Que votre lumière brille

… que votre lumière brille devant les hommes :
alors, voyant ce que vous faites de bien,
ils rendront gloire à votre Père qui est aux cieux.

Dimanche 5 février 2017

PREMIÈRE LECTURE « Ta lumière jaillira comme l’aurore » (Is 58, 7-10)
PSAUME (Ps 111 (112),.4-5, 6-7, 8a.9)
DEUXIÈME LECTURE « Je suis venu
vous annoncer le mystère du Christ crucifié » (1 Co 2, 1-5)
ÉVANGILE « Vous êtes la lumière du monde » (Mt 5, 13-16)

MOT D’ACCUEIL

Bienvenue donc à tous qui êtes venus parfois de loin pour ce moment de partage.

Aujourd’hui, nous devrions être comblés
car les textes que nous allons méditer parlent tous les trois de la joie du partage
et de l’assurance que donne au chrétien la certitude de se reposer sur Dieu:

Isaïe : si tu combles les désirs des malheureux, ton obscurité sera lumière de midi

Paul : si je proclame l’évangile, ce n’est pas parce que je parle bien
ou que je raisonne bien, c’est parce que je m’appuie sur la puissance de Dieu ;

Matthieu : votre lumière brille devant les hommes ;
voyant ce que vous faites de bien, ils rendront gloire à Dieu.

Est ce que tout cela n’est pas enthousiasmant ?
Mais sommes nous vraiment enthousiasmés ?

Pour profiter à plein de ces paroles,
nous vous proposons donc de commencer par faire un retour sur nous même :
Au fait, que faisons-nous ici ?
Ce n’est pas par obligation, parce qu’il faut aller à la messe le dimanche,
pour accomplir un rite avant le déjeuner dominical avec la belle-famille !

Alors, dans quel état d’esprit nous retrouvons nous ici ?
Sommes nous venus ici plein d’appétit ?
Prêt à découvrir de nouveaux messages ?
Prêt à des rencontres inattendues ?
Désireux de nous fortifier ensemble ?
À dés-affadir notre sel ?
À recharger les batteries qui nous rendront lumineux ?

Est ce que cette rencontre hebdomadaire est un moment de joie ?
Bref, sommes nous heureux d’être là ?

Jean de Savigny

Vous êtes le sel de la terre, la lumière du monde

… des propos maintes fois entendus…
Mais n’est-ce pas aussi ce que nous tentons de faire,
même si aujourd’hui certains d’entre nous ont dû prendre du recul du fait de l’âge :

  • chacune et chacun, sont ou avons été impliqués dans de multiples engagements
    familiaux, sociaux, culturels, économiques, spirituels

  • nous avons aussi été acteurs ensemble dans différents groupes d’activité,
    de partage et de réflexion à St Merry et bien sûr ailleurs aussi

Parce que bousculés par l’injustice à combattre
(je cite les combats en faveur des migrants, des chômeurs,
pour aussi une juste place des minorités, mais il en est bien d‘autres encore….),

parce que désireux d’une ouverture à tous nos amis qui sont sur le parvis,
parce que soucieux de manifester Dieu dans la musique, les expo,
une vocation propre à notre centre pastoral (alors que l’on fête les 40 ans de Beaubourg) ;
bien d’autres raisons encore sous-tendent nos implications….

En cela, nous répondons aux propos d’Isaïe que nous venons de lire :
ne te dérobe pas à ton semblable…

Sans doute pouvons-nous faire plus encore ; une interrogation qui ne doit pas nous lâcher

Mais pour rejoindre encore Isaïe, ces implications souvent difficiles,
aux résultats incertains, paradoxalement, nous réconfortent,
parce qu’elles ont leur source dans notre confiance en Dieu.

Isaïe ne dit-il pas « ton obscurité sera lumière de midi »
Savons-nous partager le pourquoi de la joie que nous venons d’exprimer en 6X6 ?
Nous redirons cette joie pendant la célébration, au moment de l’échange de la paix du Christ.

Savons-nous reconnaitre que ce bien que nous faisons, nous est inspiré par l’Esprit?
Dans les succès incertains de nos implications,
avons-nous la patience de notre Dieu miséricordieux ?

Mais revenons à l’évangile de Matthieu. Vous êtes le sel de la terre, la lumière du monde,
ce n’est pas d’abord pour nous glorifier, même si ces « belles actions »
contribuent à notre épanouissement, mais pour manifester ce que dit le texte
« voyant ce que vous faites de bien, ils rendront gloire à votre Père qui est aux cieux. ».

Comment ne pas se réjouir de cette parole,
manifestant que nous sommes co-constructeur avec notre Dieu ?

Peut-être y a-t- il là aussi appel à nous rendre plus visibles,
comme témoins de notre foi en Christ ;
la campagne électorale n’est-elle pas une provocation à entendre
la diversité des fondements des engagements des membres de notre communauté
et ceux de nos contemporains ?

N’est-elle pas un appel à prendre conscience
de la diversité des propositions multiples qui en résultent ?
Ces propositions retravaillées ne sont-elles pas la base d’une construction communautaire,
à l’opposé d’une identité partisane, quelle qu’elle soit.

Ce propos autour des futures élections ne rejoignent-ils pas la façon
dont nous sommes appelés à construire la communauté de St Merry,
avec les richesses de chacune et chacun ?

Ne sommes-nous pas une cellule d’église qui témoigne de sa foi en Christ
à travers cette élaboration toujours en devenir, sans cesse à consolider
à partir des empathies, des désaccords, des partages et de leur approfondissement,
mais au final producteur d’un espace du Royaume.

Avons-nous tout autant le souci de dire à d’autres,
individuellement et collectivement ce qui nous fait vivre ;
prenons-nous assez le temps de partager, de remettre en cause les stéréotypes
et les règles sur lesquels nous nous appuyons.

Prenons-nous assez le temps pour formaliser et diffuser ces moments qui nous font vivre ?

Laissons maintenant Paul dire le pourquoi de son agir
et Jean-François commenter cette prise de parole aux Corinthiens.

André Letowski

Commentaire de l’épitre aux Corinthiens

Avant de monter au chœur à la table de l’eucharistie, il n’est pas mauvais de réécouter
un de ceux qui nous a précédés dans la foi, je veux dire st Paul.
Il nous précise aussi dans quel esprit nous pouvons recevoir le pain et le vin,
le corps et le sang du Seigneur :

Frères,
quand je suis venu chez vous,

je ne suis pas venu vous annoncer le mystère de Dieu
avec le prestige du langage ou de la sagesse.
    Parmi vous, je n’ai rien voulu connaître d’autre que Jésus Christ,
ce Messie crucifié.
    Et c’est dans la faiblesse, craintif et tout tremblant,
que je me suis présenté à vous.
    Mon langage, ma proclamation de l’Évangile,
n’avaient rien d’un langage de sagesse qui veut convaincre ;
mais c’est l’Esprit et sa puissance qui se manifestaient,
    pour que votre foi repose, non pas sur la sagesse des hommes,
mais sur la puissance de Dieu.

Qu’est-ce que nous pouvons constater dans ce texte ?
Paul s’adresse à une communauté bigarrée, « plurielle » comme on dit maintenant,
où il n’y avait pas que des  « enfants de chœur » si vous me permettez l’expression…

Cette grande métropole, comme Paris aujourd’hui, est un foyer de culture,
mais des courants forts divers y coexistent.
Certaines doctrines sont complètement fermées à cette vie nouvelle que Paul propose.
Paul va s’y reprendre à plusieurs fois, écrire plusieurs lettres
pour justement expliquer ce qu’est le “repas du Seigneur”, le “sens de la charité”,
en appelant les chrétiens à une solidarité fraternelle entre eux ( dans sa 2e lettre)
et surtout, dans la première, le sens de résurrection des morts.

L’extrait que nous venons d’entendre nous montre très bien que, justement,
si nous voulons prendre part au repas du Seigneur,
nous devons convertir nos habitudes et nos attitudes :
les rôles, les responsabilités, les ministères dans l’Eglise
doivent passer par ces transformations profondes :
ce n’est pas nous-mêmes que nous devons mettre en avant
mais le mystère d’une vie livrée, d’une existence crucifiée !

Dieu ne nous demande pas des traités d’éloquence
ou de faire un « marketing évangélique »
mais une cohérence profonde entre ce que nous écoutons
et ce que nous voulons mettre en pratique.
Le « langage de la croix » est pure folie aux yeux de la « sagesse des sages »
et d’une intelligence hélas parfois pervertie.
Notre force vient du don, de la vie donnée, non d’un calcul utilitariste…
Nous ne cherchons pas les premières places ;
nous ne sommes pas non plus des  « faiseurs de miracles ».
Nous ne pouvons pas nous installer dans des formes de sécurité,
ne bâtir aucune forteresse évangélique,
si ce n’est de croire en l’amour de Dieu et en la puissance de la fraternité humaine.

Ainsi nous n’avons pas à être jaloux des « communicants »,
car nous ne cherchons pas à convaincre, ou pire, à contraindre, ou pire encore, à manipuler.
Nous ne sommes pas des « complotistes » !

Nous essayons plutôt qu’à travers nous brille une lumière,
se manifeste une joie qui nous dépasse, bref nous sommes témoins d’un Autre.

Alors ce matin, il faut d’abord avoir envie de se rassembler, de marcher,
de suivre Celui qui vient à notre rencontre. Nous cherchons ce qui nous rassemble.
Et plus particulièrement, en ces temps troublés,
ce qui travaille à des conditions d’accueil véritables des uns et des autres
dans nos quartiers, nos cités, notre vie de travail ou de prière.
C’est ce que nous voulons signifier par cette eucharistie.

Alors marchons ensemble dans la joie vers l’autel !

J F PETIT

 

Oui, Dieu notre Père, nous te rendons grâce
De nous rassembler en ce froid dimanche de février

Quand les uns crient au complot, les autres à la décadence
et les derniers sont dans l’esthétique du désastre

Toi tu viens à notre rencontre
Et tu nous appelles à nous rassembler

Et en plus, dans la joie
Tu nous invites à ne pas nous résigner
Et à aimer les événements sans arrière-pensée

Car la loi de notre existence secrète
De nos enthousiasmes intimes
C’est toi, qui viens nous bousculer
Et qui nous attires jusqu’à toi

Mais avant tout tu nous invites à nous présenter tels que nous sommes
A ne pas vouloir faire de baratin ou d’esbroufe
Car tu n’as pas besoin de cela
Pour dire ta Puissance

Bien plus, ton propre fils ne nous donne
Qu’un seul signe pour renverser la loi des puissants de ce monde

La force de la foi
Et le mystère de la croix

C’est par lui que tu fais alliance à nouveau avec nous

Et ton Royaume de paix
Se construit jour après jour
Dans ce que nous faisons de bien
Sans forcément le claironner sur les toits
Mais de façon suffisamment claire
Pour le donner à faire comprendre
Nos petites, grandes et moyennes activités

Tu les connais
Nos actes de charité bien ou moins bien ordonnés
Tu les connais

Par dessous tout,
tu veux que nous mettions notre cœur et notre intelligence en marche
Tu donnes à tant d’hommes et de femmes
D’agir en ton nom,
Aux Philippines, à Soweto ou dans nos quartiers
De ne pas baisser les bras

Et tu appelles chacun de nous à vivre dans l’humilité
L’humilité, c’est ce qui nous rend plus humain finalement
Et met de la lumière dans des quotidiens
Où c’est parfois la grisaille qui domine
C’est pourquoi nous te chantons

Oui Dieu, tu es saint
Et tu es bon pour tous
Et nous voulons te rendre grâce ce matin
Surtout à cause de ton Fils Jésus
Que tu as réveillé d’entre les morts

Il a sorti de leur sommeil les disciples
Il a accepté qu’ils marchent avec Lui
Il a leur a révélé les mystères de Dieu
Pour qu’ils puissent à leur tour les annoncer

C’est lui qui nous rassemble maintenant autour de cette table
Où nous avons apporté ce que nous avons et ce que nous sommes

Sanctifie, Père très bon
Ce paix et ce vin
Qu’ils deviennent pour nous
Le corps et le sang de Jésus ton Fils

Ce qu’il nous a dit, lui, de faire à notre tour
Ce qu’il a fait lui-même la veille de sa passion
Au cours du dernier repas
Qu’il partageait avec ses disciples

Jésus prit le pain
Il rendit grâce

Il partagea le pain

Et le donna à ses disciples en disant
« Prenez et mangez en tous, ceci est mon corps livré pour vous »

Il prit aussi la coupe de vin

Il rendit grâce
Il donna la coupe à ses amis, en leur disant
« Prenez et buvez en tous
car ceci est la coupe de mon sang
le sang de l’Alliance nouvelle et éternelle,
qui sera versé pour vous et pour la multitude
en rémission des péchés »

Il leur dit encore
« Vous ferez cela en mémoire de moi »

————
Anamnèse
————

Voilà pourquoi nous sommes rassemblés devant toi, Père.
C’est ce dialogue là avec toi
Que nous voulons continuer

Quand nous faisons mémoire
Du dernier soir du Fils de l’homme
Nous n’oublions pas les derniers mots qu’il nous a adressés
Nous n’oublions pas ce dernier repas, ce moment ultime de partage

C’est toi qui nous donnes maintenant de former communauté
Pour qu’à notre tour, nous puissions faire apparaître la vérité de ta vie

Derrière les manifestations parfois tapageuses et brouillonnes de notre bonne volonté
De notre désir de bien faire, de notre agitation apostolique

Père, nous qui allons approcher de cette table
Dans la joie de l’Esprit Saint
Pour y recevoir le corps et le sang de ton Christ
Que cette communion nous rende capable de faire surgir l’inattendu
C’est-à- dire de prendre avec toi le risque de la subversion de tous les conformismes
De redresser les situations en famille, à l’école ou au travail
Qui semblent tellement loin de toute aventure

Seigneur souviens-toi de ton Eglise répandue à travers le monde
Soutiens notre pape François, notre évêque André
Donne leur de faire preuve de courage dans la parole publique
A un moment crucial de l’histoire de notre pays

Souviens toi aussi de ceux qui nous ont précédés
Qui un jour, se sont mis en marche à ta suite
Qui n’ont pas eu peur de s’engager
Non en affichant leurs convictions en bandoulière
Mais en proposant de façon non violente
Et nous ont donné un sursaut de créativité, d’énergie
Reçois-les auprès de toi

Accorde nous de savoir tenir notre place
C’est-à- dire aussi de ne pas trop nous en faire
Car toi tu veilles sur nous
Tu nous donnes une joie, une liberté, une authenticité
A partager dans la louange et le service
Que personne ne pourra nous reprendre

Et Donne nous enfin un jour d’être près de toi
Pour que la promesse que tu nous as faite
Nous ouvre définitivement à ta Présence

Par lui avec lui et en lui
A toi Dieu le Père tout puissant
Dans l’unité du saint Esprit
Tout honneur et toute gloire
Pour les siècles des siècles

Amen

Jean-François Petit

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