Orgues et musiques

L’église Saint-Merry abrite un instrument historique… qui est aujourd’hui (presque) en ruine !

Cette église est un témoin de l’histoire de France sur le chemin qui mène de Notre-Dame à la basilique royale de Saint-Denis.
Elle est aussi un témoin de l’histoire de l’orgue : unique dans sa diversité, l’orgue de Saint-Merry a progressivement intégré des éléments de toutes les grandes époques d’évolution des orgues : baroque, classique, romantique, contemporain.
En 1647, c’est un orgue quasi neuf qui est installé à la tribune du fond de l’église ; divers modifications et agrandissements s’y sont ajoutées à partir de 1763 et jusqu’en 1799 par les Clicquot, François-Henri puis Claude-François. À la Révolution, l’orgue n’a pas été saccagé, mais il a souffert du salpêtre entreposé dans l’église.
Une deuxième grande intervention s’ajoute au milieu du XIXe siècle (1854–1857) ; Cavaillé-Coll conserve la tuyauterie ancienne grâce à l’intervention de Camille Saint-Saëns le jeune titulaire.
Au XXe siècle, de 1942 à 1947, Victor Gonzalez transforme l’instrument ; de nombreux jeux sont ajoutés.
Depuis cette période, l’installation du chauffage à air pulsé dans l’église a fait souffrir l’instrument. Il n’a pas connu de gros travaux depuis soixante ans, si ce n’est l’entretien.
Ainsi nous avons un instrument d’un grand intérêt historique, à la fois baroque, romantique et contemporain, qui garde la trace de quatre siècles de facture d’orgue française, avec toute la partie Clicquot du XVIIIe siècle, et sans doute quelques restes antérieurs, une partie du XIXede Cavaillé-Coll, et un apport du XXe avec Gonzalez, chaque restauration ayant été marquée par la conservation d’éléments anciens. Une encyclopédie de l’orgue.

C’est aussi une histoire des organistes

De grands organistes et compositeurs ont pratiqué cet instrument : Lebègue, Dandrieu, Saint-Saëns ; il leur a inspiré une partie de leur œuvre. Beaucoup plus tard, des enregistrements y ont été réalisés, notamment par Marie-Claire Alain (intégrale Bach, Messes de Couperin, etc.). Plus récemment, le musicologue Norbert Dufourcq et l’organiste Michèle Guyard ont illustré brillamment ses qualités.

C’est un patrimoine à utiliser pleinement, à valoriser. L’orgue de Saint-Merry doit permettre l’exécution des répertoires liés à sa propre histoire : musique française classique, une partie de la musique du XIXe et, dans la lignée de la recherche néoclassique des années 1930 à 1960, la musique des Dupré, Tournemire, Alain, Langlais, Messiaen, Duruflé etc. Il doit maintenant intégrer les « perfectionnements » contemporains pour servir la musique de notre époque.

Un projet culturel, un projet d’animation

Un  projet de vaste portée, ambitieux, mobilise les énergies du Centre Pastoral Saint-Merry, qui anime l’église Saint-Merry, dans lequel l’orgue a toute sa place : il va de la liturgie à l’animation musicale, avec des concerts de toute sorte, une recherche artistique, dans un environnement contemporain tant culturel que musical, de Beaubourg à l’IRCAM.

L’orgue et les organistes sont étroitement associés à l’expression liturgique : l’apport de l’orgue fait l’objet d’échanges avec les animateurs de chant ; récemment, une table ronde sur « Musique et liturgie » a réuni poète, musicologue, organiste, liturgiste.

Une recherche s’engage, sur le long terme, sur le thème de l’Art et la Foi.

L’association « Orgues et musiques à Saint-Merry » est une organisation dynamique, maillon essentiel entre les différents interlocuteurs, propriétaire (Ville de Paris), affectataire (paroisse et centre pastoral), Monuments Historiques, État et Région. Elle a commencé une série de concerts de soutien et de notoriété, avec une expérience de transmission par la vidéo qui permet de voir l’organiste et ses adjoints à l’œuvre, manifestation très appréciée de ses auditeurs amoureux de l’orgue.  Elle va bientôt ouvrir un site Internet de facture très innovante, permettant une véritable découverte et illustration du fonctionnement d’un orgue.

La qualité et la motivation des deux organistes titulaires, Jean-Marc Leblanc et Stéphane Béchy, ont renforcé la vitalité de l’Association.

 

L’urgence de trouver des soutiens

Aujourd’hui cet instrument sert très régulièrement pour la liturgie des dimanches et fêtes. Les deux organistes connaissent bien leur instrument et savent en tirer le meilleur.

Mais bien des éléments sont défectueux et par voie de conséquence ils ne peuvent utiliser tous les jeux et toutes les combinaisons. Il arrive couramment qu’une note se bloque au milieu d’un morceau, et le facteur d’orgue reste à l’intérieur de l’instrument pour parer à toute éventualité.

On ne peut plus inviter un organiste extérieur à se produire à Saint-Merry, car il faut connaître à fond toutes les spécificités et défauts de l’orgue, et les écueils à éviter – et choisir le répertoire en conséquence. Pour cette raison, il n’y a plus de concert d’orgue dans le cadre de l’accueil musical qui réunit 600 mélomanes tous les week-end, et où le piano s’est substitué à l’orgue – sauf exceptionnellement avec les deux organistes titulaires.

Or tous les organistes sont intéressés par le devenir de l’orgue de Saint-Merry, connu jusqu’aux USA comme un instrument très particulier, qui fait partie du patrimoine musical de la France, et au premier chef, de Paris. Il pourrait également servir aux classes d’orgue des conservatoires locaux.

Pour sauver cet instrument très prestigieux dans une église à sa mesure qui fait aujourd’hui l’objet de travaux d’amélioration, dans un quartier également prestigieux, faire des travaux importants va devenir indispensable, et même d’une grande urgence.

Rejoignez notre Comité de soutien qui épaulera l’Association dans ses démarches auprès des responsables

Association Orgues et Musiques à Saint-Merry

76, rue de la Verrerie 75004 Paris  01.42.71.93 93