Paroles de migrants

« Il y a une différence entre toi et moi : je suis un migrant, toi, tu es chez toi. Cela crée une inégalité : par exemple, c’est une injustice de ne pas avoir les mêmes droits, de ne pas trouver un bon travail quand on en a les qualifications ». Pour la centième Journée mondiale des migrants, l'expérience du Réseau chrétien Immigrés.

Tout a commencé lors du premier débat de Club Diaconia, un groupe Place et parole des Pauvres constitué depuis deux ans  était sur l’estrade et apportait sa réponse à la question : « Qu’est-ce qui est essentiel pour vivre ? », avec des mots et une logique propres, à partir d’expériences  de  vie que l’assemblée n’avait pas connues et qui étaient partagées.

Ce fut comme une découverte : nous sommes nombreux ici à accompagner des migrants (cours de langue française, conseils juridiques, repas partagés, et nous encourageons les migrants à témoigner de leurs difficultés ou à exposer leurs projets ; souvent des relations de confiance s’installent. Or, malgré tous ces liens créés, ou peut-être à cause d’eux, les migrants sont considérés comme « migrants » et non forcément comme des personnes entières, à égalité d’humanité avec les non-migrants.

C’est cette parole que nous avons recherchée dans le groupe Place et Parole des Migrants, l’expérience des migrants façonne leur pensée et donne à leur voix une densité insoupçonnée. Cette parole personnelle, ce « je », peuvent émerger dans un groupe où les règles de l’échange – égalité et réciprocité dans la prise de parole, écoute, non-violence – sont garanties par un animateur.

Voilà l’aventure dans laquelle nous sommes engagés depuis novembre 2012, nous, une quinzaine de personnes, migrants et non-migrants.

Nous nous sommes retrouvés deux dimanche par mois pendant deux heures et demie pour réfléchir ensemble : des thèmes ont émergé « émigrer, partir, quitter » « qu’est-ce que la misère » « vivre en France » « égalité injustice » et bien d’autres. A partir de ces échanges, nous avons rédigé un texte commun qui parle de nous tous, migrants et non-migrants, de ce que nous vivons, de ce que nous aimerions vivre ensemble : pas de témoignages individuels, pas de plaintes vaines, mais dans le respect de l’autre sans jamais lui couper la parole, ni s’opposer à lui, chacun a accepté que l’on puisse penser autrement, que l’on puisse apprendre ensemble.

Alors peu à peu, se construit une pensée commune, par associations, en écho, en dialogue, comme des épices donnent  à un plat son goût, comme des perles forment un collier, comme des mots font un poème. Ce texte, vous pouvez le lire ici.

Céline Dumont

Ici vous pouvez télécharger en pdf  le compte rendu de l’atelier : Réinventer le travail avec les migrants – Place et parole des Migrants, aux Semaines sociales de France 2013

 

 

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