S’il y en a qui ne respectent pas les règles du confinement, ce sont bien les oiseaux de mon jardin. Je suis en effet de ces privilégiés qui, à 5 kilomètres de la Gare Saint-Lazare, profite d’un jardin derrière le pavillon de banlieue, au centre d’un pâté d’immeubles tenus à distance respectueuse. J’y ai installé un distributeur de graines et une colonne de boules de graisse. Depuis le 17 mars début du confinement, j’ai vu :

Des moineaux rondouillards, braillards et bagarreurs. D’autres moineaux plus fins, à longue queue (peut-être des passereaux quand ils viennent en bandes ?), des mésanges à tête noire ou à tête bleue, celles-ci viennent en couple, quand on en voit une l’autre ne tarde pas et elles peuvent être jusqu’à six dans le noisetier. Des tourterelles à la robe pastel gris et rose. Des pigeons patauds (je n’aime pas beaucoup les pigeons). Des geais, en couple, avec leur plume bleue au côté, qui s’appellent avec un cri de casse-noix. Des merlettes (ou des jeunes merles ?) Parfois une pie agressive, un gros corbeau qui se dandine dans l’herbe ou une corneille (?) qui commence à briser les brindilles du noisetier et les emporte en travers de son bec pour aller construire son nid dans les hauts peupliers. De temps en temps un rouge-gorge, timide, sautille dans l’herbe et se rapproche du noisetier sans oser voler jusqu’au perchoir. Et, me croirez-vous si je vous dis que j’ai vu, dans ce même noisetier, il y a quelques jours, un couple de perroquets verts à longue queue (échappés d’une volière ?) : je les ai vus et je les ai photographiés !
Moineaux et mésanges se bousculent sur l’étroit perchoir du distributeur de graines dont ils vident la colonne en une matinée, les mésanges choisissent dans le mélange les graines de tournesol qu’elles vont ouvrir à coups de bec un peu plus loin et reviennent jeter par terre grains de blé ou de mouron jusqu’à retrouver du tournesol.
Mais voilà que le chat du voisin a sauté par-dessus le mur du jardin et l’on ne voit plus un seul oiseau. Reste le chant d’un merle noir que l’on découvre bientôt là-haut, planté sur la cheminée rouge d’un immeuble.
Oui, à Paris, il y a encore beaucoup d’oiseaux réfugiés dans les jardins. C’est nous qui sommes en cage.

Jean Verrier

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