« Nous l’avons entendu par nous-mêmes »

Le peuple avait soif, nous dit aujourd’hui le Livre de l’Exode Comment ne pas penser à ces peuples, ces personnes à travers le monde qui ont soif...

Dimanche 23 mars 2014
3ème dimanche de Carême
Année A

Lectures
Livre de l’Exode Ex 17, 3-7
Lettre de saint Paul Apôtre aux Romains   Rm 5,1-2. 5-8
Évangile de Jésus Christ selon saint Jean Jn 4, 5-42

« Les Samaritaines furent encore beaucoup plus nombreux à croire à cause des propres paroles de Jésus, et ils disaient à la femme : ‘ Ce n’est plus à cause de ce que tu nous as dit que nous croyons maintenant ; nous l’avons entendu par nous-mêmes, et nous savons que c’est vraiment lui le Sauveur du monde. ‘ « 

Le  peuple avait soif nous dit aujourd’hui le Livre de l’Exode
Comment ne pas penser à ces peuples, ces personnes à travers le monde qui ont soif tout simplement d’eau, n’y ont pas accès ou si difficilement.
Dieu, bénis toutes les initiatives locales et internationales qui travaillent à travers le monde pour l’accès à l’eau potable, reconnu par l’ONU comme un droit fondamental.
Nous te confions  entre autres la communauté d’Andamarca au Pérou, village que la Commission partage nous a présenté en octobre dernier sous le titre «  village des Andes où l’eau fait société » parce que les habitants s’engagent et gèrent l’eau collectivement pour l’irrigation.
Comment ne pas penser à toutes les soifs ici en France, à celles de tous les « sans », sans logement, sans travail, sans papiers.
Dieu bénis les individus et les associations qui accompagnent ces personnes mais bénis aussi ces personnes elles-mêmes qui manifestent souvent une si courageuse volonté de s’en sortir et s’engagent ensemble dans de concrètes solidarités. Merci pour les témoignages de Marie Jo et Thérèse migrantes du Cameroun, de Mandela du Mali, de Michel du Sénégal reçus dimanche dernier dans le groupe carême.
Comment ne pas penser à toutes les autres soifs de ces peuples qui souffrent à travers le monde. Ils crient, quand ils le peuvent ! pour du pain, de la liberté, de la paix, de la justice….
Dieu, bénis toutes les solidarités internationales, toutes ces associations qui donnent mais aussi et peut-être plus encore qui reconnaissent et accompagnent la lutte et les initiatives des gens là-bas.
Nous te confions entre autres le CCFD. Je veux te confier aussi le groupe de femmes soutenus par la Commission partage et que j’ai rencontré récemment au Vietnam. A travers des micro crédits et l’apprentissage de l’épargne, elles subviennent peu à peu à leurs besoins. Merci pour la détente du visage d’abord fermé de Truong Kim Yen et son sourire quand elle m’a présenté son travail de récolte du caoutchouc et de noix de cajous.
A l’heure de la mondialisation, et en ce jour de campagne de carême du CCFD Terre Solidaire, Dieu, élargis nos cœurs pour que sans négliger toutes les soifs que nous croisons à notre porte, dans nos rues, nous soyons solidaires de ceux et celles qui sont loin en kms mais proches en humanité.

Myriam Glorieu

 Commentaire de l’évangile

Placée devant ce long, riche et beau passage de l’entretien de Jésus avec la Samaritaine, où il n’est question que de la soif, du désir, de Dieu, la petite équipe constituée lundi dernier pour préparer cette célébration a choisi de mettre l’accent sur la dernière phrase du texte qui nous parle de l’accueil de la foi par les Samaritains ; pour y dégager une parole, une question, qui soit pertinente pour chacun de nous, pour aujourd’hui. Mais il faut commencer par un petit détour pour expliquer notre choix.
Nombre d’exégètes considèrent aujourd’hui que la Samaritaine est une figure collective, symbolique. C’est, en réalité, toute la Samarie qui vient au puits de Jacob. On peut justifier cette lecture allégorique en partant de deux indices, récemment formulés par Anne Soupa dans son dernier livre sur « Douze femmes dans la vie de Jésus ». Le premier indice a trait à l’épisode des cinq maris qui pourrait paraître casser la cohérence du récit. En fait, s’il n’en est rien, c’est parce que ces cinq maris renvoient sans doute aux cinq divinités païennes introduites en Samarie après la conquête et le repeuplement de la région par l’Assyrie. Le second Livre des Rois explique que vinrent alors des gens de cinq nations et que chacune d’elles plaça ses dieux dans les temples des hauts lieux des Samaritains (2 R 17, 24-33). La référence aux cinq maris renverrait donc à la réputation d’hérétiques des Samaritains, accusés d’avoir vénérés dans leurs temples autant le Dieu d’Israël que ces dieux païens. Il s’agirait donc de « maris théologiques » (Anne Soupa), qui ont faussement apaisé la soif spirituelle des Samaritains.
L’autre indice à même de justifier la lecture allégorique de notre passage se rapporte au ministère de Jésus. Aucun des Evangiles ne permet de supposer qu’il l’ait exercé en Samarie. Les indications qu’on y trouve vont plutôt en sens contraire (Lc 9, 52-53 ; Mt 10, 5). En revanche, les Actes des Apôtres parlent, juste après l’évocation de la mort d’Etienne, d’une mission en Samarie menée par Philippe (Ac 8, 5-8). Le récit de la Samaritaine raconterait donc, en réalité, une « histoire d’amour collective », celles des Samaritains en route vers leur baptême.
Dans ces conditions, comment comprendre la dernière réponse des Samaritains au porteur initial de l’annonce du Messie ? « Ce n’est plus à cause de ce que tu nous as dit que nous croyons maintenant ; nous l’avons entendu par nous-mêmes, et nous savons que c’est vraiment lui le Sauveur du monde ». Dans cette approche, ce n’est pas de Jésus, mais du « Christ de l’intérieur » qu’il s’agit. Or, au-delà de la volonté de l’évangéliste de mettre sur un pied d’égalité la communauté johannique juive et celle des nouveaux convertis de Samarie, nous pouvons y retrouver le parcours que nous avons tous, un jour, été amenés à commencer.
Comment ne pas y voir, en effet, les étapes de tout processus d’éveil à la foi ? D’abord le temps de la première réception, de la première éducation, celle qui s’appuie sur des témoignages de personnes qui nous ont donné envie de découvrir l’Évangile, que ce soit par leurs paroles, leurs écrits, leurs actes ou simplement par leur présence fidèle ; tel que la Samaritaine qui revient à la ville et dit aux gens : « Venez voir cet homme qui m’a dit tout ce que j’ai fait », tout ce que je suis.
Mais ce messager initial, indispensable, qui est le garant de la transmission de la foi en communauté, devient un jour un serviteur inutile (Lc 17,10). C’est d’ailleurs le meilleur qui puisse lui arriver. Vient alors le moment où le croyant comprend que, bien qu’il ne s’impose pas à eux, le Seigneur est présent au milieu des hommes ; le temps du cheminement personnel, du dialogue intérieur avec le Christ ; le moment où l’éducation à la foi, bien loin de toute école de répétition, se transforme en une invitation à devenir « l’acteur inventif de sa vie » (Patrick Goujon). C’est le moment où la foi prend la forme d’un engagement personnel, d’un acte de volonté, suivre celui que l’on a rencontré. Cela nécessite parfois d’avoir au préalable trouvé le lieu où sa foi pourra s’épanouir, se vivre pleinement, bref sa communauté d’élection, parce que l’expérience personnelle ne peut qu’être ecclésiale, à la manière d’une voix au sein d’un chœur antique. Comment la parole du Seigneur a-t-elle pris chair en nous ?
Qu’avons-nous « entendu par nous-mêmes » ? C’est la question à laquelle nous vous proposons de répondre maintenant par petits groupes, en 6×6.

 Olivier Coutor

Pour ce temps de carême, la Commission Partage vous propose plusieurs manières d’être présents à la solidarité internationale.

  • Aujourd’hui, vous avez trouvé sur vos chaises les enveloppes du CCFD pour sa collecte nationale et sa campagne « Pour lutter contre la faim, tout le monde peut faire un geste – La faim n’est pas une fatalité, elle a des causes contre lesquelles on peut lutter”. Par cette proposition, le  CCFD-Terre solidaire nous invite à nous associer à une démarche de partage, qui est une démarche à la fois ecclésiale et universelle.  Des personnes se tiendront aux portes à l’issue de la célébration pour collecter vos enveloppes avec votre don : quelques euros, des billets, des chèques… tous les dons sont les bienvenus ! Vous pouvez aussi prendre l’enveloppe chez vous et l’expédier après, et il est d’ailleurs possible que beaucoup d’entre-nous aient déjà reçu ces enveloppes au domicile. Mais faire ce geste maintenant, ici, au décours d’une célébration du CPHB,  nous semble être  un geste fort, de participation à un mouvement de solidarité internationale dans l’Eglise.
  • Aujourd’hui aussi vous a été proposée l’opération Bol de Foul au profit de l’hôpital Saint Louis d’Alep en Syrie, que la Commission Partage a déjà un peu aidé dans la limite de son budget. Bol de Foul, c’est un repas de solidarité qui a lieu à Notre Dame d’Espérance, organisé à l’initiative de Syriens de Paris : les fonds récoltés seront affectés  à l’achat d’urgence d’un appareil de radiologie pour l’hôpital d’Alep, indispensable pour soigner tous les blessés qui y arrivent.
  •  Dimanche 6 avril, nous vous proposons une rencontre, à l’issue de la célébration, autour de photos et du récit de la rencontre de Myriam avec la communauté de Rach Khien au Vietnam que la Commission Partage soutient au nom de la communauté.
  • Dimanche 13 avril, ce sera l’association ADEFRO, dont des membres du CPHB sont amis, qui vous proposera des œufs peints de Roumanie : cette association soutient là bas des maisons familiales pour enfants, des personnes âgées, des soins médicaux aux nécessiteux

C’est vrai, cela fait beaucoup de propositions, mais comme le dit le Pape François « Justice et solidarité ne sont pas que des mots du dictionnaire. Ce ne sont pas seulement les droits civils et politiques qui doivent être garantis; mais il faut offrir à chacun la possibilité d’accéder effectivement aux moyens essentiels de subsistance: la nourriture, l’eau, la maison, les soins ».
Naturellement on ne peut pas s’occuper de toute la misère du monde, et nous avons chacun, personnellement et collectivement, quelques limites … mais la solidarité peut-elle avoir des limites ?

Le groupe partage

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