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Qu’avons-nous appris de l’épidémie ?

C’est sous ce prisme que le groupe Foucault/De Certeau s’est retrouvé en présentiel  (avec une vingtaine de personnes) et en distanciel (une dizaine de personnes) ce dimanche 11 octobre. L’essentiel semble pour l’heure de garder le lien, dans un souci de vigilance chrétienne et citoyenne. Un bref hommage a été rendu à un disparu de la crise du Covid, Jacques Frémontier. Les travaux du groupe interconvictionnel Défis/spiritualité de Saint-Merry sur les enseignements génériques à tirer de cette pandémie ont été rapidement partagés. Mais, après l’allocution du président de la République et la remise du rapport Pittet, l’attention est plus que jamais nécessaire. Les défauts manifestes d’anticipation, de préparation et de gestion de la crise sont désormais reconnus. 

Néanmoins, jamais la recherche fondamentale en sciences dures mais aussi en sciences humaines n’a été aussi importante sur le sujet. Dans ce dernier secteur, pas moins de dix-sept projets ont été sélectionnés. Ils concernent notamment la perception de la crise, les inégalités sociales et les solidarités mises en œuvre, le rôle des différents acteurs dans la pandémie. Sont souhaités par les chercheurs eux-mêmes des travaux sur le droit à la santé, l’impact des messages préventifs les devoirs citoyens. 

En fait, on ne saurait trop souligner ici les enjeux éthiques nombreux qui sont apparus depuis le début de la crise. Ils concernent (entre autres) l’accès aux soins de santé, l’allocation de ressources dans la pandémie, où une optique de bienfaisance ne se combine pas toujours avec le souci de la justice. Sont également en question les modalités de communication à la population (quelle « transparence » ?), de suivi de l’épidémie (quelle « surveillance » ?), de respect des institutions (quelle « confiance ?). Sur tous ces sujets, nul doute que le travail devra être mené en continu : la place de la science et la gestion des données fait débat depuis le début de la crise. La prise en compte du contexte sociétal s’est affinée mais des déficiences demeurent, notamment concernant les plus vulnérables. La gestion même de nos différences de perception – où peur et abattement alternent avec enthousiasme et optimisme – et celle de la gestion de nos désaccords sur le sujet doit s’approfondir. Sans céder à la panique ou à l’inverse à l’irénisme, les chrétiens, peuvent avec prudence et détermination, aussi faire part de leurs points de vue, en commençant par bien comprendre ce qui les concerne de façon spécifique. Rendez-vous alors en Zoom ou en présentiel pour le prochain atelier ?

Jean-François Petit

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