Pouvoir biblique?

Qui l’aurait cru? Un petit texte du livre biblique des Juges (9, 7-15) à l’honneur dans la Chronique d’Annie Kahn ( Echo & entreprise, Le Monde 1/7/2014)

Pouvoir Biblique

Etre chef ne fait plus rêver. Pas seulement dans les entreprises de presse, où enquêter peut paraître plus séduisant que de diriger des individus récalcitrants. Mais, plus généralement, dans les sociétés de tous secteurs d’activité, selon Maurice Thévenet, professeur de management au Conservatoire national des arts et métiers et à l’Essec Business School.  » Les gens ne veulent plus exercer le pouvoir, en raison de l’accroissement des risques psychosociaux. Pourquoi se coltiner les autres, si en plus on ne doit pas en retirer aucune reconnaissance? »
Une entreprise sur trois a fait l’objet de poursuites pénales en 2013, principalement en raison des plaintes des salariés s’estimant blessés psychiquement par leur employeur, selon une étude menée par Lexcom, AIG Square-Metric, publié mardi 24 Juin.
Capgemini Consulting enfonce le clou, avec une autre série d’explications à ce manque d’appétence hiérarchique. « Près de deux tiers de managers français sont en opposition ou doute [ de la ligne qui leur est tracée]. Cette fragilité d’adhésion, sur les orientations stratégiques, apparaît de le haut de la pyramide ». Selon leur rapport « A l’écourte des français au travail 2014 » publié le 23 Juin.
L’Institut catholique de Paris (ICP) saisit la balle au bond. Guider les dirigeants est aussi de sa mission, des managers assumés ayant plus de chance d’entraîner leurs équipes avec humanité.
Cet établissement propose aux patrons égarés, ou en voie de l’être, un cycle de formation, Humanité et Performance, animé par des duos théologiens-professeurs de management. M. Thévenet fait équipe avec Jesús Asurmendi, docteur en science théologique, pour la séance consacrée à l’exercice du pouvoir.
Humilité
A ceux qui le craignent, ils narrent la parabole de l’arbre. Pour mémoire: trois arbres nobles -l’olivier, le figuier et la vigne- refusent les responsabilités proposées et laissent ainsi la voie libre au buisson d’épines, qui n’a aucune des qualités requises et va mener le pays à la catastrophe. Un appel aux bonnes volontés managériales pour M. Thévenet. Mais aussi, « un texte qui devrait être lu à chaque nomination de dirigeant, pour lui rappeler l’humilité », analyse le théologien. Ce qui n’est pas contradictoire. Une moindre arrogance améliore l’écoute de l’autre et limite mes dégâts psychologiques. De quoi redonner de la noblesse à la fonction de chef, en toute humilité et humanité.

A bon entendeur…

Jesús Asurmendi

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