Paix pour tous les êtres

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… aujourd’hui,
avec moi,
tu seras dans le Paradis.

Dimanche 20 novembre 2016

1ère lecture : « Ils donnèrent l’onction à David pour le faire roi sur Israël » (2 S 5, 1-3)
Psaume : Ps 121 (122), 1-2, 3-4, 5-6
2ème lecture : « Dieu nous a placés dans le Royaume de son Fils bien-aimé » (Col 1, 12-20)
Evangile : « Jésus, souviens-toi de moi quand tu viendras dans ton Royaume » (Lc 23, 35-43)
MOT D’ACCUEIL

Bienvenue à tous, aux fidèles de la communauté comme aux amis de passage…
Nous célébrons aujourd’hui la fête du Christ Roi, roi de l’univers,
point d’orgue et terme de l’année liturgique.

Cette formulation n’est pas sans créer le malaise chez certains
pour qui cela évoque un pouvoir surplombant, une force cosmique qui s’impose à nous.
Le fait est que – particulièrement dans notre « monarchie républicaine »
– nous avons un rapport au pouvoir plus qu’ambigu.
Nos dirigeants sont souvent d’abord portés aux nues puis …cloués au pilori !

Pour ce qui est du Royaume annoncé par Jésus,
les évangiles ne cessent de nous éclairer sur sa véritable nature, notamment en Marc 9,35
« Que celui qui veut être le premier soit le dernier et le serviteur de tous ».
De ce royaume construit sur la gratuité de l’amour et une renonciation au pouvoir,
Jésus en témoigne jusqu’aux conséquences les plus délétères :
c’est un roi crucifié que nous présente l’évangile d’aujourd’hui,
un homme mourant qui trouve encore la force
d’entrer en relation avec un criminel et de pardonner.

« Dieu nous a placés dans le royaume de son fils » nous dit St Paul.
De toute évidence, ce royaume est le lieu
d’une renonciation radicale au pouvoir tel que nous le concevons spontanément.
Mais si la prétention au pouvoir souvent nous indispose,
une telle renonciation nous déroute et nous effraie.

Nous proposons à chacun, lors de notre montée vers le chœur,
une rencontre avec ce Christ aux outrages placé sur le seuil,
présence que nous côtoyons de manière peut-être trop habituelle et distraite.

Laissons-le nous interroger et nous instruire,
entrons dans la célébration au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit.

Alain Clément.
Commentaire.

Dernier dimanche de l’année liturgique, fête du Christ roi.
Il y a toujours quelques nostalgiques de la monarchie
mais habituellement cette fête n’inspire pas beaucoup les chrétiens.

Avant l’entrée en carême pendant des siècles on a fêté le carnaval.
On continue à le faire par inertie et parce que commercialement, c’est rentable
et parce que tout est bon pour faire la fête
même si on ne connaît pas les raisons ni de quoi cela tourne.

Le carnaval existait bien entendu bien avant le christianisme.
C’était le temps où l’ordre institué, l’ordre établi était mis à bas,
le clochard était le roi d’un jour,
les puissants étaient ridiculisés et dépouillés de leurs privilèges.
Tout était permis, les règles morales même plus ou moins violées.
Mais pour un jour ; le lendemain tout rentrait dans l’ordre.

Pour nous chrétiens le carnaval c’est la fête du Christ roi.
La mise en scène de son jugement et de sa mort relève du carnaval.
Un roi couronné d’épines et dont le trône est la croix.

Mais cette mise en scène révèle une réalité profonde.
Car avec lui le vrai carnaval se met en place :
les paillètes, les valeurs, l’ordre établi, les privilèges,
tout est chamboulé, retourné, renversé, déconstruit.

Depuis qu’il est venu, en nous tout a changé.
Tout doit changer. Avec Lui, le carnaval n’est pas l’affaire d’un jour,
mais de la vie tout entière.

Le service devient la loi, l’accueil de l’autre la norme,
la bienveillance la mesure, la joie l’ambiance permanence,
la liberté la règle, la justice l’habitude, la paix l’air quotidien.

