« Ouvrir ton chemin »

Nous proclamons que ton Fils est vivant Mais quel rapport notre vie a-t-elle avec la sienne ? nous proclamons que tu es grand Mais quel rapport notre vie a-t-elle avec cette grandeur ?

7 décembre 2014
2ème Dimanche de l’Avent
Année B

Lectures
1ère lecture : « Préparez le chemin du Seigneur » (Is 40, 1-5.9-11)
2ème lecture : « Ce que nous attendons, c’est un ciel nouveau et une terre nouvelle » (2 P 3, 8-14)Evangile : « Rendez droits le
Evangile : « Rendez droits les sentiers du Seigneur » (Mc 1, 1-8)

 Il est écrit dans Isaïe, le prophète :
Voici que j’envoie mon messager en avant de toi,
pour ouvrir ton chemin.
Voix de celui qui crie dans le désert :
Préparez le chemin du Seigneur,
rendez droits ses sentiers.
Evangile de Marc 1

Commentaire de la lettre de Pierre

Dans les trois textes Isaïe, Pierre et Marc nous invitent à retrouver du sens à l’attente. Au quotidien, tout nous pousse à vouloir tout, tout de suite. Nos vies sont pétries d’attentes difficiles. De sécurité, de respect, de dignité, de reconnaissance, d’amour, par exemple. Trois choses m’ont marqué dans l’épitre de Pierre.

D’abord, l’indignation fait partie de l’attente. Le projet c’est que « tous parviennent à la conversion », dit Pierre. Je ne crois pas qu’il puisse y avoir de conversion sans indignation. Une conversion : un changement radical d’horizon, l’adoption d’un autre regard sur nous-mêmes, sur l’autre et sur le monde, l’adoption d’une vie nouvelle selon le plan d’amour de Dieu ? La conversion est une volte face, et elle ne peut certainement pas avoir lieu sans une révolte personnelle. Dans ce sens, l’indignation est bonne, elle est indispensable pour étayer l’espérance d’une « terre nouvelle où résidera la justice ». Indignez vous comme disait Stéphane Hessel…

Non seulement l’indignation est nécessaire, mais elle est indispensable et obligatoire. Le prophète recommande même de ne pas hésiter à élever la voix avec force pour exprimer cette espérance, cette bonne nouvelle. Le pape François en Turquie a affirmé que les responsables religieux avaient l’obligation de dénoncer les violations des droits de l’homme, c’est pas facultatif . Nous sommes appelés à hâter, à provoquer  le jour de Dieu, à commencer par l’installation de la justice et de la paix dans nos vies, dans nos relations et dans le monde.

Deuxième point, Pierre nous indique que le temps de Dieu n’est pas le même que le temps des hommes. Pierre propose une autre échelle. A ceux qui  prétendent que Dieu a du retard pour faire advenir son jour, il répond en retournant la question : Où est donc notre espérance aujourd’hui ? Qu’est-ce donc pour nous que la promesse de sa venue dans nos coeurs ? Notre attente d’un monde meilleur a-t-elle gardé la fraîcheur du début ?

C’est à dire que le jour de Dieu c’est maintenant que cela commence. L’éternité vient à l’improviste, comme un voleur. L’éternité n’est pas seulement pour après la mort, elle n’est pas complètement pour aujourd’hui. Entre les deux il y a le chemin à ouvrir, à préparer et à emprunter. N’avons nous pas à installer des choses d’éternité aujourd’hui même dans nos vies ?

Enfin l’épître de Pierre a le souci de nous expliquer comment attendre. Il nous décrit à la fois le chemin à emprunter, et l’itinéraire de la sainteté et la piété, mais je trouve que c’est quasiment pratico-pratique quand il dit « faites tout pour qu’on vous trouve sans tâche ni défaut dans la paix »? J’aime cette expression « faîtes tout pour qu’on vous trouve », dans d’autres traductions c’est « étudiez-vous à être trouvés ». C’est pas nous qui nous présentons parfaits, c’est nous qui sommes trouvés au mieux de ce que nous pouvons être ! Tous les détails de la vie prennent alors une valeur nouvelle. Comment traduire cela dans nos vies autrement que par un certain détachement ? Qu’est-ce que la piété, sinon inverser l’ordre des priorités entre nos limites humaines et l’espérance en Dieu ? A la première épitre aux corinthiens, Paul (v 31) enfonce le clou en disant « le temps se fait court, Pour vous qui usez du monde, faites comme si vous n’en usiez pas vraiment, car la figure de ce monde passe ».

Nous vous proposons maintenant un micro libre. Ouvrons ton chemin. De nos colères et de nos manques, comment passer à l’attente et à l’espérance ? Nous avons besoin d’en parler dans nos prières et dans nos vies. Quelles sont ces désirs et ces colères que nous ressentons et qui sont susceptibles de nous mettre en route ?

