©fc

Qu’est-ce qu’une vie optimisée ?

Jean-Baptiste annonce l’avènement du Christ. L’historien Yuval Noah Harari, lui, annonce une nouvelle religion dans son médiatique Homo Deus : le « Dataïsme ». Kesako ? La croyance que tout est traductible en données (objets vivants comme non-vivants), et qu’il y aurait un choix optimum pour chaque action et processus. Pour cela il suffit de confier les « data » à des algorithmes, qui vont devenir de plus en plus performants au fur et à mesure qu’ils se nourrissent de ces données. Offrez-vous au système, et il deviendra un guide de vie si performant que vous finirez par lui confier des décisions de plus en plus importantes, comme vos choix de carrière ou de vie affective. Vous le faites déjà dans une certaine mesure par l’utilisation des différentes plateformes et applications.

En effet il est tentant de croire que seule une gestion statistique et algorithmique peut nous orienter dans ce monde qui nous paraît de plus en plus complexe. Mais la vie est-elle réductible à un flux d’informations et à des processus décisionnels ? Une vie optimisée est-elle possible, et seulement souhaitable ? Car peut-être que le propre de la vie est de n’être jamais saisissable entièrement. Et le propre de la conscience, d’être pétrie de doutes et de tâtonnements. De cette fragilité naît à mon sens la possibilité de l’amour. Et comme aurait pu dire saint Paul à la suite de son chapitre 13 de la 1er épître aux Corinthiens : « Je pourrais faire chaque fois les meilleurs choix et ainsi optimiser toutes les composantes de ma vie, si je n’ai pas l’amour, cela ne me sert à rien. »

Tristan de La Selle

billet du dimanche 17 décembre 2017

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.