Où vont-ils ? © Jacqueline Casaubon, 2006

« Nous avons hâte d’avoir un abri »

« Regarde, Seigneur, tous ceux qui ne sont plus “chez eux” Partis sur les chemins de l’exil, Qui les amènent ailleurs vers nulle part ». Variations sur le Psaume 55 par Jacqueline Casaubon
Où vont-ils ? © Jacqueline Casaubon, 2006
Où vont-ils ? © Jacqueline Casaubon, 2006

Psaume 55
Nous avons hâte d’avoir un abri

C’est le cri de détresse de ceux qui sont rejetés,

Il y a de quoi, Seigneur.
Regarde tous ceux qui ne sont plus « chez eux »
Partis sur les chemins de l’exil,
Qui les amènent ailleurs vers nulle part.
Non seulement ils n’ont plus rien
Mais ils ne sont plus rien. Ils sont en trop.
Pas de place pour eux aujourd’hui
Sur notre terre qui est la leur aussi.
Comment ne pas se sentir inutiles,
Quand  « rien «  est le seul bien
Qu’ils trainent avec eux d’une frontière à l’autre.
« Nulle part »  serait désormais leur patrie introuvable.

C’est quoi leur vie.
Auront-ils toujours la force  de crier ?  Et d’espérer ?
Se tairont-ils à tout jamais ?

De l’orient à l’occident,  du nord au sud,
De nos fenêtres, nous entendons cris et clameurs
D’une humanité en détresse.
Une humanité orpheline de leurs jeunes enfants,
Qu’on supprime sans qu’ils aient eu leur compte de vie.
Victimes de la haine.
On s’entre tue, cruellement, au cours de ces guerres
Sournoisement déclarées et camouflées.

Notre terre serait-elle devenue :
« Sillons d’exils »,  qui se creusent chaque jour ?

Est-ce donc un malheur d’habiter sur le toit d’un sous-sol
Où coule l’or noir,
Où se découvrent d’autres joyaux.
Un malheur d’appartenir à une minorité,
D’être du côté des faibles,
Des pauvres et des malades ?

Tu as certainement quelque chose à nous dire, Seigneur,
Quelque chose à réveiller en nous
Afin que le visage de l’autre ne nous soit pas indifférent.
Nous prendrons, alors, le risque de le rencontrer
En sachant qu’il a été visité, comme nous,
Par le souffle de ton Esprit

Un jour, ta Parole s’est incarnée
Dans l’homme  Jésus.
Il a laissé un message :
« Ce que vous ferez au plus petit d’entre les miens
C’est à moi que vous le ferez. »

Si nous travaillons afin que  notre humanité
Devienne plus humaine,
Chacun pourra avoir sa place de Vivants,
Sur notre terre.

Jacqueline Casaubon

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