www.caroletexier.comfoules
installation des oeuvres à l'église Saint-Merry ( Paris )

Quelques fruits de  l’exposition « Foules », de Carole Texier

« Foules » ne fut pas seulement l'exposition d'oeuvres d'art devant une foule de personnes s'enrichissant dans leurs perceptions individuelles. Ce sont ces échanges multiples à l'occasion d'une exposition parlant dans un langage accessible, facilités encore par la présence de l'artiste, des accueillants et la ... foule de visiteurs très marqués par l'incendie de Notre-Dame et la crise que traverse l'Eglise.

Une réciprocité sensible, une séparation en douceur,  pour une relation qui demeurera.

Le 12 mai, on a démonté cette exposition Foules qui a si bien accompagné notre Carême à Saint-Merry  depuis le 12 avril…
Les Christ assis et ceux au centre vont cependant rester un temps,  pour «  une séparation en douceur » selon les mots de l’artiste qui a été sensible à Saint-Merry .
Annoncée et commentée par Jean Deuzèmes http://saintmerry.org/carole-texier-foules/ , elle a été vécue et commentée jour après jour par tous ceux auxquels elle était destinée, selon la lettre de mission donnée à Saint-Merry en mai 1975.
Carole Texier a bien voulu écrire ce qu’elle a vécu lors de cette exposition ( voir plus bas ), mais voici d’abord le témoignage des accueillants ( 19 sur ce mois ! ) et les mots écrits sur le livre d’Or.

 

Les échanges entre visiteurs et accueillants.  

Les paroles du livre d’Or ont été recopiées par Catherine Charvet qui signale : « Comme Carole nous a fait le bonheur d’être toujours présente toutes les après midi, nous avons lui envoyer immédiatement toutes les personnes qui se posaient des questions sur son expo… » Les visiteurs ont saisi cette chance rare … et l’équipe d’accueil a donc moins souvent que d’habitude dialogué longuement avec les visiteurs.

Mais ces rencontres brèves, sans suite  et anonymes permettent d’aller parfois à un essentiel qui était sous-pression, et comme l’exposition était si frappante, si simple (c’est un compliment !) et si expressive  que l’Accueil a eu cependant des retours sur la qualité de l’accrochage, notamment celui, transversal par rapport à la nef, avec ces foules de part et d’autre conduisant à la Pieta. Certains en ont fait leur miel théologique…
Plus, les visiteurs ( et même les enfants) ont été intéressés par le fait de devoir se placer à tel ou tel endroit pour « entrer » dans l’œuvre comme le souhaitait l’artiste ( par exemple les chaises disposées aux Ecce Homo) : ils ont salué la mise en scène et la perspective pleine de sens.  La relation faite entre le sujet et la place dans l’église leur était perceptible et logique, et celle à faire entre la période et le sujet s’est avérée un grand facilitateur pour en parler par exemple à des gens non-catholiques.
Beaucoup ont également partagé à l’accueil le fait que les œuvres les faisaient penser par exemple aux foules dans les camps de concentration, aux foules des medias ( où se situer ? ), aux foules dans les questions écologiques, dans les questions politiques. Les foules et l’individu, les groupes, l’aspect des corps par rapport à l’esprit a également fait mouche… Un problème très actuel bien souvent mis en relation aussi avec l’ampleur de la crise de l’Eglise ( les abus sexuels et autres abus d’autorité : leur nombre par rapport aux apports positifs d’une foule de chrétiens). Et beaucoup ont fait référence aux foules autour de Notre-Dame après l’incendie, foules dont l’ampleur a fait prendre à tous conscience des multitudes qui venaient autour d’elle mais étaient moins perçues auparavant.
La richesse de ces différents points stimulants a certainement favorisé  le temps plus lent de la réflexion et  du partage et donnera à cette exposition un caractère durable, me semble-t-il.

 

Les mots du livre d’Or témoignent d’une heureuse diversité d’appropriation  

Merci de cette œuvre grandiose qui nous met bien en route en sur le chemin pascal
Une église est (sic) une expo très jolies. (jeune allemand, une dizaine d’années).
Belle exposition qui rassemble le peuple de Dieu en ce temps de carême… Vous nous faites vivre un temps pascal dur mais aussi l’espérance.
Foules recueillies, rassemblées, contemplatives.
Christs sévillans répondant à l’architecture gothique de cette belle église.
Pour faire partie de la foule qui reconnait votre talent,  bravo et belle continuation…
Bravo à l’équipe artistique qui porte des projets porteurs de lumière et de spiritualité.
C’est magnifique, inspirant, puissant, ces foules immenses nous entraînent.

Il faut y ajouter un mot écrit en grec par Chara, l’amie d’une personne de saint-Merry … de passage et qui a été impressionnée de voir la vie moderne dans une église si ancienne, – réflexion très générale d’ailleurs.

La démarche de l’artiste, qui se veut ouverte et en recherche, est visiblement parallèle sur certains points à celle de notre  communauté. Son réalisme symbolique réunit un événement qui s’est passé il y a bientôt 2000 ans et le quotidien de beaucoup.

 

www.caroletexier.comfoules
installation des oeuvres à l’église Saint-Merry ( Paris )

Carole Texier  a écrit  une lettre pour Saint-Merry 

Un mois passé à Saint Merry, un mois passé entre mes foules de papier et les foules des visiteurs et de la communauté. Qu’en dire?
Saint Merry, c’est pour moi une multitude d’impressions. Des rencontres de tous genres. Ceux qui y travaillent, prêchant, organisant, célébrant, installant, accueillant, réparant, ou le tentant, les pierres comme les gens, les âmes (si ce terme n’est pas trop grandiloquent…). Ceux qui y viennent ou s’y promènent, les habitués et les étonnés. De l’animation, toujours. Des discussions, parfois surprenantes, souvent amusantes et passionnantes, jamais ennuyeuses. Des visites, touristes de passage et amis. Des découvertes, de lieux merveilleux et de symboles cachés. Des questions, beaucoup de questions, que je me suis posées. De la curiosité, j’aurais voulu tout voir, tout comprendre, tout savoir. Des anecdotes, souvent drôles. Des sons, entre musique sacrée, tentative de silence et piano presque pas expérimental. Des lumières, vivantes, chaudes et colorées. Des piliers, si beaux, que j’ai été incapable de dessiner. Des déambulations, nombreuses. Des cafés pour lutter contre le froid. De la gentillesse, beaucoup de gentillesse.
Et des rêveries, enfin.
Des rêveries que je vais maintenant poursuivre, des heures durant, à la terrasse de mon café préféré et mon atelier sévillans. Mais sous mon parasol et sous mon toit de tôle ondulée, c’est encore un peu sous les voûtes de Saint Merry que je serai.
10 mai 2019, Carole Texier

Elle a laissé son adresse mail pour que l’échange se poursuive : carole@caroletexier.com , et  va nous envoyer une vidéo  de Michael Londsdale lisant à Saint-Merry, qui sera publiée probablement dans la lettre 137.

l’Atelier …
www.caroletexier.com/foules

 

Marguerite Champeaux-Rousselot

 

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