« Paix »

Pour croire il faut avoir envie d’avancer, de découvrir, de créer de nouveaux liens de nouveaux espaces. Jésus n’impose pas d’emblée une parole, encore moins une doctrine, il écoute et la parole va naître de la rencontre et du dialogue.

Migrants - bateau

18 janvier 2015
2ème dimanche du Temps Ordinaire
Journée mondiale des migrants et des réfugiés
Année B

Lectures
1ère lecture : « Parle, Seigneur, ton serviteur écoute » (1 S 3, 3b-10.19)
2ème lecture : « Vos corps sont les membres du Christ » (1 Co 6, 13c-15a. 17-20)
Evangile : « Ils virent où il demeurait, et ils restèrent auprès de lui » (Jn 1, 35-42)

Jésus vit qu’ils le suivaient, et leur dit :
« Que cherchez-vous ? »
Ils lui répondirent :
« Rabbi – ce qui veut dire : Maître –, où demeures-tu ? »
Il leur dit :
« Venez, et vous verrez. »
Ils allèrent donc, ils virent où il demeurait,

Entrée en prière par le chant/

Et nous…,
Fils d’un Dieu nomade dont nous ne savons où il demeure
Mais qui nous demande de la suivre,
Nous sommes aussi des migrants de la foi ;
puisque , malgré nos chemins incertains,  il nous faut bouger et risquer de vivre la promesse sous peine de mourir.
Cette migration reste cependant un choix en confiance,  en espérance.
Alors que pour ces femmes et ces hommes venus du sud et du nord, parfois vomis par la mer, errant de ville en pays, parqués, rejetés,
le déplacement est devenu une cruelle nécessité, un arrachement inévitable souvent.
Et pourtant, eux aussi, eux surtout, en dépit des risques, préfèrent partir plutôt que d’attendre la mort.
Alors oui, tous Migrants de la promesse

Alain Cabantous

Introduction à la célébration.

Bonjour à tous, les éclopés, les revenants, les habitués, les jeunes et les anciens et surtout,  bienvenue à ceux qui nous rejoignent peut-être pour la première fois!
Comme chaque année, à la mi-janvier, nous célébrons la Journée mondiale du Migrant et du Réfugié, et comme chaque année, le thème en est proposé par le Pape :
«  Eglise sans frontières, Mère de tous ! »
Une  Eglise «   Sans frontières »  accueille tout le monde, sans distinction entre les personnes, et comme elle est « Mère de tous » elle nous rappelle que le migrant est notre frère. Le message n’est pas nouveau… mais est-il entendu ?
En préparant cette célébration, nous avons évoqué Lampedusa, cette île italienne où arrivent seulement…  des survivants. Et pour dire le scandale de ceux qui n’arrivent jamais, le pape avait parlé de la « globalisation  de l’indifférence » de notre monde.
Eglise sans frontière, Mère de tous !
Comment nous saisir de ces mots, en faire un programme,  une espérance ?

Les textes du jour parlent d’appel, de rencontre:
dans le livre de Samuel, le Seigneur appelle, Samuel répond « Parle, Seigneur, ton serviteur écoute » A partir de là, « le  Seigneur était avec lui ».
– dans l’évangile de Jean, deux disciples demandent à Jésus où il demeure et quand  Jésus leur  dit «  Venez et vous verrez »,  les deux hommes le suivent et ils restent auprès de lui.
Ce qui frappe, c’est l’immédiateté, la radicalité de la réponse et en même temps, son efficacité, son accomplissement !
Et nous ? Quelle attitude avons-nous, quelle réponse donner à l’accueil du migrant ?
L’an dernier, nous avions favorisé la Rencontre de l’étranger, du migrant (avec ou ans-papier),  ces migrants que nous connaissons à travers nos activités (cours de langue, Permanence d’accueil, dîners le Goût de l’autre, groupe Place et Parole de Migrants).
Cette année, nous aimerions passer de la dimension personnelle de la rencontre à un engagement : nous voulons inviter la communauté à poser des gestes et des actes concrets. C’est ainsi que, dans la célébration, deux propositions seront  faites :
– l’une pour  aider les migrants à entrer dans une démarche de régularisation par le travail. Tous ceux qui voudront faire un geste de solidarité dans ce sens  pourront venir s’informer dans la salle blanche après la célébration.
– l’autre proposition cherche à nous mettre en réseau. Pour partager, mutualiser, rassembler les pratiques des uns et des autres, il suffira de remplir l’encart (page 4 de la feuille de chants) et de le déposer dans les corbeilles en montant au chœur.                                                                                          Ouvrons les frontières de notre cœur !

Céline Dumont

 

« Que cherchez-vous ? »
Dans l’Évangile de Jean, la première parole que Jésus échange avec ceux qui seront ses amis, puis ses apôtres quand il aura décidé de leur passer la main,  est une question, pas un commandement, pas une vérité assénée.
« Que cherchez-vous ? »
Ils le suivent comme des disciples, il les invite là où il habite, comme des amis.

