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Peut-on avoir le coeur grand comme le monde ?

Je suis ballotté de métro en métro, au gré des flots de citadins. Soudain au milieu des vagues qui s’éparpillent, un visage connu, une connaissance, peut-être un ami. Le reste des gens qui m’entourent n’existe plus, ce ne sont que des corps gênants, bruyants, étouffants. Qui est alors mon prochain, est-ce cette personne que je reconnais, avec qui je vais volontiers discuter ? Ou est-ce ce visage flou qui se confond avec tant d’autres ? Le Christ nous dit : chaque être humain que tu vois dans ce hall de gare, c’est ton prochain. Pourtant on opère une séparation stricte entre ceux que l’on connaît et qui méritent notre amour, et ceux que l’on ne connaît pas, qui ne méritent ni notre amour ni même notre considération. Est-ce la ville qui nous rend si individualistes, si replié sur nos cercles de sociabilité ? Ou bien sommes-nous humainement incapables de ressentir de la bienveillance pour autant de monde ?

Peut-être faut-il oublier cette foule que l’on ne pourra jamais absorber, et se contenter de considérer cette personne que l’on croise, au bout du quai, avec l’envie de la connaître et de l’aimer. Puis cette autre personne, un peu plus loin. Puis encore une autre. Et une autre encore. Et ainsi tous ces gens ne nous apparaîtront plus comme une marée déshumanisée traversée par un courant de stress, mais comme une symphonie d’êtres vivants singuliers qui ont chacun leur beauté, leur sensibilité, leurs joies et leurs peines.

Tristan de la Selle

Billet du dimanche 29 octobre 2017

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