Prochaine exposition Maxim Kantor

À Saint-Merry, du 7 avril au 19 mai, se tiendra l’exposition Maxim Kantor. Cet événement préparé depuis plus de deux ans permettra de découvrir des tableaux grand format à forte résonance spirituelle. Rencontre avec l'artiste le 7 avril.

Vernissage de l’exposition « De l’autre côté. Merry Symbolism ». Vendredi 7 avril à 17h30. L’artiste fera visiter l’exposition et présentera au public sa démarche . Vente de catalogues de l’artiste au profit des arts visuels à Saint-Merry.

La donation du tableau Merry Cathedral, installé dans la chapelle de communion, a eu lieu le 15 novembre 2015, sans l’artiste et sans le donateur, en raison du contexte dramatique, Paris venait d’être frappé par des attentats. Leur absence n’a pas permis qu’un dialogue s’ouvre avec la communauté.

Les liens n’ont pas été rompus, loin de là, car dans une conjoncture politique menaçante et alors que le drame des réfugiés prenait une grande ampleur, l’artiste s’est engagé à l’échelle européenne, au travers d’expositions, mais aussi de textes et conférences : promotion de nombreuses valeurs fondamentales et dénonciation des atteintes aux droits et à la dignité. Le parallélisme avec les orientations du Centre pastoral et avec les engagements de membres de la communauté s’est renforcé, de fait, sans échanges et sans rencontre.

Dès 2014 l’Équipe pastorale avait suggéré que cette relation spécifique entre une église et un artiste fasse l’objet d’une exposition où seraient privilégiées des œuvres à la symbolique spirituelle explicite. Il a fallu plus de deux ans pour que ce projet aboutisse.

Maxim Kantor est fidèle à la peinture, il la défend avec la même énergie que ses idéaux démocratiques. Il peint sur le mode figuratif dans son style « expressionniste existentiel » comme il le précise lui-même.

Pendant six semaines, il présentera au public dix toiles de grand, voire très grand, format, dans un accrochage faisant découvrir aussi l’église aux nombreux visiteurs du temps pascal. Trois d’entre elles, dont une Résurrection, ont été conçues spécialement pour s’insérer dans l’architecture de la nef.

Cette exposition hors norme, à laquelle l’Équipe pastorale souhaite donner un grand rayonnement en réaffirmant la place de l’art dans sa mission, aux côtés des trois autres piliers, nécessite des moyens adaptés. L’accrochage et la mise en valeur imposent un financement de l’ordre de celui d’une nuit blanche alors que le Centre pastoral ne peut dégager une ligne spécifique dans le budget actuel.

C’est pourquoi, il a été mis en place un dispositif avec l’Association Diocésaine de Paris appelé « Collecte spéciale » afin de permettre aux membres de la communauté et à leurs proches de soutenir ce projet et assurer la réussite de grand événement. Cet appel à don ne se substitue pas à l’appel au « Denier du culte » ou « Nuit sacrée », c’est une demande complémentaire auprès de ceux qui veulent soutenir l’art à Saint-Merry.

Les dons, sous forme de chèque à Association Diocésaine de Paris, sont déductibles fiscalement. Ils doivent être adressés au CPHB, 76 rue de la Verrerie 75004 Paris, avec une lettre mentionnant « Pour l’exposition Maxim Kantor ». Le nom des donateurs sera associé, s’ils en sont d’accord, à la communication de l’évènement et aux rencontres avec l’artiste.

Par ailleurs, à la demande d’Art Culture et Foi, Michel Micheau fera une conférence le jeudi 23 mars de 12h30 à 13h30, à Notre-Dame-d’Espérance, 47 rue de la Roquette, 75011, dans le cadre des « Jeudis d’art, culture et foi  – le spirituel dans l’art contemporain ».

Les réfugiés

 

Quelques éléments de biographie

Maxim Kantor, maître des couleurs et des formes débordantes de symboles, par ailleurs aussi dessinateur et sculpteur, est né à Moscou en 1957, mais est devenu citoyen allemand depuis l’annexion de la Crimée. Il s’impose comme une conscience morale de l’Europe d’aujourd’hui.

Après avoir dénoncé la répression totalitaire de l’Union soviétique dans les années 80 puis la spoliation par les oligarques, il n’a eu de cesse d’évoquer les situations d’injustice, de violence et de duperie, à l’Ouest comme à l’Est, et d’affirmer une attitude de compassion à l’égard des plus vulnérables. Il l’a fait souvent sur un ton mordant en se référant à l’humanisme de la Renaissance, en puisant dans les textes de Dante, Thomas d’Aquin, dans le sillage de Jérôme Bosch, Goya, Daumier, Delacroix.

Prenant ses distances avec l’art de la dissidence, notamment « Sots-Arts »— qui privilégient photos, vidéos et installations—, il a fait de sa peinture un acte de résistance dans les champs esthétique et philosophique.

Depuis le milieu des années 2000, il affirme sa foi de chrétien au travers de ses tableaux sans la dissocier d’autres sujets universels.

 

Jean Deuzèmes

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