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Pourquoi regarder le ciel ?

Jeudi de l’Ascension 30 mai 2019

PREMIÈRE LECTURE  (Ac 1, 1-11)
« Tandis que les Apôtres le regardaient, il s’éleva »
PSAUME  (Ps 46 (47), 2-3, 6-7, 8-9)
Dieu s’élève parmi les ovations,
le Seigneur, aux éclats du cor.
DEUXIÈME LECTURE  (He 9, 24-28 ; 10, 19-23)
« Le Christ est entré dans le ciel lui-même »
ÉVANGILE  (Lc 24, 46-53)
Tandis qu’il les bénissait, il était emporté au ciel »

INTRODUCTION

Bonjour à vous ! que vous soyez de passage, volontairement ou par hasard, ou encore que vous soyez des amis habitués de ce lieu. Mais… Pourquoi regarder le ciel ! Alors que se passe-t-il donc ici et sur terre pour que nos regards DOIVENT se diriger ailleurs ? Les textes du jour nous disent que c’est au milieu de notre monde fait de femmes et d’hommes bien vivants que le Christ EST incarné ?
C’est certainement auprès de toute notre humanité qu’il faut tourner nos regards. Et même plus que nos regards : laisser nos oreilles entendre tout ce qui se trame et se vit caché derrière la foultitude des images et des ‘’nouvelles’’. Peut être aussi, ici en ce moment, oserons nous vivre un temps particulier : nous poser au cœur de ce Paris coloré, grouillant et pressé !
Nous poser et profiter d’être ensemble pour ne pas s’encombrer de paroles et d’idées inutiles mais laisser nos esprits se libérer pour mieux vivre ces textes qui sont donnés ce jour.
Alors pourquoi fixer le ciel ?

                                                                                              Florence Carillon

Commentaire de la lettre aux Hébreux

La Lettre aux Hébreux a pour but de  montrer que les disciples de Jésus n’ont plus à recruter des prêtres pour réaliser des sacrifices. Elle se sert d’une comparaison entre Jésus et le grand-prêtre qui officiait dans le Temple où Dieu pouvait résider au milieu d’Israël. Ce grand-prêtre était le seul à pouvoir plaider la cause du peuple en entrant une fois par an  dans le Saint des saints pour se tenir devant Dieu :  pour ne pas mourir à sa « vue », il fallait qu’il ait accompli certains rites et ait été aspergé du sang d’une victime sacrifiée, avant de franchir deux rideaux[1] toujours clos

… Le premier rideau que tous pouvaient voir était couleur de nuit et richement brodé pour représenter le ciel et ses astres, et il ondulait à chaque souffle de vent ;  le second, lui, n’a même jamais été décrit et fascinait d’autant plus…   Écoutons la conclusion de la comparaison entre ce grand-prêtre et Jésus en lisant la Lettre …  Ainsi donc désormais Jésus est le vrai prêtre, mais c’est parce qu’il a donné sa vie aux autres, en faisant une vie consacrée, un sacrifice au sens plein du terme. En accomplissant la loi divine, il est sauveur ( = procure le salut ) puisque son exemple, radical, est le premier à révéler ce que  Dieu attend de nous : un cœur sincère, plein de foi, purifié…

Ainsi celui qui vit le même chemin que Jésus  sur la Terre avance vers Dieu, avance en Dieu, sans plus craindre de profaner du sacré. En effet, Jésus a réuni la Terre au ciel au prix de son sang, de sa chair, de toute sa vie. Les trois  synoptiques décrivent comment sa « mort » a déchiré le rideau du Temple du haut en bas : pour Matthieu et Marc, juste avant sa mort ; pour Luc, juste après.  Par qui avait été mis ce rideau ? Pourquoi ? Vastes questions… dont on sent  aujourd’hui la brûlante actualité.

La Lettre aux Hébreux demande de ne pas le réparer. Après avoir raconté l’impasse mortelle où Jésus avait semble-t-il « fini », les synoptiques montrent ensuite comment les disciples l’ont retrouvé plus que jamais éveillé et vivant, comment ils ont intégré son « départ »  de ce monde de façon positive et comment ils ont été inspirés et poussés à le faire connaître : ces mouvements  sont décrits en même temps comme  une ré-surrection ( mvmt ), une ascension (mvmt) et un envoi.
Ce n’est pas un mouvement physique vertical, et cela ne sert à rien de regarder la voûte céleste ( cf. la parole calligraphiée sur le lutrin aujourd’hui : Pourquoi regarder le ciel ? ) : ces termes convergent et fusionnent en fait pour signifier ce passage difficile à décrire, mais bien réel.
C’est une chair humaine, celle de Jésus,  qui a frayé  à tous un chemin en payant de sa personne et en faisant tomber un écran de sacré qui ne donnait de Dieu qu’une appréciation incomplète (et de plus modulée hiérarchiquement…) Jésus a inauguré, dit le texte, «  un chemin nouveau et vivant » : cette découverte qu’il a partagée, c’est la Bonne Nouvelle que le Royaume  ne connaît pas de frontière et que chacun est appelé à déchirer tout ce qui, en lui, faisait écran ou fait obstacle, à se faire offrande et à devenir une maison de Dieu. Nous pouvons nous aussi, avec confiance  et assurance, suivre n’importe où le chemin qu’il a ouvert : notre «  ciel » est désormais partout …

                                                                       Marguerite Champeaux-Rousselot

[1] https://www.persee.fr/doc/jds_0021-8103_1979_num_1_1_1383 Le grand rideau au décor sidéral du temple de Jérusalem

Prière Universelle

Dieu de tendresse et de pitié ,
Nous te prions pour que nous prenions une part  plus active dans ton Royaume : que ce qui frappe notre communauté, et la touche, tourne à son bien en ces temps que nous vivons ;  que l’Eglise fasse ces passages de mort et résurrection pour mieux accomplir sa mission ; pour que l’ensemble des enfants de Dieu se retrouve fraternellement.
Dehors, dans notre rue il y a du monde et nous prions pour tous ces passants, ‘’baguenaudeurs’’ ou promeneurs du jour de l’Ascension et qui, sans doute, ne savent probablement pas ce qu’est cette fête dite ‘’chômée ‘’.

CONCLUSION

Il faut partir, le temps nous presse… Eh oui , Jésus les emmène dehors et leur dit « vous serez alors mes témoins » Et voilà, la ‘’mission’’ commence ! La mission ? Qu’est-ce que c’est que ce vieux mot ?
Et c’est quoi la mission si ce n’est de vivre chacun notre propre vie ,

  • chacun à notre place et avec NOS responsabilités, -les nôtres-, pas celles des autres !
  • Non dans une église aux portes bien closes, avec tout plein de bons petits chrétiens mais au milieu de ce Paris coloré, grouillant et pressé !

La mission ? c’est comme on dit être ‘’bien dans ses baskets’’ pour oser rencontrer tout un chacun et lui MONTRER (sans doute pas  forcément lui DIRE) que nous sommes de vrais vivants et qu’il est bon de le partager.
Le texte des Hébreux nous dit bien : « nous avons là un chemin nouveau et vivant ». Les apôtres partent ‘’en grande joie’’ et nous ?

Florence Carillon

 

 

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