Ne soyez un obstacle pour personne

« Si tu le veux, tu peux me purifier. »
Saisi de compassion, Jésus étendit la main,
le toucha et lui dit :
« Je le veux, sois purifié. »

Dimanche 11 février 2018

PREMIÈRE LECTURE (Lv 13, 1-2.45-46)
«Le lépreux habitera à l’écart,
son habitation sera hors du camp »
PSAUME (31 (32), 1-2, 5ab, 5c.11)
Tu es un refuge pour moi ;
de chants de délivrance, tu m’as entouré.
DEUXIÈME LECTURE (1 Co 10, 31 – 11, 1)
« Imitez-moi, comme moi aussi j’imite le Christ »
ÉVANGILE (Mc 1, 40-45)
« La lèpre le quitta et il fut purifié »

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Bonjour à chacune et à chacun, vous qui avez affronté les rigueurs de l’hiver pour venir partager la parole de Dieu et le repas eucharistique.
Bienvenus si vous venez pour la première fois – ou depuis peu – à Saint-Merry. Soyez accueillis comme les textes d’aujourd’hui y invitent…
En effet, on peut parfois se sentir mis à l’écart par une communauté qui se replierait sur son entre-soi. Pourtant Jésus nous invite à accueillir, et surtout à accueillir comme lui, les exclus, les rejetés de notre société comme de notre Église. L’apôtre Paul nous le dit : « Ne soyez un obstacle pour personne ». Il est vrai que nous avons certainement à cultiver notre diversité, à reconnaître que nos différences fortifient notre unité, à apprendre à mieux « vivre ensemble ». Pour cela Seigneur, aide-nous à ne pas enfermer ta Parole, dans des langages fatigués. (paroles du chant d’entrée)

Michel Bourdeau

Petit commentaire après la lecture de Paul

Qui n’a pas assisté à des meetings ou à des réunions politiques où des discours enfiévrés et des paroles enflammées tentent de ramasser des militants en vue du bien commun, pour cultiver ensemble le vivre ensemble ? Tandis qu’en coulisses, en catimini les calculs des chapelles et les intérêts les plus bâtards mènent la danse ?
Qui ne connaît pas de mouvements d’Eglise ou les mots les plus onctueux dégoulinent des bouches de clercs de laïcs provoquant des comas diabétiques en chaîne pour le plus grand profit de quelques salauds déguisés en guides spirituels ?
Il ne s’agit pas de culpabiliser mais d’appeler à la lucidité de la foi :
«Tout ce que vous faites : manger, boire, ou toute autre action, faites-le pour la gloire de Dieu. Ainsi, moi-même, dit Paul, je tâche de m’adapter à tout le monde, sans chercher mon intérêt personnel, mais celui de la multitude des hommes, pour qu’ils soient sauvés».

Jesús Asurmendi

Commentaire sur le lépreux

Lors de la préparation lundi nous avons été marqués par les différences entre les deux textes que nous venons d’entendre, celui du Lévitique et celui de l’Évangile. Dans Le Lévitique, le Seigneur ne s’adresse pas au lépreux mais à Moise et à son frère Aaron dont nous ne savons pas d’ailleurs s’ils sont présents. Le lépreux est exclu de la société, «  Il habitera à l’écart », il est exclu de Dieu, impur, il criera « impur, impur ». Le lépreux aujourd’hui, n’est-ce pas l’exilé sans logement sans travail. Comment recevoir ce texte aujourd’hui  où l’exclu de la société est l’exclu de Dieu ? L’évangile de Marc nous décrit une très belle rencontre : un face à face entre deux hommes, deux personnes préféreront certaines, le lépreux et Jésus. Ces deux personnes se parlent, et quelles paroles ! J’aimerai, nous aimerions être ce lépreux plein de foi, qui peut dire «Si tu le veux, tu peux me purifier ». J’aimerai, nous aimerions être ce Jésus, saisi de compassion, qui répond «Je le veux, sois purifié ». Oui ce texte nous parle aujourd’hui avec cette très belle relation, en toute confiance, cette confiance qui permet la guérison, cette guérison qui permet la réinsertion. Tout est possible.
Il y a aussi, comme nous l’avons partagé lundi cet étonnant transfert entre le lépreux et Jésus. Le lépreux après la guérison se met à proclamer et à répandre la nouvelle. Jésus après la guérison ne peut plus entrer dans une ville, il doit rester à l’écart dans des endroits déserts. La rencontre transforme le lépreux et Jésus, la rencontre nous transforme.

