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Quarante jours au désert

Actuellement et jusqu’à la fin du mois de novembre, la crypte de Saint-Merry accueille une installation des artistes Hugo Verlinde (projections lumineuses), Florence Tassan Toffola (sculptures de verre) et Jacotte Chollet (musique).
Une « installation qui nous donne à voir le mystère de la vie se déployant sous nos yeux émerveillés de spectateur », écrit Martine Metzger dans le commentaire que nous publions.
À l’origine de cette réflexion, l’article de Jean Deuzèmes.

Que ces photos sont pauvres pour dire la beauté de cette installation qui nous donne à voir le mystère de la vie se déployant sous nos yeux émerveillés de spectateur! 
Répartirons nous en sentant que les artistes ont illustré le mystère de la Vie qui nous a créés, nous habite et nous porte inlassablement… même dans les moments de désert comme nous le rappelle le titre de l´exposition? 
Certaines analogies sont faciles à repérer. 

Une église… quelque chose de sacré,
Une crypte… au plus profond de nous,

Un grand vitrage plat avec trois arches simples mais en lien… la Sainte Trinité,
De la lumière en sort… d’où jaillit la vie,
les profondeurs sombres sont éclairées,
Des tas d’éclats de couleur… le noir éclaboussé de vie.

En face, une structure faite du même verre. Mais cette fois non pas en un seul panneau mais en plusieurs imbriqués les uns dans les autres, une colonne transparente dans un élan vertical… l’homme donc!
L’homme debout face au mystère de la vie,
La lumière ricoche sur lui, l’éclaire, ruisselle de lui, s’élance de lui…
l’homme rayonnement de la mystérieuse lumière.
Nous pouvons contempler ce mystère incroyable: nous sommes cet homme plein de lumière donnée, reçue, nous traversant et renvoyée tout azimut en profusion. Cet homme non pas créateur de la lumière mais co-créateur de la beauté du spectacle de la vie.
A moins que la colonne ne soit une représentation de l’humanité toute entière, l’humanité multi-facette faite du même verre transparent, chaque facette recevant et renvoyant la lumière selon l’angle qui lui échoie du fait de sa place. 
La lecture reste la même puisque chaque facette a sa place et son rôle dans le grand jeu de la Vie. 
Parfois, au cours du spectacle la structure homme-humanité ne reflète plus la lumière. La crypte devient alors plus sombre mais la lumière-source est tout de même présente. C’est peut-être bien ce qui justifie le titre de l’exposition. «  Quarante jours au désert   », une expression pour désigner ces temps où l’homme individuel et-ou collectif est coupé de la lumière, ne l’accueille plus, ne la reflète plus, plongé qu’il est dans le noir au plus profond de lui.
Gardera-t ’il la mémoire de la luminosité jaillissante et nourrissante des temps précédents? Gardera-t’il la foi dans cette traversée de l’obscurité? Verra-t’il au plafond de la crypte, au ciel au dessus de lui, les mini éclats de lumière, traces des éblouissements précédents? 
En tout cas, les artistes nous montrent que la Vie est toujours là, même si on ne la voit plus, que cette absence ne dure qu’un temps, que le temps revient où on peut faire à nouveau jeu avec elle, corps avec elle, temple avec elle, Elle qui serait donc un jeu de lumière et de musique! 
Car il y a aussi de la musique dans cette installation. Une musique qui elle ne s’éclipse pas, qui est toujours là, évoquant une fois encore l’omniprésence du mystère dans lequel l’homme baigne sans en être pourtant l’origine, au déploiement duquel il participe même si une grande partie d’ordonnancement de la Création lui échappe. 
Une façon de nous rappeler que nous les hommes, faits de la même matière transparente que la Vie Primordiale, traversés de sa lumière, dans le grand concert de la Vie qui prend existence par nous et avec nous, ce jeu magnifique, nous n’y sommes par pour rien mais nous n’y sommes pas pour tout! 
Nous ne sommes pas tout seul. 
Ça se joue à plusieurs, à partir d’Elle et avec Elle!

Martine Metzger

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