Appel dans la nuit, © Jacqueline Casaubon

NOËL, UN  APPEL DANS LA NUIT

« Le soleil s’est caché, il est déboussolé, il a perdu le nord... Je m’enferme, figée dans la noirceur de l’instant. Faut-il descendre si bas pour apercevoir un filet de lumière et lui faire confiance ? L’Orient apparaît... ... un Tout Petit, fragile, né dans une mangeoire ». Une méditation poétique de Jacqueline Casaubon

Le soleil s’est caché, il est déboussolé, il a perdu le nord. La terre est épuisée, elle pleure nos abandons. C’est le moment où Grande Solitude lance ses invitations. Elle parcourt nos sillons blessés, éventrés, creusés par les pas des femmes et des hommes en quête d’un ailleurs plus serein et piétinés par les empreintes des premiers pas de leurs enfants.

Je ne vis pas au désert, cependant j’habite un désert. On se croise, on se bouscule dans la ville. Nous sommes des aveugles, isolés, recouverts de casques. Il n’y a plus de regard. Grande Solitude s’est laissée inviter, elle m’a saisie à la gorge, elle me colle à la peau, elle a franchi mon cœur.

Je coule, je touche le bas-fond de ma douleur. Je m’enferme, figée dans la noirceur de l’instant. Faut-il descendre si bas pour apercevoir un filet de lumière et lui faire confiance ? L’Orient apparaît. Il me vient en mémoire un coquelicot. Il avait fleuri au désert, unique, en pleine solitude, dans l’inattendu. Une graine venue d’ailleurs s’était réfugiée dans un berceau de pierre qu’elle avait fait éclater. La vie à tout prix.

Unique aussi non loin de là, à Bethléem, un Tout Petit, fragile, né dans une mangeoire. Attendu, comme promesse que l’invisible espérance est plus solide que le désespoir. Alors, Grande Solitude s’en est allée.

Jacqueline Casaubon

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