Paix dans cette maison !

Allez ! Voici que je vous envoie
comme des agneaux au milieu des loups.

Dimanche 3 juillet 2016

1ère lecture : « Voici que je dirige vers elle la paix comme un fleuve » (Is 66, 10-14c)

Psaume : Ps 65 (66), 1-3a, 4-5, 6-7a, 16.20

2ème lecture : « Je porte dans mon corps les marques des souffrances de Jésus » (Ga 6, 14-18)

Evangile : « Votre paix ira reposer sur lui » (Lc 10, 1-12.17-20)

 

MOT D’ACCUEIL

Bienvenue à tous…membres de la communauté et amis de passage.
La célébration de ce 14è dimanche du temps ordinaire sera pourtant extraordinaire
car les textes de la liturgie nous convoquent à la joie, de manière toute particulière ;
cette joie dont le pape François nous dit qu’elle rend tout possible.
Comment ça ?
Parce que c’est sans doute la plus belle qualité donnée à l’homme
pour rencontrer son prochain mais aussi le premier message de Dieu
lorsqu’il s’adresse à l’homme.
Pensons au « réjouis-toi » de l’ange adressé à Marie lors de l’annonciation ;
à la joie brûlante du père qui aperçoit au loin le fils prodigue.
Le Seigneur a voulu répandre son Esprit comme un feu, un feu de joie.
Joie qui nous fait sans cesse renaître à nous-mêmes en nous remettant au diapason de la création,
dans le grand mouvement de la création.
Mais est-ce si facile d’y entrer ?

Rappelons-nous que l’annonce de l’ange a d’abord laissé Marie quelque peu perplexe ;
parmi nous, cette flamme peut jaillir vive et spontanée mais pour nombre d’entre nous,
le feu couve encore sous la cendre et attend le souffle de la prière communautaire pour s’animer.

C’est pourquoi nous entrons dans la célébration au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit.

Alain Clément
… chemin vers la paix …

« Réjouissez vous avec Jérusalem »
proclame Isaïe,
« réjouissez vous parce que vos noms se trouvent inscrits dans les cieux »
répond la finale de saint Luc.
Diantre, les chrétiens seraient-ils des ravis ? Béats et dévots ?

Dans son Petit traité de la joie, le collègue philosophe Martin Steffens
invite à cette joie qui vient du consentement heureux à la vie.
Non pas, dit il, un « oui » du bout des lèvres
mais une façon d’accueillir ce qui nous vient du passé,
fonde le présent et engage l’avenir.

De fait, il nous faut parfois du temps pour dire oui à la vie, à l’amour, à la rencontre…
Cela ne nous empêche absolument pas d’être conscient (et affecté) par notre propre malheur
ou celui des autres.

Mais n’a t on pas personnellement et collectivement bien souvent à faire une expérience
analogue à celle des Hébreux après le retour d’exil à Babylone, à savoir celle d’une vraie joie,
celle de la consolation, du soulagement, de la paix intérieure
qui fait si souvent défaut au monde contemporain ?

Pourtant, c’est la joie de vivre, d’être, qui rend le reste possible :
la joie est créatrice, mobilisatrice…
Saint Augustin avait bien repéré cette joie de l’Evangile
et cette bonne humeur, l’hilaritas, qui est communicative.
A contrario, « un saint triste est un triste saint » aimait-on à répéter dans les couvents !

D’où nous vient la joie ?
« la vie heureuse, la voilà : éprouver de la joie pour toi, à cause de toi »
ajoute encore Saint Augustin dans ses Confessions.
Pas besoin de faire beaucoup de sessions d’évangélisation pour comprendre
que la joie durable plonge en Dieu
et nous rend actifs au service de nos frères et sœurs en humanité !

Dans l’Evangile, plus que les conditions précises de l’évangélisation
(ne jamais agir seul, être disponible,
apprendre à demeurer dans une mission sans toujours vouloir autre chose,
associer le geste et la parole…) qui ne sont pas secondaires,
c’est ce chemin vers la paix qui doit nous interpeller :
« paix à cette maison, s’il y a là un ami de paix, votre paix ira reposer sur lui ».
Comment pourrions-nous être « amis de la paix » les uns pour les autres
et dans le monde aujourd’hui ? Quel beau projet !
Apprendre à ne pas désespérer de soi et des autres est parfois un rude combat.
Mais s’il y a bien quelqu’un qui ne désespère pas de nous, c’est Dieu ?
Dieu veut la paix intérieure pour chacun de nous.
La gratuité du don qu’il nous fait à travers ce repas
nous permet de recevoir avec joie sa vie,
non dans l’angoisse de perdre quelque chose,
mais dans l’assurance d’un amour gratuit, offert à tous.
Ce qui nous revient en propre dans cette célébration,
c’est de vivre dans la communion de ce repas
qui tire son nom du grec eucharistein, littéralement : rendre grâce, dire merci !

Et moi, comme on dit à la fin des prises de parole , « je vous remercie de votre attention ! ».

Jean-François Petit

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