Oumar et le jardinage


Un soir de novembre, j’arrive place Baudoyer une bonne demi-heure avant le début des cours de français, pour avoir le temps d’échanger quelques mots avec les apprenants et les formateurs. La nuit est tombée. Pour l’instant, personne encore dans ce petit jardin de la Mairie du 4
ème à l’allure un rien romantique avec ses douze arbres fruitiers et ses quatre bancs de bois.

Sauf un homme assis sur un banc, casquette et casque sur les oreilles. Il s’agit de Oumar, d’origine malienne, la quarantaine ; il suit les cours du Réseau Chrétiens-Immigrés depuis deux ans.
Je m’assieds à côté lui.
– Bonjour Oumar !
Il enlève ses oreilles. « Bonjour Michèle ».
– Vous attendez Pablo ?
«  Oui, je suis dans son cours, mais je suis en avance ».
Un silence et il me montre le petit cerisier à côté du banc.
– Vous savez, je sais m’occuper des arbres.
– Parce que vous travaillez dans les espaces verts ?
– Ah vous savez ?
– Oui, je le sais, et vous aimez ce travail ?
– Oui beaucoup ! Je vais vous montrer quelque chose.
Il se lève, se dirige vers le distributeur de boissons, au rez-de-chaussée de la mairie:
– «  Vous voulez un café ? »
– Oui merci !
Il récupère deux cafés puis fouille dans son cartable. Il en sort une petite brochure technique sur les instruments nécessaires à l’entretien des jardins.

Et Pendant 20mn, Oumar a tourné les pages, me commentant par le menu, et je crois qu’il en était fier, tous ces instruments dont je ne connaissais pas même l’existence, précisant qu’au Mali, il n’aurait jamais pu apprendre ce métier.
En conclusion, il a ajouté qu’il pourrait me montrer d’autres revues techniques si cela m’intéressait…

Cette courte rencontre simple et naturelle, pour moi un moment de grâce.

Michèle Dauger

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