En Jésus, Dieu délègue sa divinité : une manière de parler un peu carrée,mais qui dit vraiment la chose, la passion et surtout la résurrection le confirmeront.
Déléguer sa divinité, Dieu, d’après les Écritures, l’a toujours fait.
Il a cherché ici où là des hommes, et femmes, pour leur confier ce qu’il avait à dire aux hommes, cela a donné prophètes et prophétesses, et ce qu’il voulait leur faire, il a aussi tenté de le déléguer, avec des David ou des Salomon, mais ça a moins bien marché.
Il a fallu qu’il envoie son propre fils…

Et donc cela a commencé par une question : « que cherchez-vous ? »
Dieu devrait savoir, s’il sait tout, mais il ne veut pas savoir d’avance :
Il y a dans les capacités de Dieu celle de ne pas savoir, celle de se taire, celle d’écouter.

Que cherchez-vous ? La première parole de Jésus aux disciples est une question.
La première réponse entre eux viendra des disciples eux-mêmes :
Ils cherchent le Messie, ils veulent tout d’un coup !
Ils vont l’avoir, mais pas comme ils se l’imaginaient…
il faudra du temps… il faudra que le Messie lui-même se donne en donnant sa vie.
On n’en est pas là, pour André et ses amis et collègues, la foi commence où commence la confiance en sa propre recherche.

Pour croire il faut avoir envie d’avancer, de découvrir, de créer de nouveaux liens de nouveaux espaces.
Jésus n’impose pas d’emblée une parole, encore moins une doctrine, il écoute et la parole va naître de la rencontre et du dialogue.
Jésus ne va pas créer un monastère, un nouveau lieu, un nouveau temple. Ses nouveaux amis viennent voir où il demeure en ces jours-là,
Lui, il ira loger chez eux, puis ils partiront sur les routes, accueillis ici ou là chez ceux qu’ils rencontrent, ou pas accueillis du tout, ils dormiront sur les chemins… (« le fils de l’homme n’a pas de pierre où reposer sa tête », mais il a un ami solide qu’il surnomme Pierre)

Dieu réveille Samuel. Samuel entend quelqu’un qui l’appelle de l’extérieur.
Il n’a pas une vision et une certitude, au contraire cet appel l’interroge (peut-être l’inquiète ?).
Elie pousse Samuel au dialogue, « écoute et réponds présent ».
Le dialogue place l’autre à distance, dans un face à face.
Pour qu’une parole naisse il faudra établir un lien, l’écoute mutuelle respecte l’autre, prend du temps et suppose un changement intérieur.
Le prêtre Elie place Samuel en position de dialogue avec Dieu : reconnaissance de l’altérité et de la distance
L’écoute et la distance sont nécessaires pour reconnaître l’autre, pour l’apprivoiser, apprendre à le connaître.
Entre Dieu et Samuel c’est une collaboration qui commence, pas une soumission.

L’appel des disciples par Jésus crée la diversité :
L’Évangile en garde la trace affirmée. Tous les disciples de Jésus n’étaient pas d’accord entre eux, Jésus ne tranche pas, mais il les renvoie à l’essentiel.
De la diversité des personnes est née une Église qui a dans ses gènes la diversité, le débat, la communion est toujours un série de différences surmontées mais pas niées.
La différence est cette chose merveilleuse que nous avons tous en commun.
Elle cumulera dans l’opposition en Pierre et Paul, l’église et les églises qui viendront de Pierre, l’église et les églises qui viendront de Paul.
Bien sûr on en a bavé ! Les guerres de religion on connaît, les cicatrices sont toujours sensibles.
Mais cela nous donne un peu de recul dans la guerre des religions que veut imposer aujourd’hui un courant extrémiste de l’Islam.

Les obsédés de l’impureté, les obsédés de l’uniformité.
Si ces fanatiques exigent que nous pensions et réagissions comme eux c’est bien entendu qu’ils ne sont pas sûrs de leur propre vérité
Elle ne tient pas par elle-même, elle a besoin d’une unanimité, au besoin imposée par la force
Dieu n’a pas envoyé sa foudre pour exterminer les caricaturistes il a donc fallu qu’ils envoient un terroriste, qui est pure violence.
Pour témoigner de notre foi devons-nous faire taire ou faire parler ?
Pour Dieu il n’y a pas de parole unique
Pas une parole univoque, mais un seul corps. Paul y revient souvent.
Si la foi est un projet alors le corps est un projet
Où et comment vivre notre foi en dehors de notre corps ?
il est le lieu et le moyen de réaliser un projet de vie.
Il n’y a pas une morale du pur et de l’amour
(rien n’est interdit, mais tout n’est pas utile)
il y a la création et la liberté de la création qui se poursuit  dans le corps
qui le prolonge au-delà de sa vie, sa propre vie, jusqu’à l’éternité.
Sachons faire de la résurrection notre affaire personnelle.

Père
Nous sommes ton temple
Mais  nous n’arriverons à te connaître que si nous sommes tous frères
Nous libérons la transcendance (ou le sacré) en approfondissant notre humanité
En accueillant celle des autres,
à commencer par l’humanité de ceux que nous considérons comme des étrangers
C’est en vivant avec les autres des liens fraternels
Difficile à construire et à préserver parce qu’il faut accepter et aimer nos différences
C’est par notre liberté et notre pauvreté que nous ouvrons nos vies à la transcendance et au sacré
Et cela ne doit pas nous empêcher pas de rigoler chaque fois que nous en avons l’occasion…

Jacques Mérienne

 

 

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