Peut-être donnera-t-il du fruit à l’avenir ?

 

Dimanche 24 mars 2019

PREMIÈRE LECTURE  (Ex 3, 1-8a.10.13-15)
« Celui qui m’a envoyé vers vous, c’est : Je-suis »
PSAUME  (Ps 102 (103), 1-2, 3-4, 6-7, 8.11)
Le Seigneur est tendresse et pitié.
DEUXIÈME LECTURE  (1 Co 10, 1-6.10-12)
La vie de Moïse avec le peuple au désert,
l’Écriture l’a racontée pour nous avertir
ÉVANGILE  (Lc 13, 1-9)
« Si vous ne vous convertissez pas,
vous périrez tous de même »

Accueil

Bonjour à vous tous et à vous toutes,  habitué(e)s du Centre pastoral Saint-Merry, et gens de passage. Aujourd’hui la célébration a été préparée par le groupe « Que sont nos amis devenus ? »  composé d’une vingtaine de membres de la communauté,  relais d’une trentaine d’amis absents.
Il y a plusieurs sortes d’absents: ceux qui nous ont précédés et dont nous avons accompagné les derniers jours ; ceux qui sont éloignés par la maladie, passagère ou durable ; ceux qui, vivant en province ou à l’étranger, sont devenus des « intermittents » des messes du dimanche ou des fêtes ;  ceux qui sont partis vivre ailleurs de l’esprit de Saint-Merry ; ceux qui sont partis en claquant la porte ; ceux qui sont partis sur la pointe des pieds ; ceux dont plus personne ne parle.
Aujourd’hui plusieurs de nos amis qui ont habituellement de la peine à se déplacer sont quand même venus, aidés par les uns ou les autres. Ils sont là, parmi nous, dispersés dans l’assemblée.

Nous vous proposons un geste pour marquer notre accueil : tout simplement dire bonjour à votre voisin ou votre voisine en donnant votre prénom ou votre nom.

Petit à petit, au long de quatre années déjà, notre réflexion s’est ouverte à tous ceux et toutes celles qui, dans la communauté, restent un peu absents, à ceux que nos regards n’ont pas croisés, aux mains tendues dont nous nous méfions, aux appels dont nous nous sommes lassés.
Après les messes à St-Merry le partage peut se poursuivre longtemps. « ça va ? que deviens-tu ? ». Mais la multiplication des relations conduit souvent à des échanges superficiels. Et notre société de réseaux sociaux modifie les relations « amicales », de l‘empathie et de la compassion au simple clic. La quantité d’amis tend  à remplacer la qualité de la relation.

« Que sont mes amis devenus que j’avais de si près tenus et tant aimés ? » Beaucoup d’entre nous ont en tête ce poème de Ruteboeuf, qu’il soit chanté par Jean Ferrat  ou par Léo Ferré. La réponse est nostalgique : Ils ont été trop clairsemés je crois le vent les a ôtés, l’amour est morte, ce sont amis que vent emporte et le vent devant ma porte les emporta. »  On  trouve cependant certaines variantes avec un dernier vers : l’espérance de lendemains ce sont mes fêtes. Nous célébrons aujourd’hui le troisième dimanche de carême, mais aussi depuis trois jours c’est le printemps ! le figuier va refleurir ! Non, l’amour n’est pas morte, et si nous ne voyons plus certains de nos amis, ils  sont bien présents, tous réunis au nom du Père du Fils et du Saint-Esprit !

Jean Verrier

Commentaire de l’Évangile

un propriétaire… qui est pour le rendement !… c’est bien la mentalité actuelle…
un figuier, symbole de fécondité dans la bible, sans fruit depuis longtemps, serait-ce moi Seigneur ?
un vigneron qui aime son arbre… c’est tout Jésus et son Père ; il plaide pour le figuier, il demande une année de grâce, de toutes façons pas question pour lui de le détruire. Si le propriétaire n’est pas satisfait dans un an, charge à  lui de couper l’arbre, mais lui, le vigneron, ne le fera pas !
Le figuier pour produire, il a besoin de soins, il a besoin qu’on bêche, qu’on l’aère, qu’on lui mette du fumier, qu’on le remarque quoi ! qu’on s’occupe de lui ! il a besoin de temps, d’attention… sa vie ne se résume pas à son passé, à son absence de fruits aujourd’hui, sa vie est devant lui, ses fruits sont à venir. tout est possible encore, Il produit des fruits de lui-même, et normalement abondamment.
Et son environnement participe aussi à sa conservation, à sa fructification. Il est sujet d’espérance pour le vigneron, il est réserve de vie et de fruits quels que soient son apparence et son âge … comme nous !

Parce que vivants, nous sommes tous des êtres d’avenir, notre vie recommence chaque jour si nous voulons,
notre soi-disant stérilité n’est jamais un fait acquis pour Jésus.
Qu’est-ce qui peut remuer ma terre? L’aérer pour que je puisse porter du fruit ? pour que j’ai envie de me remettre en route de vie, de fécondité, en foi que je peux porter du fruit ?

Pour moi ça a été dimanche dernier la question d’une amie : pour toi Jean-Luc comment tu vis ce carême ? et puis, lundi,  la réflexion d’un autre ami : apprends à  dire « pourquoi ? » devant tout ce que tu fais, tout ce que tu lis, vois, ou entends, c’est la seule façon de rester un être debout, responsable, humain….
c’est comme cela qu’ils ont été vignerons pour moi, c’est ainsi j’imagine que le vigneron est venu cultiver le figuier que je suis. Ça me ré-ouvre l’envie de reprendre en main ma vie, et de croire que, malgré mon âge,  je peux encore et toujours porter du fruit, puisque lui, le vigneron, il y croit !
Et vous ? avez-vous commencé à vivre quelque chose de particulier pendant ce carême? Comment permettez-vous au figuier que vous êtes de donner des fruits ?
La vie est devant, personne n’est à couper, aucun d’entre nous n’est stérile…
Et si nous osions croire que notre vie commence toujours aujourd’hui, que nos fruits à donner sont pour ce soir, pour demain, … de toutes façons devant nous… Bénis le Seigneur ô mon âme !
Il nous guérit de toute maladie
Il est tendresse et pitié,
il pardonne toutes nos offenses…
c’est ce que nous vous proposons de ruminer en chantant le psaume.

Jean-Luc Lecat-Deschamps

Prière universelle

« Depuis presque une année, la maladie est venue me rejoindre. Avec la maladie, la souffrance et la dépendance. Dans mon désarroi et face à la nouveauté de la situation, j’allais perdre pied, m’isoler dans mon malheur. Le soutien de la communauté ici à St Merry, le soutien des amis et de la famille, m’ont permis de retrouver le chemin de la confiance et de la sérénité, m’ont permis aussi d’ouvrir les yeux et les oreilles sur le monde de la santé : de l’aide-soignante au toubib, de découvrir une grande disponibilité et une belle humanité, au cœur desquelles la confiance demande la réciprocité. 

Qu’en cette période de montée vers Pâques, nous prenions le temps de regarder et de contempler le monde qui nous entoure, notre quotidien et que nous portions dans la prière tous ceux et toutes celles qui travaillent auprès des malades et des blessés de la vie. Que leur belle humanité et leur disponibilité redonnent confiance à beaucoup et permettent au plus grand nombre d’être là pour la Pâque nouvelle. »

Gérard Wybo

 

 

 

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