Un roi de pacotille ?
UN roi en qui et par qui se réalise la réconciliation véritable
et la réalisation et l’accomplissement véridique et authentique.

 

 

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Nous allons passer vers la table
que notre roi de carnaval
nous prépare et nous offre.
Le Christ aux outrages
est en plein transept.
Nous pourrons faire un geste
en passant à côté de la statue :
toucher, incliner la tête.
Chacun ce qui lui parlera.
Nous dirons ainsi
que nous adhérons à ce Christ,
à ce roi du renversement,
à ce roi dont le trône est la croix
et qu’ainsi nous réconcilie et nous réalise.+

 

 

 

Jésus Asurmendi
Méditation à la manière d’une prière eucharistique

Même si l’on est un peu sonné par l’Ecriture
qui vient de nous être proclamée,
Dieu notre Père nous voulons te rendre grâce.
Peut-être justement parce que cette parole nous a sonnés,
bouleversés, voire scandalisés.
Cela déménage !
On entend encore l’autre parole de Jésus ton Fils, notre Seigneur :
mon royaume, mon règne ne sont pas de ce monde.
Non ne serait-ce parce que le contraste est trop grand,
le paradigme, les schémas, les logiciels, l’ADN
sont trop différents trop éloignés, trop opposés.
Pour cette parole provocante nous te remercions.

Tout ne peut pas être fait en un jour, certes.
Mais on a du mal à passer des paroles aux actes,
des promesses aux réalisations.
La COP 22 à Marrakech est décevante.
Malgré tout il y a des réalisations,
de petits pas qui se font dans le sens
d’une meilleure relation de nous les humains,
les vrais barbares de cette histoire,
et ta création, la maison commune.
Pour tous ces gestes, ces réalisations,
ces personnes qui travaillent avec une foi à soulever les montagnes,
nous te remercions.

Et surtout nous te rendons grâce pour Jésus ton Fils
par qui nous trouvons la réconciliation et le pardon,
l’accomplissement et la réalisation.

Pour Lui et par Lui nous te louons et nous te chantons.

On est au cœur de la provoc, face à l’image qui transforme tout
qui bouleverse l’ordre établi. Le roi sur son trône.
Le roi sur sa croix et c’est de là qu’il lance son cri de guerre
qui n’est autre que le pardon, la réconciliation entre les hommes
et le rapprochement, le pardon entre Dieu et les hommes.
Entre Dieu et nous. Au prix de sa vie.
Et quelle vie, une vie de service, une vie passée à guérir et à libérer.
Et pour quel fruit ? La vie, la vraie en abondance. Grâce à ton Esprit.

C’est pour cela que nous te demandons, Dieu notre Père
que ce même Esprit face de ce pain et de ce vin
les signes de sa réelle présence parmi nous,
les signes de son corps, les signes de son sang.

Nous faisons donc ce que lui-même nous a dit de faire :
le mémorial de sa vie de sa mort et de sa résurrection.
Et nous l’attendons toujours dans la joie de l’espérance.

La fête continue ou la fête est finie ?
Notre travail nous attend en tout cas.
Et pour ce faire nous avons besoin de force,
celle que seul le partage du repas du Seigneur peut nous donner par ton Esprit.
Que par Lui tous ceux qui y participent
deviennent le corps du Christ, ton Eglise.

Nous te prions donc pour nous tous
en union avec François l’évêque de Rome,
André l’évêque de Pais et avec tous ceux qui,
d’une manière ou d’une autre, servent leurs frères.

Nous te prions aujourd’hui pour tous ces migrants
plus ou moins bien aidés de trouver une vie décente,
humaine, une vie de liberté, de justice et de paix.

Jésus Asurmendi

MOT D’ENVOI

Après avoir été nourris par la parole et par le pain,
nous sommes appelés à exprimer cette fraternité bien au-delà de ces murs…
dans nos engagements familiaux, associatifs, professionnels.
Mettons-y le meilleurs de nous même, mais peut-être pas trop de nous même.

Prenons garde à ce petit excès de pouvoir qui toujours guette.
C’est une ascèse qui ne nous est pas naturelle mais l’esprit reçu ici va nous y aider.

Alain Clément.

 

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