Pâque 2015

Il n’y a pas d’amour possible sans la confiance. Sans cette possibilité de s’en remettre à l’autre. La semaine sainte est l’occasion de vivre cette confiance qui vient d’abord de Dieu. Par Daniel Duigou
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Le risque de la confiance en l’autre, c’est d’aimer.

Le crash de l’Airbus A320 qui a fait 150 morts pose le problème de la confiance en l’autre, surtout lorsque, comme ici, la vie dépend de l’autre (le pilote). Très rapidement, pour rassurer les futurs passagers, plusieurs compagnies ont décidé d’imposer en permanence deux personnes dans la cabine de pilotage. La réaction est compréhensible.

Mais, en même temps, nous pouvons nous  interroger sur cette société qui, à force de vouloir supprimer tout risque, à force de vouloir tout maîtriser et tout prévoir, supprime la condition essentielle de la relation humaine qu’est la confiance. En se protégeant d’elle, du danger inévitable qu’elle entraîne, c’est la dimension de l’homme que l’on supprime.

Il n’y a pas d’amour possible sans la confiance. Sans cette possibilité de s’en remettre à l’autre. De remettre sa vie entre ses mains. De même, l’être ne peut vivre et grandir que si une confiance lui est accordée, que si on lui donne ce signe d’amour qui reconnaît sa capacité à aimer. C’est alors l’autre qui sauve et donne la vie.

Au-delà des mécanismes de sécurités de plus en plus sophistiqués, on ne pourra jamais éviter à un moment donné cet acte de foi en l’autre, ce don de sa personne pour l’autre. Dans le cas contraire, c’est l’homme qui meurt. Et Dieu.

La semaine sainte qui s’ouvre est l’occasion pour chacun de réfléchir et de vivre cette confiance qui vient d’abord de Dieu et qui se reçoit dans un abandon qui n’est pas soumission. Sur la croix, le Christ révèle la fragilité de l’homme dans cette dépendance à l’autre, mais aussi la force de Dieu qui le rend libre d’assumer sa responsabilité et d’aimer par-là même. Dieu n’est pas un assureur, au contraire. N’a-t-il pas pris le risque de s’incarner en l’homme pour partager l’insécurité essentielle des hommes, et habiter sa précarité ?

Daniel Duigou

1 Commentaire

  • Merci Daniel; cet appel à la confiance est bien nécessaire dans ce monde plein de peurs et de surveillance soupçonneuse. . .Amitiés

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