisons face, se heurte à une réalité historique : notre ingéniosité a presque systématiquement été mise au service d'un épuisement plus rapide des ressources, et donc d'un rapprochement des limites.

Suite à la soirée débat avec bernard Perret « Nous ne croyons pas ce que nous savons », le 24 mai 2016.

Nous avions demandé à B. Perret de nous éclairer sur les enjeux de la lutte contre le réchauffement climatique, les moyens à mettre en œuvre, les résistances diverses et la révolution nécessaire de nos modes de vie.
Nous avons intitulé cette manifestation :

« Face à la crise climatique »
« Produire, consommer, partager autrement »

Pour Bernard Perret, cette pensée du philosophe Jean-Pierre Dupuy élucide le mystère de notre indolence collective face à l’effondrement d’un équilibre millénaire – l’holocène – qui a jadis permis l’avènement de notre civilisation. En réalité, nous ne nous situons pas précisément « en face », mais bien plutôt « aux racines » d’un tel effondrement : les bouleversements en cours affectant le climat, les ressources et la biodiversité, sont d’origine anthropique. Comme nous le savons bien, mais ne parvenons cependant à le croire.

 Forts de cette observation, plusieurs personnalités s’engagent aux côtés des scientifiques – qui ont fait et font tout leur possible pour que nous sachions – et dévouent toute leur énergie à ce que nous croyons.

 Ainsi le Pape François, dans sa lettre encyclique ‘Laudato si’, exhorte-t-il l’Homme à écouter « cette soeur », la Terre, qui « crie en raison des dégâts que nous lui causons et par l’utilisation irresponsable et l’abus des biens que Dieu a déposés en elle ».

 Les conséquences de notre passivité, ou plutôt de l’acharnement résolument actif de nos contemporains pour plus de croissance, plus de biens matériels, plus loin, plus vite et plus souvent, encerclent cet Homme « hors-sol » et exhibent aux portes de nos mégalopoles polluées des signes de détresse criants.

 En 2015, le climat a déclenché davantage de mouvements migratoires que les guerres. Parmi ces guerres, combien trouvent-elles leurs causes dans une sécheresse, une famine ou le défaut de ressources?

 Le pétrole, pilier central de notre civilisation thermo-industrielle, a peu à peu été rendu indispensable dans tous les secteurs de notre économie, et dans la fabrication de tout ce qui nous entoure. Son rôle transversal dans les transports explique l’extrême dépendance de notre économie à cet « or » noir, qui non seulement participe au réchauffement global, mais précarise également, du fait de l’incertitude concernant sa disponibilité prochaine, les fondements mêmes de cette économie.

La croyance populaire – car il s’agit ici bien d’une croyance et non d’un savoir ! – dans l’inventivité de l’Homme pour repousser les limites et dans l’innovation pour contourner les problèmes auxquels nous faisons face, se heurte à une réalité historique : notre ingéniosité a presque systématiquement été mise au service d’un épuisement plus rapide des ressources, et donc d’un rapprochement des limites.

 0001Alors agissons, nous qui désormais y croyons :
– Consommons moins, consommons mieux, réparons et partageons ;
– Voyageons près ;
– Militons, engageons nous, supportons les associations et les ONG  lucides face à ces changements ;
– Et enfin racontons, discutons, conseillons nos meilleurs lectures et aidons les autres à comprendre, à croire en la nécessité absolue d’une transition de notre système.
Car, nous enseigne Gandhi, « montrer l’exemple n’est pas la meilleure façon de convaincre : c’est l’unique ».

Arthur Grimompont,
ingénieur, jeune professionnel (25 ans) venu pour la soirée débat

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