Nuit Sacrée – Points de vue

Après la deuxième édition de la Nuit Sacrée qui s’est déroulée à Saint-Merry le 4 juin, une réflexion a été menée à partir d’expressions entendues en 2016 ou 2017. En réaction, des points de vue de membres de la communauté ont été sollicités. Ils alimenteront la perspective d’une troisième édition de la Nuit Sacrée en 2018. En voulez-vous ? … Un second article publié dans cette Lettre présente les résultats de l’évaluation effectuée par des participants quels qu’ils soient : spectateurs, accueillants, choristes, techniciens…

POINTS DE VUE
Avoir tenu la Nuit Sacrée durant le week-end de Pentecôte : cela a empêché certains d’y participer
La plupart des réponses pensent que le choix du dimanche de Pentecôte a été un obstacle à la participation ; c’est le cas pour 4 des personnes qui se sont exprimées.
D’autres moins nombreux pensent au contraire qu’il s’agissait d’un bon choix, voire à renouveler tant le symbole de Pentecôte est fort

L’horaire 19h – 7h a empêché certains d’y participer, surtout après minuit
C’est certainement vrai en ce qui concerne les plus âgés mais au contraire horaire favorable aux jeunes.
Le programme a commencé à 19 heures et la retransmission par internet a offert une nouvelle possibilité.

Autre obstacle à la participation : un confort d’écoute insuffisant par la suppression des chaises dans l’église
Dans leur grande majorité les réponses repoussent cette assertion : il y avait suffisament de chaises, des coussins et des tapis. On pouvait se reposer dans la chapelle de communion en suivant sur un écran.

La Nuit Sacrée ne répond pas à un vrai dialogue entre spiritualités
Les avis sont partagés. Pour les uns la Nuit Sacrée est par nature un dialogue entre les spiritualités. Elle a été aussi l’occasion d’échanges avec des personnes d’autres confessions. Cela fait du bien d’écouter la prière des autres sans être obligé, en même temps, de « dialoguer ».
Pour d’autres, il n’y a pas vraiment dialogue entre spiritualités, mais juxtaposition d’expressions culturelles différentes. Le dialogue a eu lieu la veille lors de la Rencontre autour des livres.

La Nuit Sacrée ne correspond pas à l’attente spirituelle de certains
Les attentes sont aussi nombreuses que les personnes. Pour l’un, la Nuit Sacrée a parfaitement répondu à son attente spirituelle. Un autre note qu’il est possible que certaines personnes souhaitent aller plus loin ; mais est-ce réaliste ? Quelqu’un remarque que la Nuit Sacrée n’est pas un stage pour une spiritualité quelconque.
Un autre a trouvé que les textes sur le thème Souffle avaient apporté plus de sens spirituel.
Une personne regrette qu’une expression contemporaine n’ait pas été recherchée et qu’une langue rituelle ait conduit à beaucoup de “scléroses poussiéreuses“.

La Nuit Sacrée ne permet pas une prière commune
Plusieurs expressions contraires à cette affirmation : ce n’est pas le but, l’idée est de se faire interpeller par l’autre. Le fait d’être là est peut être déjà prière. Plutôt qu’une prière commune qui n’a pas grand sens, la Nuit Sacrée permet de communier dans l’échange de nos façons de chanter la prière.
Pour d’autres, l’idée d’une prière commune est une question difficile qui n’a pas de réponse satisfaisante. Peut-être proposer un temps de silence pour prier ensemble, mais chacun selon sa religion. Ou bien des temps de prière successifs animés tour à tour par chaque tradition religieuse.
Toutefois faire attention aux amalgames et penser aux incroyants. Une réponse souligne que l’important est d’être ensemble, de vivre quelque chose ensemble. Et pose l’interrrogation : “Qu’est-ce que prier d’ailleurs ?“

La Nuit Sacrée se présente trop comme un spectacle
Ce terme ne choque pas la plupart : cela ne me dérrange pas, ce n’est pas que cela, c’est une fête…
Le spectacle est un moyen pour faire passer un message. Il y a une part de spectacle dans toutes nos liturgies.
Deux réponses critiquent les applaudissements, mais disent qu’il faut bien récompenser les acteurs.
C’est vrai que faire spectacle est un danger auquel il faut veiller.

