Noël. « Un signe nous est donné »

Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu se lever une grande lumière ; sur ceux qui habitaient le pays de l’ombre, une lumière a resplendi.

 

 

Noël

Mercredi 25 décembre 2013
Nativité du Seigneur

Lectures

  • Lecture du livre d’Isaïe Is 52, 7-10
  • Commencement de la lettre aux Hébreux He 1, 1-6
  • Commencement de l’Évangile de Jésus Christ selon saint Jean Jn 1, 1-18

 

Cris d’introduction à la célébration

Que cherchons-nous ?
Que cherchons-nous ?Que cherchons-nous ?
Quelle est notre lumière ?
Vers quoi marchons-nous ?
Quelle Bonne Nouvelle ?
Quelle est notre pauvreté ?
Quand ferons-nous la paix ?
Quelle justice ?
De quoi aurions-nous peur ?
Comment ne pas nous perdre ?
Qui nous fera renaître ?

Commentaire d’Isaïe

Isaïe le prophète… avez-vous entendu ce qu’il nous dit ? Le peuple marchait… Certes dans les ténèbres mais il marchait il était en route Et nous, marchons-nous ?
Une lumière a resplendi… et ils marchaient encore…
Que cherchons-nous ? Entendez-vous le bruit des bottes, les chaussures des soldats ?
Sont-ils d’Afrique de Syrie d’Ukraine ?
Sortons du pays de l’ombre et de la mort, sortons de nos ténèbres le voulez-vous ?.. le voulons- nous ?
Les soldats ont ôté leurs chaussures… voyez c’est un tas dérisoire, un amas de saleté, d’odeurs nauséabondes… Ça n’a pas de raison d’être, le feu les a dévorés.

On va se parler sans les armes… S’en fou la guerre, s’en fou la mort… Nous voulons la vie !
Imaginez alors les hommes désarmés qui s’avancent pied nus… Ou comme sur la pointe des pieds comme pour venir saluer ce nouveau-né, cette promesse de rétablir la justice et la paix mais pas sans nous… Et comme ils sont sans manteau, revêtons avec eux celui de l’Esperance… car c’est Dieu qui fait grandir la joie, ce n’est pas nous qui la décrétons, elle nous est donnée il faut la recevoir… et nous marcherons nous aussi légers, dans l’axe de la lumière, réconciliés avec nous même… avec les autres, confiants.

Veronick Mathivet Beaulieu

 

P1140403

Homélie

Quel mystère, Noël ! Dieu s’est fait homme. Mais aussi quel mystère, l’homme ! Lorsque l’un et l’autre se rencontrent dans la même chair et signent ensemble la paix pour construire un même destin. L’événement de Noël, c’est, dit-on habituellement, le Verbe qui s’est fait chair. Mais l’événement, c’est aussi l’intention de Dieu dans l’acte. Saint Irénée le dit très bien dans sa célèbre phrase : « Dieu s’est fait homme pour que l’homme devienne Dieu ». Nous assistons donc à un double événement qui est une double naissance. La naissance de Dieu, d’un autre Dieu, de Celui qui abandonne sa toute-puissance pour révéler la toute-puissance de son amour en prenant le visage d’un nouveau-né sans défense. La naissance aussi de l’homme dont l’identité se révélera sur la Croix, comme le dit le Centurion, le nouvel Adam, expliquera l’apôtre Paul, qui va jusqu’au bout de sa liberté d’être et de son désir d’aimer. Mais lorsque je dis « nous assistons », je me trompe. Dans ce théâtre de la vie, dans cette crèche qui traverse les siècles, aux dimensions du monde mais aussi à celle de notre être intérieur, nous ne sommes pas spectateurs mais acteurs de ce double événement. Le miracle de Dieu devient celui de l’homme, ca

r il est le miracle de l’amour qui réconcilie Dieu et l’homme, qui fait de l’homme un responsable de lui-même et du destin des autres. Je peux le dire autrement, en paraphrasant Maurice Blondel. Noël, c’est l’engendrement de Dieu en l’homme. Nous sommes en pleine subversion. Noël, c’est d’ailleurs plus l’affaire des adultes que celle des enfants. La subversion d’un ordre établi, celui de la toute-puissance, pour un autre ordre dont l’évangéliste Luc nous donne la clé. Mais d’abord de quelle subversion s’agit-il ? Luc répond à cette question en développant deux oppositions. Celle d’abord de l’empereur Auguste qui a tous les pouvoirs avec l’enfant né qui n’en a aucun. Celle ensuite du recensement qui a pour objet de contrôler la population et donc de soumettre les individus, à la voix de l’ange qui s’adresse aux bergers pour leur annoncer la bonne nouvelle, ces hommes et ses femmes qui, précisément, ne seront pas recensés puisqu’ils n’ont pas d’identité, ils sont les sans papiers de l’époque. Luc oppose donc la loi des hommes, ou d’un homme – le monde d’aujourd’hui ne manque pas de dictatures à commencer par nous-mêmes – avec celle de Dieu. Mais quelle est la clé pour comprendre aujourd’hui le nouvel ordre, ce nouveau royaume qu’inaugure Jésus, où les premiers seront les derniers et les derniers les premiers ? Luc propose un signe : l’enfant Jésus est emmailloté et placé dans une mangeoire. Il le répète trois fois dans son récit. Mais, comme tout signe, il est à interpréter. À chacun d’entre nous, en cette nuit de Noël, dans le secret de son intimité, de le faire. Personne ne peut penser à notre place. Mais l’image – le signifiant – parle de lui-même : elle est une parole universelle qui fait d’ailleurs sa force. Elle renvoie à deux maître-mots de l’Evangile. La pauvreté. Celle du cœur, comme le disent les Béatitudes. Avec cette castration qui nous ouvre aux autres. Cette blessure, cette déchirure comme point d’origine pour comprendre l’autre et aller vers lui ; pour construire avec lui un autre monde où la vérité de l’homme ne sera pas cachée. Et le don, second maître-mot. Qui se nourrit du manque-à-être et qui, seul, peut le combler. Le don comme réponse à la mort. En cette nuit de Noël, c’est Dieu qui, dans la pauvreté d’un enfant nu, prend l’initiative du don pour inviter l’homme à en faire de même, et, par-là même, à naître à lui-même. À l’homme de s’enfanter lui-même en enfantant Dieu.

Daniel Duigou

Action de grâce                 

Vraiment, il est juste et bon de te rendre grâce, de t’offrir Seigneur notre action de grâce par ton Fils Jésus le Christ en ce jour de Noël, ici, à St Merry. En nous donnant ton Fils, tu nous libères de la culpabilité qui fait de nous des lâches au quotidien, pour que nous devenions homme, pleinement homme, homme ou femme, en vérité. En nous donnant ton Fils, tu nous ouvres le champ de la confrontation pour expérimenter l’amour dans la liberté, la confiance  et le don. En nous donnant ton Fils, tu nous redonnes la parole pour interpréter le monde, inventer le sens et naître à nous-mêmes. C’est pourquoi, avec les anges et tous les saints, nous chantons…

Daniel Duigou

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *