« Quand la population civile palestinienne prend son sort en main »

Face à la nouvelle agression israélienne contre le petit peuple de Gaza, sous blocus absolu depuis douze ans, notre ami et interlocuteur Ziad Medoukh - Directeur du département de français et du Centre de la paix de l’université al-Aqsa de Gaza - nous envoie un message de foi dans la résistance non-violente, adressé à la presse française.

« La décision de la population palestinienne dans la bande de Gaza d’organiser des manifestations pacifiques sur les frontières, dans le cadre de la Journée de la terre – Commémoration du 30 mars 1976, jour où l’armée israélienne réprima dans le sang la révolte de Palestiniens protestant contre la confiscation de leurs terres – montre que la résistance et l’attachement aux racines sont dans l’esprit de tous les Palestiniens.

Malgré les représailles sanglantes des soldats israéliens, et en dépit d’un lourd bilan côté palestinien (26 morts et 2 000 blessés côté palestinien – zéro côté israélien – au 8 avril 2018), les Palestiniens de Gaza ont gardé le sens de cette initiative pacifique et envoyé sept messages clairs.

Le premier est adressé aux forces d’occupation israélienne : c’est ici notre terre, ici nos racines, ici notre vie. Nous ne partirons pas, nous resterons attachés à cette terre sacrée de Palestine. Le droit au retour est une demande populaire. Le blocus imposé à la population civile depuis plus de douze ans n’a pas érodé sa résistance et sa détermination à obtenir sa liberté.

Le deuxième message et en direction du président Trump : la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël est illégale. N’importe quelle initiative américaine dans la région qui ne prend pas en considération les espérances de la population civile des territoires palestiniens n’a aucune chance d’aboutir.

Le troisième message est envoyé aux instances internationales, souvent complices des crimes israéliens, pour leur dire que le droit international est bafoué tous les jours par cette occupation aveugle […] Mais le fait que le conseil de sécurité se soit réuni le jour même de la marche montre que les crimes israéliens ne vont pas rester toujours impunis.

Le quatrième message est pour les dirigeants palestiniens : assez de divisions ! Unissez-vous ! Vos projets politiques et militaires n’ont pas réussi à satisfaire les revendications du peuple palestinien. Les négociations de paix n’ont rien apporté aux Palestiniens. Quelle que soit la forme de résistance choisie, politique ou militaire, elle doit obtenir un consensus populaire.

Le cinquième message va aux médias internationaux : arrêtez d’occulter cette dure réalité dans la bande de Gaza, arrêtez d’utiliser des termes comme « affrontements entre soldats israéliens et palestiniens », « les soldats israéliens se défendent », ou « l’armée israélienne riposte à des tirs palestiniens ». Ce qui se passe dans la bande de Gaza a un nom : « agressions israéliennes contre les civils palestiniens », parce qu’il y a des crimes commis par une armée contre une population civile sous blocus.

Le sixième message est un message de reconnaissance adressé à tous les solidaires dans le monde. Ils ont montré leur indignation face aux massacres israéliens contre les civils palestiniens. Ils ont renforcé leur solidarité avec notre région sous blocus et confirmé que Gaza ne sera jamais oubliée.

Le septième message est adressé à la population palestinienne : le temps est venu pour les Palestiniens de Gaza de développer des actions efficaces pour continuer à résister aux mesures atroces de cette occupation. Les actions pacifiques et populaires, dans une démarche non violente, pourraient être une forme de résistance dans les territoires palestiniens afin de mettre le gouvernement israélien devant ses responsabilités et l’obliger à respecter les revendications du peuple palestinien. La non-violence pourrait être une alternative pour répondre à la violence de l’occupant. »

Le problème est que la non-violence palestinienne ne fait pas l’affaire du gouvernement de droite et d’extrême droite israélien, bien plus à l’aise avec la violence qui lui permet d’affoler sa population, de tromper l’opinion internationale en passant pour « victime » et, au passage, de tester de nouvelles armes dans des conditions optimales. Aussi fera-t-il tout pour pousser les Palestiniens à la faute par des provocations calculées.

C’est le devoir moral de tous les humanistes, progressistes et pacifistes d’aider les Palestiniens à tenir bon dans la résistance non violente, par un soutien moral et concret, comme nous le faisons, dans la mesure de nos moyens, à St-Merry, conformément au message de l’Evangile et à l’appel de nos consciences.

Laurent Baudoin

Le texte en italique a été adressé par Ziad à la presse française.

A noter : la prochaine séance Skype avec les étudiants de Ziad aura lieu à St-Merry le dimanche 22 avril à 12h30.

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