Proches

Colette et Sabine, du groupe Accueil, ont vu l’actuelle exposition construite autour de Bertrand Barachin, Sandrine Vergnères, Charlotte Szmaragd. Elles nous en parlent
Charlotte Szmaragd L'Amoureuse des bancs publics
Charlotte Szmaragd L’Amoureuse des bancs publics

Colette et Sabine, du groupe Accueil, ont vu l’actuelle exposition construite autour de Bertrand  Barachin, Sandrine Vergnères, Charlotte Szmaragd.

Ils sont venus d’horizons différents et ne se connaissaient pas. Saint-Merry les a rassemblés car ils nous font découvrir avec un autre regard les proches, ces anonymes de nos rues. Par ailleurs, ces trois artistes s’avèrent, de leur côté, proches l’un de l’autre

Proches par le médium du dessin ; mais leurs techniques sont très différentes, du plus classique, au pastel gras, en passant par le film ou la tablette informatique.

Proches par le sujet, l’homme d’aujourd’hui dans des environnements urbains pourtant forts divers.

Proches des situations mentales des sujets dessinés, l’imaginaire de l’artiste faisant le lien entre ce qu’il ressent et ce qu’il dessine. Il n’en reste qu’une trace colorée sur le papier exposé.

Bertrand Barachin. Rue
Bertrand Barachin. Rue

Bertrand Barachin : « Le marché, Le touriste, Le travail, La rue » est dessiné sur ordinateur. Une œuvre hallucinée sur la ville contemporaine, fortement existentielle et marginale d’un homme qui ne peut plus se déplacer.

 

 

 

 

Charlotte Szmaragd : « Les pas Perdus ». Des photos prises dans les lieux d’attente, retransposées en films poétiques qui deviennent supports de dessins fébriles. Une impression instantanée traduite sur un papier fragile.

Ce film sonorisé est à voir en plein écran- à voir aussi à partir du site Voir et Dire

 

Sandrine Vergnères. Une beauté humble
Sandrine Vergnères. Une beauté humble

Sandrine Vergnères : « Une beauté humble“, pastels du nord du Maroc. Des petites gens entre résignation et dignité, une société méditerranéenne à la tradition ancestrale de discussion et de commerce dans l’espace public. Un monde en disparition ?

 

 

 

 

SV PortraitsTrois déclinaisons du même thème qui explorent la double question de la proximité et de l’altérité. Quel rapport entretenons-nous avec l’Autre ? Est-il un double, un autre nous-même, nous reste-t-il toujours « Autre », étranger ?

De l’Autre, je perçois le visage, la silhouette. Le contact s’établit de regard à regard. Dans les transports en commun, dans la ville, la première chose que je perçois de l’autre, c’est son visage (ou son absence) visage ouvert, visage fermé,  (griffures, traits, brouillard) parfois visage souriant……… et les visages  de la nuit, ceux des errants, dont on ne voit que le dos ? Violence sans visage !

Dans nos cités débordantes d’êtres humains, de marchandises, quelles relations construisons-nous, (yeux dans les arbres) au milieu des blocs de béton et des caddies vides  ou pleins  de marchandises, voire de solitude? Les visages se brouillent et s’estompent. Ne restent que des yeux vides, creusés, terreux qui rappellent ceux de foules anonymes de touristes – cortèges de prisonniers….. ou ceux de la télévision illuminant la nuit.

Les yeux envahissent les branches d’arbres, se nichent dans la vague ascendante (pour voir de plus haut ?) se cherchent. Se trouvent-ils ? Ou sont-ils en perdition dans la mer ?

Sous d’autres latitudes, les hommes vivent de manière différente, apparemment plus harmonieuse, plus lumineuse, mais que passe-t-il dans le non-dit, le non-vu, qu’échangent-ils vraiment en dehors du « convenu » ? Si un geste anodin peut déclencher une tornade ?

Que voyons-nous de l’AUTRE ?  Si nous ne faisons que le « regarder »

 «  Si tu peux regarder, VOIS, si tu peux voir, OBSERVE » (José Saramago L’aveuglement)

Colette Chaduc

 

CS PoèmeCette exposition nous amène à réfléchir à notre proximité avec les humains connus ou inconnus.

 Avec Sandrine VERGNERES, nous déambulons dans les rues de Tanger et croisons des personnes qui se fondent dans le décor ; on a envie de se mêler à eux et de leur parler ; on les sent paisibles et tranquilles, vivant à leur rythme avec beaucoup de dignité. J’ai pensé qu’à quelques kilomètres de là, se jouait dans une toute autre ambiance, le sort de milliers d’immigrés qui tentent de rejoindre l’Europe…

 Bertrand BARACHIN nous fait pénétrer dans un monde flamboyant et menaçant ; tout semble instable : les immeubles sont prêts à basculer,  les arbres secoués par la tempête et les personnages, cadavériques, n’invitent pas à la conversation ! Ils sont agglutinés entre eux ou au  contraire isolés et fragiles dans une ville difficile à habiter quand on n’est pas comme les autres. La plupart de ces dessins expriment une grande souffrance et un monde hostile où la rencontre n’est pas possible. La solitude est criante, la ville écrasante ….La grande vague bleue emporte les humains dans un tsunami effrayant.

 Je me suis perdue dans « les pas Perdus » de Charlotte SZMARAGD, un peu égarés dans ce trop grand espace de la chapelle de communion. Des visages sont esquissés avec plus ou moins de force, ils apparaissent et disparaissent, échappent au regard comme tous ces gens que l’on croise dans la rue ou dans le métro. Les poèmes donnent sans doute une clé pour s’approcher de cette foule insaisissable, mais la lecture est mal  aisée.

 Sabine Morin

Splendide et sensible. Du 9 au 30 mars 2014. Vernissage le mardi 11 mars de 18h à 20h. Avec projection des vidéos de Charlotte Szmaragd.

Lire article complet Voir et Dire

Jean Deuzèmes

 Proches Vernissage

 

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1 Commentaire

  • Dans le dernier numéro du Monde des religions, un article interview intéressant de François Boesflug sur les rapports Art, Religion.
    L’article semble pointer , à juste titre, l’ignorance par la plupart des croyants qu’il existe des artistes contemporains dont l’oeuvre est méconnue, parfois rejetée, mais cependant recherchée et mise en lumière par un petit nombre d’entr’eux. Le lien entre l’Eglise catholique et l’art contemporain s’est rompu dans les années 50 avec la disparition du Père Couturier, dominicain, ayant commandé des oeuvres majeures aux plus grands artistes de l’époque dont un bel exemple est l’église du Plateau d’Assy.

    Serons-nous à st Merry comme dans quelques rares autres lieux( Les Bernardins, la galerie st Séverin, st Eustache….) porteurs d’un espoir de renouer avec des artistes vivants, plasticiens, musiciens,comédiens, eux qui ouvrent nos esprits à mieux comprendre la part de gratuité dont chaque humain est porteur.

    Marie-Thérèse Joudiou

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