La Nuit Sacrée cherche surtout à faire événement
La notion d’événement partage les points de vue. D’un côté il est bon que la Nuit Sacrée soit un spectacle : elle fait événement et alors ! Si c’est pour faire passer le message de fraternité spirituelle, c’est très bien ainsi, il n’y a pas de mal à vouloir que l’on parle des initiatives auxquelles on attache de l’importance, bien au contraire.
Pour éviter l’écueil du spectacle, il faudrait moins de bruit, d’applaudissements, de bavardages, de promenades dans l’église… Instaurer une atmosphère de méditation, de silence, de quiétude.
Un autre côté pense que faire événement, c’est vraiment le danger : faire du chiffre, être vu, connu, avoir des personnalités, des médias… Il faudrait trouver d’autres occasions, plus quotidiennes et plus simples…

La Nuit Sacrée n’associe pas suffisamment notre communauté
Les uns disent que c’est à chacun de s’y associer, il y a eu suffisamment d’appel à contribution et pas seulement dans la prise en charge des aspects matériels. Mais a manqué l’explication du fondement pastoral de la Nuit Sacrée. Cette question doint être débatue par la communauté (Voix au chapitre ?).
La participation a été marquée positivement par les textes sur le Souffle et négativement par la non-acceptation du chant créé pour l’occasion.
Un appel à participation doit être fait le plus tôt possible afin que le plus grand nombre se l’approprie.

La Nuit Sacrée ne répond pas aux priorités de notre pastorale
Pour tous la Nuit Sacrée s’inscrit bien dans les priorités de notre pastorale : c’est un grand moment de pastorale, une manifestation de pastorale d’ouverture, « l’Evangile dans la Ville ».
Accueillir et « dialoguer » avec le voisin/prochain a toujours été une priorité de notre pastorale.
Dans le passé, il y a toujours eu des recherches de rencontres avec les protestants, les juifs, les orthodoxes, les musulmans, Sous d’autres formes.
La Nuit Sacrée est bien dans la sensibilité de la communauté : rencontrer d’autres croyants et apprendre à se connaître et se comprendre.
Une seule réponse note qu’elle est plus un show médiatique qu’une véritable recherche pour se rencontrer.

Si un tel événement se renouvelait : Que faudrait-il mettre en œuvre ? Que faudrait-il éviter ?
Diverses propositions :
Donner une vraie place à la communauté dans la réflexion préalable à la Nuit Sacrée.
Veiller à ne pas trop charger le calendrier de la communauté ou alors bien fixer les priorités.
Dire la vérité sur le coût, ne serait-ce que pour faire taire les rumeurs qui circulent dans la communauté.
Inventer des formes de partage au cours de la nuit.
Proposer une traduction des textes chantés par écran ou document écrit.
Conserver l’idée de textes lus et prévoir des intermèdes de silence, de prière.
Trouver un horaire permettant la participation des enfants.
Inventer pour renouveler la Nuit Sacrée à chacune de ses éditions.
Promouvoir des expressions religieuses en relation avec les interpellations de notre monde actuel.
Diversifier davantage encore les spiritualités y compris non-religieuses, incroyants ou athées convaincus.
Créer plutôt une “Nuit de recherche de sens“, une nuit pour tous, plus universelle…
Revoir l’articulation avec la « Rencontre autour des livres », voire dissocier les dates de ces événements.

Libre expression
Beaucoup de remerciements et de souhaits d’une Nuit Sacrée 2018.
La force symbolique de cette Nuit Sacrée est extrêmement importante. Il ne faut surtout pas abandonner le concept.
Au fil des ans, cette Nuit Sacrée deviendra un grand événement marquant et repris dans les media. Pour une fois que les religions donnent un visage positif d’elles mêmes !
L’enjeu est important, tant pour la déconstruction des barrières que pour l’ouverture des cœurs et des esprits à un « supplément d’âme ».

L’Equipe pastorale

Tags from the story

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *