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QUE SONT NOS AMIS DEVENUS ?

« Que sont mes amis devenus que j’avais de si près tenus et tant aimés ? » Beaucoup d’entre nous ont en tête ce poème de Rutebeuf, qu’il soit chanté par Jean Ferrat  ou par Léo Ferré. Les premiers mots sont le nom que s’est donné le groupe animé par Geneviève Poitou, Henriette d’Harcourt, Jean Verrier, et Joséphine de Linde.  Et le dimanche 24 mars dernier toute la communauté était conviée à la rencontre annuelle du groupe. Une fête.

QUE SONT NOS AMIS DEVENUS ? Après une chaleureuse célébration présidée par Hervé Billaudel, nous étions nombreux dans la salle Xavier de Chalendar autour d’une table bien servie pour répondre joyeusement à l’appel nostalgique du poète. Non, contrairement à ce qu’il chante, « l’amour n’était pas morte ». Plusieurs de nos amis qui ont habituellement de la peine à se déplacer étaient venus, aidés par les uns ou les autres . Gérard Wybo avait pu descendre de son 2èmeétage de la rue de la Verrerie dès la Célébration, et son sourire, sa voix retrouvée, nous ont tous réjouis. Nous avons échangé les nouvelles d’une trentaine d’absents, certains ayant envoyé d’émouvants témoignages. Nous avons aussi évoqué les amis disparus et dont nous avons accompagné les derniers jours. Un journal du détail de ces nouvelles  a depuis été rédigé par Geneviève Poitou à qui on peut le demander.

Étaient aussi présents quelques amis qui, géographiquement éloignés, restent attachés à Saint-Merry et sont devenus des « intermittents»  des messes et des fêtes du Centre pastoral : Nicolas Guérin maintenant aumônier à l’hôpital Tenon, qui est en charge de la formation de prêtres et de laïcs en Afrique ; Christophe Denantes, médecin anesthésiste, qui a donné des nouvelles de l’école qui se construit à Gaza en lien avec le groupe « Partage » ; Agnès Séminel qui participe de plus en plus souvent aux célébrations de la paroisse Saint-Gabriel dans le 20ème arrondissement.

Petit à petit, au long de quatre années déjà que notre groupe existe,  notre réflexion s’est aussi ouverte à ceux et celles qui, dans notre communauté  même, restent un peu « absents », à ceux et celles que nos regards n’ont pas croisés, aux mains tendues dont nous nous méfions, aux appels dont nous nous sommes lassés. En effet, après les messes dominicales à St-Merry, le partage peut se poursuivre longtemps : « ça va ? que deviens-tu ? ». Mais la multiplication des relations conduit souvent à des échanges superficiels. Et notre société de réseaux sociaux modifie les relations « amicales », de l‘empathie et de la compassion au simple clic. La quantité d’amis tend à remplacer la qualité de la relation. Comment résister à ce glissement ?

L’écho de cette journée commence à se faire entendre à travers les messages de satisfaction qui nous parviennent, avec des propositions de nouvelles prises en relais d’amis absents.

Dans certaines variantes le poème de Rutebeuf se termine par le vers : « L’espérance de lendemains ce sont nos fêtes »…

Jean Verrier

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