Jacques Ledru nous a quittés le 27 septembre… Si vite !
Le 5 octobre, réunis autour lui, nous avons entendu Jessica Holc témoigner de son long engagement à « Solidarités Nouvelles face au chômage » (SNC), mouvement national dont un groupe poursuit sa vie depuis trente ans à Saint-Merry. Et en écho, sa fille Bénédicte, dans son « clin d’œil d’œil familial », évoque ce qu’elle a reçu de lui – comme beaucoup d’entre nous.

J’ai travaillé pendant neuf ans à Solidarités Nouvelles face au Chômage aux côtés de Jacques et je parle aussi au nom de Jean-Baptiste de Foucauld. C’est peu dire que Jacques a été, pendant plus de vingt ans, l’un des piliers de Solidarités nouvelles face au Chômage. Au début des années 90, il fut membre accompagnateur du groupe de solidarité Saint-Merry, puis il s’est vite impliqué au Secrétariat national.

Lorsque je suis arrivée au siège de SNC en 2001, Jacques y travaillait bénévolement à mi-temps – enfin un gros mi-temps, puisqu’il arrivait chaque jour en tout début d’après-midi – « après ma sieste » comme il disait – et il repartait souvent bien tard. Chaque jour pendant des années, il a grimpé vaillamment les quatre étages de la cité Bergère. Derrière le numéro d’appel de l’association, la permanence téléphonique, c’est la voix de Jacques qui accueillait les demandeurs d’emploi… Et quelle voix ; à nulle autre pareille, si chaleureuse, douce, claire et ferme à la fois. La qualité de son écoute était remarquable, il savait entendre humblement la souffrance, rassurer et soutenir. Combien de personnes ont dû se sentir revigorées, soutenues et entendues après avoir passé du temps au téléphone avec Jacques. 
Jamais il ne montrait un signe d’impatience, le temps nécessaire il savait le donner. D’ailleurs, je disais à chaque nouvel arrivant venant travailler au siège, qu’il soit bénévole ou salarié : « Passe au moins un après-midi à écouter Jacques répondre au téléphone, c’est extraordinaire ».

Jacques, formateur à SNC

Jacques a aussi eu à cœur de mettre en place et de développer les formations des bénévoles. Il s’y est investi énormément…  Et ce n’est pas tout, Jacques fut aussi le secrétaire du Conseil d’Administration de Solidarités Nouvelles face au Chômage pendant près de quinze ans. Il participait aux réunions de Bureau, veillait à la vie et à l’évolution de l’association, toujours soucieux des détails et de la qualité des échanges. 

Ah Jacques…. Je t’ai connu en 2001, tu étais alors pour moi Monsieur Jacques Ledru, puis au fil des mois notre relation professionnelle s’est muée, au quotidien, en collaboration fructueuse et en belle amitié. Derrière ces actions de terrain, nous passions de longs moments à discuter et à échanger ; moments pendant lesquels tu déployais cette pensée d’un monde plus solidaire… Tu as fait le choix de l’entraide, un engagement à la fois intime, politique et spirituel. Nous sommes devenus amis, et tu m’as autorisée en riant à te renommer affectueusement « Mon Jacquot » ! Tu me parlais de tes filles, de tes petits-enfants dont tu étais si fier, de Bruno parfois… et de ta belle-mère !

Chère Marie-José, tu as eu la délicatesse d’attendre la fin de Yom Kippour, le jour du grand pardon, pour m’annoncer que Jacques nous avait quitté. Ce jour-là, nous prions pour les disparus pendant l’office du souvenir… C’était donc lundi dernier, je ne savais pas encore que mon Jacquot était parti, et pourtant, dans le livre de prières et de textes, j’ai été très touchée par ce poème de Joseph Leftwich que je vous partage aujourd’hui.

La mort n’est pas étrange.
L’étrange c’est la vie,
Que la chair puisse penser
Et le corps croire.


Que la poussière puisse chanter,
Que de l’argile puisse,
Pendant une existence humaine,
Héberger Dieu.


Que les choses mortes vivent
Lorsqu’elles sont touchées par le souffle divin,
C’est ça le miracle.

Jessica Holc

Petit clin d’oeil familial, avant la bénédiction

La transmission, pour Jacques, c’était très important. Que ce soit une activité, des histoires, des souvenirs, et ce goût pour le mot juste, tant pour dire les choses que pour être sûr d’avoir bien compris ce que nous voulions dire. Il nous demandait souvent de reformuler.
Aujourd’hui, ce que nous recevons de lui, c’est l’envie d’être attentifs à ce que nous vivons avec nos parents, nos enfants, nos amis, proches ou plus lointains, tous ces moments qui composent ensemble la joie simple de l’instant présent.

Bénédicte

close
CatégoriesNon classé

Répondre

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.