Nouvelles de Bouaké, Côte d’Ivoire :

6 femmes ont décidé, il y a 2 ans, d’unir leurs efforts pour tenter de créer une activité qui leur permettrait de sortir de la misère, et de ne plus rester passives et isolées : pour la première fois de leur vie, elles se sont regroupées dans un projet commun.

Adossé au monastère de la Bonne Nouvelle, fondé en 1962 par l’Abbaye bénédictine Saint Joseph de Pradines (Loire, France), s’étend un campement d’immigrés économiques qui se sont installés là depuis les années 80. Aujourd’hui, des centaines de familles y vivent dans une très grande précarité. : l’eau et l’électricité sont « arrivées » récemment dans le campement, mais les raccordements sont aux frais des particuliers, qui n’ont pas de revenus pour payer.

Membre du CPHB, Céline Dumont, dont la sœur est moniale du monastère de la Bonne Nouvelle, se rend en Côte d’Ivoire tous les ans depuis 2003 pour séjourner au monastère. Elle a ainsi rencontré des familles, et créé des liens d’amitié et de confiance avec certaines d’entre elles : en particulier, 6 femmes, mères de famille, qui vivent dans ce campement avec leurs enfants et leur mari (mais deux d’entre elles sont veuves),   Alphonsine, Anne, Brigitte, Céline, Florence, Simone.

Ces 6 femmes ont décidé, il y a 2 ans, d’unir leurs efforts pour tenter de créer une activité qui leur permettrait de sortir de cette misère, et de ne plus rester passives et isolées : pour la première fois de leur vie, elles se sont regroupées dans un projet commun.

 

Courant 2012, la Commission Partage a décidé de soutenir leur projet : les sœurs du monastère acceptaient de servir d’intermédiaire pour recevoir les fonds, et les redistribuer aux femmes, selon leurs besoins, et pour les aider dans la gestion du budget.

Le premier projet était la culture du maïs, un des maris ayant la possibilité de mettre gratuitement à leur disposition un champ de bonne terre, à 10 km du village. Notre soutien financier pouvait leur permettre d’acheter les semences et les outils nécessaires à cette culture.

Mais, les communications avec Bouaké ne sont pas faciles, il n’y a pas de courrier, et la liaison internet avec le monastère est incertaine. Nous sommes restés de longs mois sans nouvelle de leur part : le projet avait-il réellement démarré ? Est-ce que les semences avaient bien été achetées et plantées ? Est-ce qu’il y avait eu une récolte ? Plusieurs mails avaient été envoyés au monastère, mais ils étaient restés sans réponse : nous n’avions aucune information.

Nous étions donc sur le point de renoncer à ce projet, quand… enfin, en décembre 2012, un mail du monastère, avec en pièce-jointe, une superbe lettre scannée, écrite de la main d’Alphonsine. : « Grâce à votre appui, vous nous avez donné la joie de vivre ensemble et de former un groupe pour travailler ensemble…. Merci pour le sourire que vous nous avez donné… le travail a été très dur pour nous…. Les travaux débuté en avril, et récolté en août, égrainé en septembre. C’est pour dire que la récolte n’a pas été mal ! ». Lettre accompagnée de 3 superbes photos des 6 femmes, autour de leurs sacs de maïs. Quelle leçon de patience et de modestie !!!

Céline était partie en décembre 2012 auprès de sa sœur, au monastère qui inaugurait une année de Jubilé (50 ans de fondation !) : elle nous a rapporté d’autres nouvelles, et beaucoup de très belles photos. Ce fut l’occasion d’une petite projection à St Merry, un dimanche de mars 2013, après la célébration. Nous étions désormais très impatients de savoir si le maïs avait pu être vendu à un bon prix. Mais à nouveau rien, pendant plusieurs mois. Jusqu’au voyage suivant de Céline, en octobre  2013 : les nouvelles étaient décevantes, car le cours du maïs avait chuté, et la récolte s’était mal vendue, la situation était dure pour elles. Mais elles ne se décourageaient pas, et déjà elles pensaient replanter des semences issues de la première récolte et diversifier leur culture avec de l’arachide. La Commission Partage a décidé de continuer à les soutenir, et leur a envoyé un petit chèque, via le monastère de Pradines, fondateur de la Bonne Nouvelle de Bouaké.

Puis à nouveau, de longs mois de silence… nos mails, nos cartes de vœux restés sans réponse… et des doutes à nouveau sur le sens de notre soutien : est-ce que nous ne faisions pas fausse route, est-ce qu’il y avait un sens à continuer de soutenir ce projet, qui semblait tellement fragile, incertain…?

Et…oh joie ! Cette nouvelle lettre, arrivée courant mars 2014, via un messager du monastère de Pradines, de retour de Bouaké. Une vraie lettre, écrite de la main d’Alphonsine, et qui nous a bouleversés. .. « Nous avançons à pas de caméléon … Nous prions pour vous, pour votre soutien à notre égard…. Que le Ressuscité soit dans nos vies de chaque jour ! … ne vous découragez pas car tout début est difficile, surtout à cause de notre pauvreté, mais ayez confiance chères amies. Nous comptons encore sur vous, pour notre avenir, surtout pour nos enfants ! »

 

Un message d’espérance et d’amitié, une leçon d’humilité, de patience, de courage… !!!

Et si c’était aussi ça, la solidarité ????

La commission partage

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *