Quelles images de Dieu privilégier ?

Les Ateliers de la Verrerie, émanation du centre pastoral Saint-Merry, ont organisé le 14 mars un débat sur le thème « Quelles images de Dieu privilégier ? ». Cet échange entre Martin Steffens, philosophe, et Hervé Clerc, journaliste, auteur de « Dieu par la face Nord » (Albin Michel), a été l’occasion de stimuler notre vie intérieure pendant le Carême.

Premier débat d’un cycle printanier qui en comptera trois, la soirée du 14 mars a abordé un thème original, à la fois ouvert et sans langue de bois :  « Quelles images de Dieu privilégier ? ». Contrairement à ce que pourrait laisser penser l’intitulé, il n’a pas tant été question d’iconographie chrétienne ou religieuse que de foi, de spiritualité, de deux chemins différents vers Dieu et le sens de la vie.

Animée par Fanny Cheyrou, rédactrice en chef au mensuel Panorama, cette « controverse amicale » – comme l’a présentée en introduction Jacques Debouverie, diacre à Saint-Merry et organisateur de la soirée – a vu intervenir Martin Steffens, professeur de philosophie à Metz, auteur notamment du Petit Traité de la joie (Salvator), et Hervé Clerc, « en recherche spirituelle », qui a longtemps fréquenté les bancs de l’église avant de prendre ses distances.

Au questionnement d’Hervé Clerc, journaliste, souvent teinté d’indignation face à la rigidité du dogme, face à « l’Eglise, une épreuve », face à « la religion chrétienne qui doit accepter d’être relativisée » a fait écho le témoignage de Martin Steffens, celui d’un converti qui a recours à sa culture et son outillage philosophiques pour mener avec exigence sa vie de chrétien. « Ma conversion s’est produite autour du sentiment irrésistible de la gratitude. J’ai perçu que la vie est un don et non un dû. Je me devais de dire : merci. Mais cela ne suffisait pas. ‘Merci qui ?’ comme disent les parents… Il m’est apparu nécessaire de dire merci à un Dieu qui est quelqu’un. Dans l’Église, j’ai rencontré des gens d’une profondeur que je n’avais jamais trouvée auparavant, ni à l’université en philosophie, ni dans la musique. »

« Je me suis cogné sur le mot Dieu, lui répond en écho Hervé Clerc. Qu’y a-t-il derrière ? La racine indo-européenne de deus est la même que celle de dies, le jour. Le mot ‘prier’ vient de là aussi. Zeus, signifie ‘le priant’. Je pense qu’il y a un chemin au terme duquel l’homme a une vision fulgurante de la réalité. Mais peut-on encore appeler cela ‘Dieu’ ? »

Évoquant un peu plus explicitement le rôle des images, Martin Steffens affirme que « Dieu n’est pas partout. Il est des enfers sur Terre où Il manque cruellement. Les images de Dieu peuvent certes nous aider. Pour ma part, je me passe d’images de Lui dans la prière. ». De « la parabole des berniques savantes » à la plaisanterie sur « l’altérophile », celui qui aime tellement la différence qu’il y enferme volontiers l’autre, le professeur de philosophie, spécialiste de Simone Weil, n’a pas manqué d’humour pour converser avec son interlocuteur…

Les différents partenaires de cette soirée – le CCFD-Terre solidaire, le Forum 104, la Mission de France, Chrétiens Unis pour la Terre, le Groupe d’amitié islamo-chrétien et la CCBF – vous donnent rendez-vous le mardi 9 avril, à 20 h, à Saint-Merry, pour le prochain débat sur le thème « Écologie : faut-il entrer en résistance ? ». Un troisième débat aura lieu fin mai ou début juin sur la question du travail.

Romain Mazenod

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