Que je retrouve la vue

Confiance,
lève-toi ;
il t’appelle.

Dimanche 28 octobre 2018

PREMIÈRE LECTURE (Jr 31, 7-9)
« L’aveugle et le boiteux, je les fais revenir »
PSAUME (Ps 125 (126), 1-2ab, 2cd-3, 4-5, 6)
Quelles merveilles le Seigneur fit pour nous :
nous étions en grande fête !
DEUXIÈME LECTURE (He 5, 1-6)
« Tu es prêtre de l’ordre de Melkisédek pour l’éternité »
ÉVANGILE (Mc 10, 46b-52)
« Rabbouni, que je retrouve la vue »

MOT D’ACCUEIL

Bienvenue au Centre pastoral Saint-Merry, entre le Forum des Halles et le Centre Beaubourg, dans cette très vieille église parisienne toujours plus ou moins en travaux (il est bon que l’Église soit toujours en travaux), une très vieille église mais ouverte à l’art contemporain dont vous avez un exemple aujourd’hui avec l’exposition d’Haude Bernabé, Marenostrum, qui restera ici jusqu’au 17 novembre…
Église de l’évangile dans la ville, église ouverte au monde. En cette période de vacances scolaires, plusieurs membres de notre Communauté sont aujourd’hui absents. Compensant ces absences, nous accueillons des gens en de passage ou en voyage, peut-être retour d’exil comme ceux dont parle aujourd’hui le prophète Jérémie, et parmi eux certains anciens membres de la communauté qui profitent des vacances pour revenir célébrer ici et y retrouver des amis. Soyez donc tous et toutes les bienvenus, car nous formons « une grande assemblée », à l’image des disciples et de la « foule nombreuse » de l’évangile de Marc que nous allons entendre. Tous sortent de Jéricho et montent vers Jérusalem en suivant Jésus. Et Bartimée, l’aveugle qui a répondu à cet appel : « Confiance, lève-toi, il t‘appelle », bondit et court, retrouve la vue et suit Jésus. Un appel qui s’adresse à chacun de nous. Au milieu de ce rassemblement, de cette foule en marche, nous vous proposons de vous présenter. Il suffit d’écrire 3 choses sur le papier joint à la feuille de chants: votre prénom, la ville où vous demeurez aujourd’hui et le pays de votre naissance. Et si vous le voulez, dites le aussi à votre voisine ou votre voisin. Nous irons ensuite rassembler ces papiers par couleur sur cette feuille où est dessiné un chemin pour signifier qu’à travers notre diversité d’origine et d’histoire, nous formons un même peuple rassemblé au nom du Père, du Fils et de l’Esprit saint.

Jean Verrier

Commentaire

Les promesses ne valent que pour ceux qui les croient. Nous sommes ici plus de 2/3 de l’assemblée à avoir de problèmes de vue. Nous portons de lunettes. Macron a promis des lunettes et d’appareils auditifs gratuits pour tous ceux qui en ont besoin. Pour l’instant on n’a rien vu. Rien entendu. Jérémie promet également l’inimaginable : retour d’exil, une véritable déferlante. Bartimée fait partie de cette foule qui espère, dans les cris, dans les pleurs et les supplications, dans la joie… Nous aussi. N’est-pas ? Nous tous, aveugles, boiteux, enceintes et accouchés. A chacun de nous la foule, pareillement, nous dit : confiance, lève-toi, il t‘appelle. Trois mots clés. Et Bartimée le suit en chemin, le chemin qui conduit à Jérusalem, à la crucifixion, à l’exécution. À la résurrection. C’est la seule personne dont Marc dit qu’il suivait Jésus. Les disciples traînent derrière. Bartimée le suit en chemin. Ne laissons pas Bartimée tout seul avec Jésus sur le chemin. Participons à la déferlante des peuples qui crient et espèrent. Et nous retrouverons la vue, et l’ouïe, et la marche et le goût, le goût de la vie, le goût des autres, le goût de Dieu.

Jesús Asurmendi

Méditation à la manière d’une prière eucharistique

Dieu notre Père nous voici en ce jour froid, prélude et avant-goût de l’hiver qui vient. Mais dans cette Europe tempérée qui est la nôtre, les saisons, les différences et les variations sont de rigueur même si tout ne l’est pas, comme le changement climatique. Pour les saisons, variées et riches de découvertes à chaque fois nous te remercions. Nous te remercions aussi pour cette assemblée diverse, bigarrée et caléidoscopique, comme celle à laquelle Jérémie a annoncée le retour de l’exil et une promesse ferme de lumière, de paix et de joie. Oui, nous te remercions parce que tu as fait de la foule que tu rassembles pour célébrer le repas du Seigneur, une communauté dont l’une de caractéristiques est justement le mélange et la variété, dont l’accueil est constitutif et l’exclusion bannie. Dans cette même dynamique nous te remercions surtout pour ton Fils, Jésus, notre Seigneur qui a parcouru routes et chemins, hameaux, villages et villes appelant tous ses contemporains à le suivre, sans distinction de genre, de niveau social, de religion. A tous il a montré le chemin, la voie. A tous ceux qui l’ont reçu et accepté il a donné la lumière qui leur a permis de trouver ou de retrouver la vue, l’ouï et le goût de la vie. Pour lui et par lui nous te louons et nous te chantons. Bartimée a suivi ton Fils en chemin. Les disciples se sont traînés derrière lui. Et nous comme ces derniers nous essayons de le suivre, tant bien que mal. On comprend, Dieu notre Père, que les disciples bien qu’ils ne rien compris, ils ont quand même deviné que cette histoire n’allait pas se terminer dans un bain de pétales de roses. Et qu’ils aient eu peur. Comme nous. Mais l’affaire ne s’est pas achevée sur la croix ; bien que passant par-là, grâce à ton Esprit, Jésus est devenu le premier ressuscité d’entre les morts. Le crucifié ressuscite.

Que ce même Esprit fasse maintenant de ce pain et de ce vin
les signes visibles de sa présence parmi nous,
les signes de son corps et de son sang.

Notre foule bariolée, notre communauté hétérogène et brassée ne peut que célébrer le mémorial de son Seigneur, de ton Fils car c’est ce mémorial qui la fonde, la soude et la fait vivre. Oui, nous célébrons le mémorial de la vie, de la mort et de la résurrection de notre Seigneur Jésus. Et nous l’attendons dans la joie de l’espérance. Si le chemin vers Jérusalem fut rude et long le notre n’est pas un long fleuve tranquille. Même ensemble nous avons du mal à avancer, à voir les autres, à goûter de la lumière, de la vie. Notre communauté, le monde entier a besoin de ta force, de ton Esprit. Qu’il fasse d’abord de tous ceux qui partagent le repas du Seigneur, un seul corps et un seul esprit, ton Eglise. Une assemblée ouverte structurellement aux différences et à la lumière des autres, à celle du Christ en premier lieu.

…………..

PRIÈRE UNIVERSELLE

Seigneur, ce dimanche on vote dans le plus grand pays d’Amérique du Sud, le Brésil, et l’on entend des appels à la haine et à la mort, parfois en provenance de gens qui se réclament de toi. Ces appels font écho à d’autres appels aux Etats-Unis et en Europe. Seigneur, aide-nous à dominer notre peur, ne nous laisse pas entrer dans la tentation du renoncement, fais de nous des militants de la paix.

Jean Verrier

Comme Bartimée, notre Église aujourd’hui semble aussi sans vision, au bord du chemin sinon du précipice. Seigneur, fais lever en son sein, avec le synode sur les jeunes qui vient de s’achever, à ses périphéries voire loin d’elle, des voix qui lui disent « Lève-toi, le Christ t’appelle » pour que tu nous invites à te suivre.

Alain Cabantous

…………..

Pour les morts et les vivants, nous te prions.

Jesús Asurmendi

MOT D’ENVOI

Confiance ! Levons-nous. Il nous appelle.
Sortons, gens du peuple de Dieu, gens de passage vers la demeure d’ailleurs.
Sortons, on nous attend dehors, gens du peuple de Dieu.

Jean Verrier
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