Jacques Debouverie

Commentaire de l »Évangile de Marc chap.1, 1-8

VOICI JÉSUS

Commencement de l’évangile de Marc. Il proclamait :  » Celui qui est plus fort que moi vient après moi et je ne suis pas digne en me courbant de délier la lanière de ses sandales. Moi je vous ai baptisés d’eau, Lui vous baptisera d’Esprit Saint ». Aujourd’hui, l’Avent résonne en moi comme la méditation de ces mots de Jean- Baptiste. Toute la joie du monde n’est-elle pas contenue dans ces paroles si simples, qui orientent notre regard vers le Christ ?

Voici Jésus, celui qui nous habillera de son Esprit de consolation, Celui qui nous revêtira de son Esprit d’Amour !

Voici Jésus lui- même la Vie !

Voici Jésus lui- même le Chemin et qui nous emmène sur son chemin, n’hésitant pas à nous porter quand la route est trop dure !

Voici Jésus lui-même notre Lumière, aussi épaisses que soient nos ténèbres !

Ce chemin qui est notre vie même, nous conduit d’autant plus loin que nous ne savons pas où il va nous dit Saint-Jean-de-La-Croix.

Ce chemin sur lequel nous sommes boiteux malgré béquilles et grabats, est néanmoins le nôtre ! Mais n’est-ce pas Jésus qui marche en nous bien davantage qu’avec nous ?

La Bonne Nouvelle proclamée par Jean-Baptiste, c’est qu’il se fait homme pour habiter notre corps en marche, qu’ II se fait chair pour le guérir avec ses mains, qu’II se fait amour pour consoler nos cœurs, qu’il se fait souffle pour restaurer nos êtres !

L’Avent est pour moi le temps de l’attente incandescente et aimante de Jésus.

Ceux dont la vie est suspendue à la rencontre de l’être aimé savent bien dans leur chair ce qu’attendre veut dire ! A l’instar des foules qui iront vers Jésus, n’aspirent t- il pas à être délivrés de leurs enfermements, de leurs doutes, de leurs tortuosités crucifiantes ? N’aspirent-t- ils pas à vivre la merveille, le miracle de la rencontre ? N’aspirent-t- ils pas à une vie pleine et fervente, à une vie recréée, à une vie sauvée en un mot ? Oui, cette bonne nouvelle est bien notre rencontre avec ce Dieu fait chair annoncé par Jean- Baptiste, qui brûle de nourrir et d’abreuver nos chairs de Son feu.

S’immerger totalement dans cette aventure avec Jésus qui nous enseigne qu’aimer n’a d’autre but que d’aimer, ne serait- ce pas cela le Salut ?

Anne Marie Saunal

Préface 

Père,
Nous proclamons que ton Fils est vivant
Mais quel rapport notre vie a-t-elle avec la sienne ?
Sommes-nous vivants quand tant de nos frères périssent dans des guerres qui n’en finissent pas ?
Sommes-nous vivants quand tant de nos frères périssent de la misère dans laquelle notre société d’abondance les abandonne ?
Sommes nous vivants quand tant de nos frères périssent de solitude et de désespoir dans un monde qui n’a plus ni sens ni espérance ?

Père, nous proclamons que tu es grand
Mais quel rapport notre vie a-t-elle avec cette grandeur ?
Sommes-nous grands et dignes quand près de nous et dans notre monde tant de femmes sont méprisées, humiliées, exploitées ?
Sommes-nous grands quand nous rejetons à la mer tous ceux qui viennent chez nous avec l’espoir d’y trouver une vie digne et de pouvoir envoyer à leurs familles et à leur pays les miettes de notre richesse ?
Sommes-nous grands quand nous voulons bâtir notre société sur les discriminations et les rejet de tous ceux qui sont différents ?

Père, nous proclamons que tu nous aimes

Mais quel rapport notre vie a-t-elle avec et ton amour ?

Jacques Mérienne

2 Commentaires

  • Comme je l’ai fait remarquer à Anne Marie Saunal, je trouve assez choquant qu’un commentaire, aussi intéressant soit-il, soit lu immédiatement à la suite du texte liturgique sans transition aucune . Cela crée une confusion et brouille le message de l’un et de l’autre.
    Importance de laisser résonner la Parole pour ce qu’elle est – ne serais-ce qu’un court instant – avant d’y ajouter un commentaire !

    Alain

    • Sans réagir sur le fond, le rythme des intervenions au micro est plus de la responsabilité du groupe de préparation et du célébrant, que d’une intervenante.
      A retravailler peut-être aussi en commission…liturgie!

      Pierre-Michel.

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