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Que sont mes amis devenus ?

L’équipe animatrice : Geneviève, Henriette, Joséphine, Jean, et Gérard Wybo qui vient de nous rejoindre, prépare pour le printemps la prochaine rencontre espérant bien qu’elle sera aussi riche d’échanges que celle du 24 mars dernier. Rappelons que cette journée, dont la date exacte sera bientôt fixée, se compose  de l’animation de la célébration du dimanche et du déjeuner en commun au cours duquel sont données, par les « amis-relais », les nouvelles des « amis-absents ». Appel est lancé à tous les membres de la communauté de Saint-Merry pour alimenter ce journal des absents en nous donnant des nouvelles ou en nous en demandant.

Nous nous orientons aussi vers l’organisation de rencontres sur le thème des « spiritualités des âges » (Jean-Marie Donegani), par exemple sur la vieillesse (article de Georges Baguet « Un temps pour vieillir », Esprit, janvier 2008). Et bien que nos amis « absents » ne le soient pas tous à cause de la vieillesse ou de la maladie, nous vous offrons, avec l’autorisation de l’auteur, ce texte de notre ami François Delivré, texte qui peut rejoindre la prière de plusieurs d’entre nous.

Saint Jacques, pardonne-moi, je n’irai pas à Compostelle
J’ai déposé mon sac devant ta grande tour, on partira sans moi.
Je suis vieux, je suis las, mes genoux n’en peuvent plus.

Ton chemin est trop long, trop dur et trop touffu.
Les pentes en sont trop raides, les cailloux trop pointus.
Les sources sont trop rares, le soleil trop brûlant.

Mes forces m’abandonnent dès le départ. Où donc m’attend mon Dieu ?
Je tremble trop du premier pas. Pourquoi m’as-tu invité à ce voyage ?
Que fais-tu des malades, des fatigués et des vieux ?

À St Merry je suis allé prier. La mère de Jésus avait un regard très doux.
Une larme a coulé de son regard de pierre: « Reste ici, compagnon. Dieu ne veut pas ta mort »
J’ai posé ma sacoche et laissé mon bourdon. Je n’irai pas plus loin, je resterai ici.
Dans cette église, je laisserai l’usure de mon corps.
Mon âme retrouvée partira seule vers le ciel.

Saint-Jacques, pardonne-moi, c’est déjà la fin du voyage et je ne suis même pas parti.
D’autres iront là-bas, moi je resterai dans cette église, l’âme droite.
Souffrir n’est pas prier, aimer n’est pas périr.

Je n’irai pas à Compostelle.

(à partir d’un texte d’Hélène Reuss) 14 juin 2015

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