Maaloula (Syrie, 1962), photo de J.Casaubon

Quand les pierres font signe

« Les pierres ne sont pas bavardes, elles gardent leurs secrets qui remontent à la nuit des origines. Il arrive cependant qu’elles nous fassent signe ». Par Jacqueline Casaubon
Maaloula (Syrie, 1962), photo de  J.Casaubon
Maaloula (Syrie, 1962), photo de J.Casaubon

Les pierres ne sont pas bavardes, elles gardent leurs secrets qui remontent à la nuit des origines. Il arrive cependant qu’elles nous fassent signe, la preuve en est l’histoire de ma rencontre avec un funambule.

C’était un tailleur de pierres,
Il traçait son chemin avec le pic et le marteau,
Dans l’obscur et le dur,
Le sec et le bruyant,
L’épais et le rugueux.
Tout, dans un vacarme étourdissant.
Et de la poussière partout, partout.
Il avait rencontré la pierre.

Une nuit, il est surpris,
Le souffle qui porte ses rêves
Chuchote à son oreille des mots nouveaux.
Une invitation vers le dehors.
La pierre, en se brisant, a ouvert un passage.
Il est saisi celui qui ne va plus rien saisir.

Il a quitté ses pierres,
Le tailleur de pierres,
En devenant funambule dans un cirque.
Le solide, c’est lui.
Il a pris ce risque,
Car cela ne tient qu’à un fil.
Un fil souple sur lequel ses bras
Deviendront le balancier de son corps.

Il est debout, regardant ailleurs.
Pour avancer, il fixe un point à l’horizon.
Où ? Je ne sais et c’est là son secret.
Il est en marche vers une lumière
où il a placé sa confiance.

Il est en marche, le tailleur de pierres.

Jacqueline Casaubon

 

.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *