Projet de loi immigration : Echange entre un député et des associations

Ce lundi 12 février, à 20 h à Saint-Merry, au 76 rue de la Verrerie, 75004 Paris, le député des 4è, 11è et 12è arrondissements de Paris, Pacôme RUPIN, a été invité par le Réseau Chrétiens-immigrés à échanger sur le projet de loi du gouvernement Macron, la loi immigration et le droit d’asile. Au RCI se sont joints des représentants d'autres associations, acteurs de terrain, telles que le Secours catholique, la Cimade, CCFD, la Croix rouge, etc. L’objectif de cette soirée était non pas de s'opposer point par point aux mesures annoncées mais d’échanger notamment sur le fait que les migrants ont besoin plus de main tendue que d'entendre parler de la "maîtrise des flux"...

Pari réussi, nous dit Martine Roger-Machart, elle-même impliquée dans des associations de soutien aux migrants. Elle nous fait partager ce qu’elle a ressenti : «  J’ai effectivement apprécié la richesse des thèmes abordés par les représentants d’associations très diverses qui ont pris la parole, la modestie du jeune député qui découvre le problème et essaie de comprendre… Mais j’ai trouvé que ce nouveau projet de loi, comme tous ceux qui se succèdent depuis 40 ans, ne faisait qu’apporter quelques variantes aux modalités du seul droit d’asile et laissait entier le problème des immigrés qui ne peuvent prétendre au statut de « réfugié » relevant de la convention de Genève : ce sont pourtant ces « sans papiers » qui hantent le plus souvent nos permanences d’accueil, avec pour seule perspective l’expulsion ou le statut de travailleur clandestin. Ce sont eux qui, en corollaire, se font exploiter « au noir » dans le bâtiment, l’hôtellerie, la restauration, les emplois agricoles saisonniers…Ils sont plusieurs centaines de milliers en France et il est illusoire de croire qu’on arrivera à les expulser ! Le réchauffement climatique et les migrations forcées qu’il va entraîner va rendre encore plus grave cet afflux de populations à nos portes. Pacôme Rupin semble avoir pris conscience de la gravité du problème et de la nécessité, pour la majorité actuelle, de l’aborder, mais il s’occupe actuellement des seules modalités d’exercice du droit d’asile et de l’intégration en France de ses bénéficiaires.

Après ces échanges il nous reste à relever le défi ; la balle est dans toutes les mains partagées. Espérons que le gouvernement se montrera digne de la tradition française de l’accueil.

Martine Roger Machart

 

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