la table dans la rue

Pas de côté

Une table, quatre chaises, une nappe et un bouquet de fleurs, voilà les éléments que j’installe dans la rue une fois par semaine, dans un lieu toujours différent, à Paris et ailleurs. Suite à l’année 2015 et pour répondre aux discours de peur de tout ce qui est autre, j’ai pris la décision en janvier de réaliser cette chose simple. Sur la table je dépose une radio, un thermos, un réchaud, une casserole, des légumes de saison, une planche, quatre assiettes creuses, des couverts, un couteau, du pain et de l’eau.

Une fois dans la rue, la table, symboles d’habitat, propose un lieu d’appropriation de l’espace public qu’en tant que femme j’interroge et souligne doublement. J’agis exactement comme si j’étais dans ma cuisine. Je n’invite personne à venir s’installer mais chaque passant-e peut décider de s’arrêter et de s’asseoir à l’une des chaises disponibles. Il ou elle participe alors à cette expérience de s’arrêter et de prendre le temps gratuitement, d’atteindre d’autres pensées et de défaire les menottes de la peur.

La table n’exclut personne. Dans un cahier je note le prénom de chacun et nos discussions. Un jour j’ai quitté la table pour aller chercher de l’eau et à mon retour de nouvelles personnes s’étaient installées. Un autre jour, la table s’est petit à petit chargée de nourriture éthiopienne et malienne. C’est la grande force de cette table, j’y deviens moi-même invitée. En la faisant voyager sans limite géographique, je souhaite construire des instants d’utopie à notre portée. Et vous ? Vous laisseriez-vous inviter ? Je vous donnerai de temps en temps des nouvelles de la table et de mes rencontres.

Elsa N.

Billet du dimanche 11 décembre 2016

 

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