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Paris, l’été, propos sur la promesse

Ma seule concession à la transhumance estivale fut de multiplier les terrasses de café où me poser avec un livre et m’adonner à la lecture, ce vice impuni écrivait Larbaud. Lectures d’aujourd’hui dont celle du journal sans y trouver les rubriques réjouissantes d’Edgar Allan Poe, comme celle des chiens perdus ou les deux colonnes des femmes et apprenties en fuite mais seulement les postures hallucinantes et saillies improbables de qui vous savez, se posant en Salomon de pacotille après le drame de Charlottesville ; lectures d’hier aussi, dont certaines frémissent de préoccupations toujours actuelles. Celle-ci par exemple : La gauche ne doit promettre que ce qu’elle pourra tenir. Il n’y a pas deux morales, celle de la vie privée (qui exige loyauté et honnêteté) et celle de la vie publique (où la rouerie, la manœuvre et le double jeu seraient permis). Seule cette cohérence entre promesses faites et promesses tenues justifiera et maintiendra la foi populaire. (Pierre Mendes-France, 1978). Je remplace gauche par tout pouvoir et nous y sommes. Et une autre, extrait d’une lettre de Catherine de Sienne au pape Urbain VI, homme d’un caractère impossible, terrifiant son entourage : Je vous prie humblement d’être assez prudent pour ne jamais promettre que ce qu’il vous est possible de réaliser pleinement, afin d’éviter le mal, la honte et la confusion qui pourraient en résulter. (1380). Je termine avec une notation personnelle, apophtegme de ma marraine, basque de son état : qui ne peut promettre ne vaut pas cher !

Bonne rentrée à tous !

Catherine Charvet

Billet du dimanche 10 septembre 2017

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