« Que dis-tu sur toi-même ? »

Que dis-tu sur toi-même ? « Que faisons-nous, que disons-nous qui provoque des questions autour de nous ? »

 

14 décembre 2014
3ème Dimanche de l’Avent, de Gaudete
Année B

Lectures de la messe
1ère lecture : « Je tressaille de joie dans le Seigneur » (Is 61, 1-2a.10-11)
2ème lecture : « Que votre esprit, votre âme et votre corps soient gardés pour la venue du Seigneur » (1 Th 5, 16-24)
Evangile : « Au milieu de vous se tient celui que vous ne connaissez pas » (Jn 1, 6-8.19-28)

 Voici le témoignage de Jean, quand les Juifs lui envoyèrent de Jérusalem
des prêtres et des lévites pour lui demander :
« Qui es-tu ? »
Il ne refusa pas de répondre, il déclara ouvertement :
« Je ne suis pas le Christ. »
Ils lui demandèrent :
« Alors qu’en est-il ?
Es-tu le prophète Élie ? »
Il répondit :
« Je ne le suis pas.
– Es-tu le Prophète annoncé ? »
Il répondit :
« Non. »
Alors ils lui dirent :
« Qui es-tu ?
Il faut que nous donnions une réponse à ceux qui nous ont envoyés.
Que dis-tu sur toi-même ? »
jean 1/19-22

 

Mot d’accueil

Deux thèmes s’entrecroisent dans la liturgie du jour : la joie et l’identité du croyant. Que dis-tu sur toi-même ?

La joie, nous l’oublions parfois, à force d’être sans cesse plongés dans nos difficultés quotidiennes et dans la litanie des malheurs du monde. Et pourtant, si nous nous rassemblons ici, c’est pour nous associer aux cris de joie et de reconnaissance de tous ceux qui, de par le monde, n’en finissent pas de découvrir leur salut ; parce que Dieu se révèle par son action dans le monde ; parce qu’Il se révèle en chacun de nous ; parce qu’Il nous renouvelle.

Les lectures d’aujourd’hui nous parlent aussi d’identité, la nôtre.  Mais pas à la mode d’aujourd’hui ; pas l’identité que l’on peut être tenté de se créer, de cultiver, pour mieux se distinguer, se montrer ou se rassurer, au risque de s’y enfermer. Non, pas une identité pour soi ; une identité pour les autres, un service, pour les conduire vers la joie de Dieu. Une identité qui n’est ni immuable, ni patrimoniale – on ne la possède pas – mais qui se doit d’être dynamique, active : une voix, peut-être une petite voix, qui témoigne, une voix qui dérange un monde incroyant ou mal croyant et qui rend témoignage d’un autre que de soi ; une voix qui a vocation à interpeller, à provoquer la question. Une identité qui n’est que réponse à l’initiative de Dieu, Lui qui nous appelle à son service.

Olivier

 

A propos des textes bibliques du 14-12-14

Les tribus changent et évoluent de manière différente. Protestants, catholiques et musulmans suivent leurs propres itinéraires. Mais les stratégies « pastorales » se ressemblent ou coïncident.
Les uns prônent la discrétion, ce que certains qualifient d’enfouissement, tels les prêtres ouvriers.
D’autres sont des ardents partisans de ce qu’ils appellent la visibilité : processions et luminions dans les rues, prières du vendredi sur la chaussée. Col romain ou voile islamique.  La burqa et  la soutane, bras dessus, bras dessous.
Visibilité contre discrétion et modestie.
L’évangile d’aujourd’hui nous met contre le mur. Si on ne nous demande jamais : « qui es-tu ? », ou «  Que dis-tu sur toi-même ? », notre vie est suspecte et notre identité,  pour le moins, ambiguë. Jean est interrogé à cause de ce qu’il fait…
Que répondre ? : a) comme le serviteur d’Isaïe : joie et libération des prisonniers, des cœurs brisés, des humiliés. Guérison et libération. b) comme Paul dans l’épitre : prière et action de grâce, joie, discernement.
Incompatible ? Pas du tout. Mais tenir les deux bouts de la chaîne. Pas facile. Que dis-tu sur toi-même ?

Jésus Asurmendi

Partage en petits groupes

« Que faisons-nous, que disons-nous
qui provoque des questions autour de nous ?
 »

Méditation à la manière d’une prière eucharistique.

Rendez grâce en toute circonstance.
Ce n’est pas parce Paul nous le recommande.
Ce n’est pas parce que c’est poli de remercier.
Ce n’est pas parce que l’on passe beaucoup de temps dans nos journées à dire merci.
Ce n’est pas parce que le remerciement facilite les rapports entre les personnes.
Nous te remercions Dieu notre Père parce que nous en avons besoin.
Oui, au-delà des mots et des formules. Il ne nous est pas facile de reconnaître que nous devons quelque chose aux autres.
Et pourtant, nous ne pouvons pas  nous construire sans les guérisons, les libérations et la joie des autres.
Nous ne pouvons pas voir, entendre et comprendre sans ces prophètes, sans ces lanceurs d’alerte qui ponctuent nos vies. Ils nous secouent, nous agitent, nous réveillent et nous provoquent.
Comme Jean le Baptiste avec sa hache, son feu et son baptême d’eau.
Nous te remercions surtout  pour Jésus, ton Fils qui, dans la tourmente de notre vie secouée, apporte l’espérance : la libération authentique, la joie profonde, la vie. Pour Lui et par Lui nous te remercions et nous te chantons.
Que dis-tu sur toi-même ?
Il a parlé et il a agi, ton Fils, notre Seigneur Jésus.
Il a répondu à la question délicate, souvent escamotée, ignorée, déviée.
Et la réponse donnée c’est sa vie, sa vie donnée et offerte qui culmine par la mort sur la croix. Cette mort que l’Esprit a transfigurée en faisant du crucifié le ressuscité, source de la vie nouvelle. Que ce même Esprit, Dieu notre Père, fasse de ce pain et ce vin les signes du corps et du sang de ton Christ et notre Christ.

Dans l’espérance qui nous anime nous faisons le mémorial de notre Seigneur Jésus. Honneur et louange à toi, Seigneur Jésus, mort et ressuscité pour nous, pour tous. Dans l’espérance qui nous anime nous t’attendons.

Et nous, Dieu notre Père ? Et ton Eglise ?
Sommes-nous des lanceurs d’alerte, des déclencheurs d’espérance ? Sommes-nous la voix de celui qui crie dans le désert ?
Sans ton Esprit, sans ta présence, sans ta force nous ne serons que des cloches qui résonnent dans le vide. Que ton Esprit fasse de nous tous, de ton Eglise, de tous ceux qui partagent le repas du Seigneur une communauté vivante qui diffuse et propage la joie, qui discerne dans la sérénité, qui libère dans les petites comme dans les grandes affaires, qui accueille et qui guérit, qui n’a pas peur. Que nous soyons ainsi témoins actifs de la joie que nous procure la communion avec ton Christ.

Jésus Asurmendi

Mot d’envoi

Au cours de cette célébration, chacun d’entre nous a eu l’occasion de se demander comment il comprend sa participation à la préparation du chemin du Seigneur. Et nous, collectivement, que disons-nous de nous-mêmes ? Car il nous faut aussi donner toute sa place à notre mission collective, à celle à l’actualisation de laquelle nous avons décidé de consacrer l’année qui vient pour fêter comme il se doit les 40 ans du CPHB. Alors, que cette année soit pour nous l’occasion de rendre témoignage dans la joie du Seigneur, puisqu’Il est proche.

Olivier

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