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« Ne nous soumets pas à la tentation »

La Bible par l'hébreu, telle est la démarche d’Elisabeth Smadja. Après les Dix Paroles, elle nous parle aujourd'hui du Notre Père, et en particulier du mot hébreu qui a été traduit par tentation, mais un autre mot aurait pu être choisi, et apporter un autre sens.

C’est cette traduction du mot hébreu nissouï qui signifie à la fois tentation et épreuve que l’Eglise a retenu. J’avoue que chaque fois que je l’entends, j’ai comme une crispation de l’âme et du corps et que personnellement je n’ai jamais dit ainsi. Je prie, pour ma part, ainsi : « Ne nous laisse pas succomber à l’épreuve ».

Il est intéressant de noter que nous ne demandons pas à Dieu de nous épargner l’épreuve mais de ne pas y succomber. Le Christ qui nous donne cette prière, sait bien, lui qui est passé par « l’épreuve au désert » et qui passera par sa Passion, que toute croissance, tout amour, tout engagement se vérifie au feu de l’épreuve. Il en est ainsi pour le sportif, l’étudiant, l’artiste, le fidèle, l’amoureux.

Nous prions pour ne pas succomber c’est-à-dire, ne pas refuser l’épreuve, buter sur elle, ou être écrasé sous elle. Nous prions pour savoir l’accueillir, nous laisser enseigner par elle, grandir et croître et toucher par elle le point de lumière qui nous fera crier au milieu de notre souffrance Alléluia !   Tout est grâce ! Merci Seigneur !

L’épreuve devient alors notre jardin de Gethsémani, (pressoir), notre huile d’onction, un puissant levier qui nous aide à dresser haut dans le ciel nos croix, pour qu’elles soient signe de l’amour de Dieu et de notre amour pour lui.

Dans l’épisode des eaux de meriva (Exode 17) où le peuple réclame à Moïse de l’eau, celui -ci leur dit : « qu’avez-vous à mettre Dieu à l’épreuve ?  L’Ecriture nous apprend que ce lieu porte dorénavant le nom de meriva à cause de la querelle des enfants d’Israël parce qu’ils avaient éprouvé l’éternel en disant, mot à mot, :«  y a-t-il du Achem le Nom, à savoir le Tétragramme,  parmi nous ou  non? »

C’est cela l’épreuve : se demander si Dieu est présent dans le quotidien de nos vies, au cœur des situations si douloureuses et parfois incompréhensibles ou que nous jugeons injustes, dans lesquelles nous nous trouvons. Est-ce que dans ces situations il est là ? Est ce qu’il y a l’amour et la présence du Père, du Fils et du Saint Esprit ou est-ce que je suis seul, abandonné, livré au hasard, sans la moindre espérance ?

Que Dieu Notre Père, dans sa grande bonté, ne nous laisse jamais pénétrer, tomber et être enseveli dans cette épreuve-là qui nous coupe de Sa vie.

Elisabeth Smadja

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