Philippe Pepin

Méditation à la manière d’une prière eucharistique

Dieu notre Père nous voulons te remercier encore, et aujourd’hui particulièrement pour cette semaine un peu particulière. Semaine blanche, semaine où nous avons pu goûter et savourer un peu de la neige qui malgré tous ses inconvénients apporte un peu de gaieté et de ravissement au cœur de l’hiver. Merci aussi car nous avons pu contempler le soleil que tant de jours parisiens nous font douter de son existence.
Pour cette alternance qui rythme la nature, dont tu es l’origine, nous te louons et nous te remercions.

Nous te remercions surtout pour ton Fils, notre Seigneur Jésus, né d’une femme, homme comme chacun de nous. Qui est allé jusqu’au bout de la compassion en guérissant les lépreux, en les touchant, violant les lois et les conventions. Allant au-delà de ce qui est juste et bon pour sauver tous et les réintégrer dans les rapports humains et dans les rapports des hommes avec toi, Dieu notre Père. Pour Jésus notre Seigneur, ton Fils pour Lui et par Lui nous te louons et nous te chantons.

Homme parmi les hommes. Homme avec les hommes, homme pour les hommes.
Jésus est allé jusqu’au bout de cette logique car il est allé jusqu’à la mort.
Logique même de la honte, logique de la croix.
Toi, Dieu notre Père tu ne le voyais pas ainsi et grâce à ton Esprit
il est devenu Le Vivant.
Que ce même Esprit fasse de ce pain et de ce vin
les signes visibles de la présence parmi nous et pour nous de ton Fils,
notre Seigneur Jésus. Signes du corps et du sang du Christ.

Enchantés nous le sommes, éblouis aussi mais, pas par des feux d‘artifice ni par les feux de la rampe. Ravis et comblés par les paroles et les gestes de ton Fils, notre Seigneur Jésus, nous faisons le mémorial de sa vie de sa mort et de sa résurrection. Et nous attendons dans la joie de l’espérance son retour.

C’est à cause de l’impureté rituelle censée contagieuse que les lépreux et autres malades étaient exclus. Jésus a pratiqué l’inclusion au lieu de l’exclusion. Que ton Esprit, Dieu notre Père, continue ainsi et fasse de toux ceux qui partagent le repas du Seigneur ouvert à tous, par nature, par essence, un seul corps le Corps du Christ. Un seul pain, un seul corps, ton Église. Une Église bienveillante, accueillante et incluante, où la diversité et les différences sont la base et les composantes de l’’harmonie. Une mélodie dissonante, une harmonie discordante. Où l’on cherche le consensus mais où l’on sait faire vivre le dissensus.

Pour les vivants et les morts nous te prions.

Jesús Asurmendi

ENVOI

Effectivement nous sommes « voyageurs de l’espérance » (paroles du chant d’envoi). Nous chantons un Dieu qui nous provoque à voyager au-delà de nos horizons étroits. Un Dieu qui nous demande de « réveiller le monde ». Un Dieu qui nous invite à nouer alliance avec des hommes et des femmes différents de nous-mêmes. Aussi, n’ayons pas peur de faire dialoguer notre foi avec la foi de croyants d’autres religions et avec les convictions de non-croyants. Avec eux, manifestons notre volonté de « vivre ensemble ». Ouvrons nos portes et nos cœurs. Et, n’oublions pas la recommandation de Paul : « Ne soyez un obstacle pour personne ».

Michel Bourdeau

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