Nuit Blanche 2018 à Saint-Merry : une vidéo et un hommage

Les arbres de Daniel Van de Velde sont partis. Il reste une vidéo et une ballade de Jacqueline Casaubon. L'hommage de Saint-Merry à un sculpteur-poète qui affirme par son art que les arbres sont des sujets de nature à protéger.

Daniel Van de Velde. Danse avec les arbres, Nuit Blanche 2018 à Saint-Merry from Voir & Dire on Vimeo.

                                                                                     Dans la Nuit Blanche 2018

Petite balade entre le vide et le plein

Ils ne dansent pas, ils ne dansent plus, suis-je arrivée trop tard dans l’église ?   Ou bien la farandole s’est-elle déroulée dans la forêt, lorsque l’artiste Daniel Van de Velde, les a rendus si légers qu’ils se sont mis à danser de joie.

Ce sont des épargnés de la monstrueuse tempête. Souvent, dans l’inattendu il se passe quelque chose de l’ordre de l’émerveillement.

Ce soir je découvre des arbres gisants sur le sol, d’autres suspendus à la voute, certains dressés comme des flèches formant une arche gigantesque qui s’ajoute à celles de l’église. Le végétal et le minéral dans un même élan. À fleur de peau, à fleur d’écorce, ces troncs révèlent leurs beautés, leurs tracas, leurs désirs, leurs libertés. L’ombre est le pinceau qui renforce les contrastes.

Le vide est présent là ou on ne l’attendait pas, à l’intérieur, dans le plus profond, le plus secret. Des arbres embellis par le vide dont ils sont remplis. Ils ont été creusés, évidés par le sculpteur qui a ouvert des passages, qui a permis l’étonnement pour entrer dans un autre temps.

Le vide permet de voir autrement ce qu’on ne voit plus, d’écouter ce que nous n’entendons plus. Il est passage sans limites, invitation à l’autre, au Tout Autre. Tant de mystiques de toutes religions l’ont désiré, exprimé. Tagore souhaitait faire de sa vie une chose simple et droite pareille à une flûte que son Seigneur remplirait de musique. Et nous aussi, dans le désir de faire le vide en nous afin que puisse advenir le Souffle.

Dans la pénombre passe un musicien, il chante, s’attarde devant les sculptures. L’une d’elles, rouge s’accorde de façon saisissante aux couleurs et à la forme de l’accordéon. L’homme en lien avec la nature.

Le musicien est reparti, vient le temps pour se pencher au-dedans des troncs, d’écouter leur silence, de deviner un message.

« Chut c’est un secret !», me chuchote l’homme de la grande fresque murale face à la fontaine de Niki de Saint Phalle, lorsque je quitte l’église…

Merci à Daniel Van de Velde, sculpteur, mais aussi orfèvre, troubadour, poète, qui nous fait voir avec un autre regard, et entendre ce qu’on ne perçoit plus.

Et que la fête continue !

Jacqueline Casaubon

18 octobre 2018

1 Comment

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.