Qui est mon prochain ?

 Dans la Loi, qu’y a-t-il d’écrit ?
Et comment lis-tu ? 

Dimanche 10 juillet 2016

1ère lecture : « Elle est tout près de toi, cette Parole, afin que tu la mettes en pratique » (Dt 30, 10-14)

Psaume : Ps 68, 14, 17, 30-31, 33-34, 36ab.37

2ème lecture : « Tout est créé par lui et pour lui » (Col 1, 15-20)

Evangile : « Qui est mon prochain ? » (Lc 10, 25-37)

Accueil 

 

Bonjour, et bienvenue à chacune et à chacun,
les fidèles de la communauté de Saint-Merry comme les amis de passage.

« Qui est mon prochain ? »

Nous vivons dans un monde de plus en plus connecté.
Notre monde s’est rétréci, il est devenu plus proche.
Et c’est vrai que c’est formidable.
Grâce à Facebook, je reste en contact avec des amis que j’aurais perdu de vue sans cela.
Grâce aux réseaux sociaux,
nous avons une puissance de frappe démultipliée pour les causes qui nous mobilisent.
Grâce à Skype, des membres de la Communauté peuvent offrir une bouffée d’air frais
à des étudiants de Gaza.
Oui, ce qui était lointain est devenu proche, et il faut d’abord s’en réjouir.

Mais en tapotant sur mon smartphone pendant les réunions ou les repas de famille,
je suis peut-être présent à mon interlocuteur qui est loin,
mais est-ce que je vois la personne en face de moi, est-ce que je parle à mon voisin ?
En ne vivant plus que derrière mon ordinateur,
est-ce que je n’oublie pas de passer un coup de fil à la personne
qui attendait plutôt un appel qu’un smiley sur son mur Facebook ?

La question posée dans la parabole du bon Samaritain est donc d’une criante actualité.
Qui est mon prochain ? Ou plutôt, de qui je me fais proche par mon action ?

Car le message de l’Evangile, ce n’est pas une loi qui nous est étrangère.
Ce n’est pas non plus une belle histoire que l’on aime écouter
parce qu’elle nous rassure ou qu’elle serait une promesse de vie éternelle.
Non, c’est une action concrète, mais exigeante au service de nos frères,
pour les aimer et les servir.

En entrant dans cette célébration, nous faisons le signe de Croix,
en nous souvenant, comme nous le disent les enfants, que du haut en bas,
la Croix unit les hommes à Dieu, mais surtout, de droite à gauche,
d’une extrémité du monde à l’autre extrémité du monde,
la Croix unit les hommes entre eux.
Au nom du Père, et du Fils et du Saint-Esprit. Amen

Vincent Moreau

 

LE BON SAMARITAIN

L’Evangile que nous venons de lire est pour moi l’Evangile aux multiples paradoxes.

1 – Un homme très religieux s’enquiert auprès de Jésus
de ce qu’il doit faire pour avoir la « vie éternelle ».
C’est la dimension très verticale : « Dieu et moi ».
En réponse, le Christ nous remet immédiatement dans une dimension horizontale :
je suis face à un homme blessé à mort.
Est-ce que je vais me décentrer de moi-même
pour me tourner vers lui et lui porter secours ?.

2 – De même, le Christ renverse complètement la question initiale.

Le docteur de la loi demande : « Qui est mon prochain ? »

Le Christ renverse la question «  lequel des trois, (Prêtre, Lévite ou Samaritain)
a été le prochain de l’homme tombé aux mains des bandits ?».

Autrement dit, lequel des trois s’est approché de la victime,
s’est rendu proche de celle-ci pour lui apporter secours ?

C’est la même question qui nous est aussi posée aujourd’hui,
dans un contexte très différent du fait que l’électronique nous permet
de nous rapprocher de tout homme situé à l’autre bout de la terre,
mais parfois au détriment du voisin d’immeuble.

3 – Pour revenir à la parabole, il est à relever que seul le samaritain a accepté de s’arrêter,
d’interrompre son chemin, de se laisser dérouter.

Dans nos emplois du temps bien planifiés et nos agendas bien remplis,
est-ce qu’il reste de la place pour l’imprévu,
la rencontre impromptue du blessé de la vie ?
En tous cas, une des phrases qui revient le plus souvent
dans la bouche du parisien pressé semble être
« j’ai pas le temps » ( voir excellente illustration sur YOUTUBE –
« le rire jaune » –« J’ai pas le temps »)

4 – Il est vrai que chacun d’entre nous n’a pas toujours la disponibilité
qui serait nécessaire pour porter assistance à autrui.
Le samaritain lui-même confie le blessé à un aubergiste,
lui demande de prendre soin du blessé et en paiera le prix à son retour.

On ne peut pas faire tout, tout seul.
Nos communautés chrétiennes n’ont-elles pas aussi vocation
à devenir des « auberges de campagnes » pour que l’on prenne soin les uns des autres,
et de manière préférentielle, des blessés de la vie ?

5 – A condition bien entendu que les membres de nos communautés chrétiennes ne se limitent pas
aux études bibliques, philosophiques, psychanalytiques de la bible,
aux débats de société aussi nécessaires soient-ils.

Au docteur de la loi qui passe son temps à étudier la loi
et à en faire les commentaires les plus savants,
la conclusion essentielle de l’histoire du samaritain à laquelle nous renvoie le Christ est :
« Va et toi aussi fais de même » (répétée pour insister) « FAIS DE MÊME ». Ainsi soit-il.
Qu’il en soit ainsi.

Thiébault DELARUE
Méditation à la manière d’une prière eucharistique

Tu sais, Dieu notre Père, tout est symbolique.
Ainsi l’été nous rappelle habituellement les vacances,
la détente, le repos, les rencontres inattendues.
Et tout cela nous est vital pour vivre.
Et le soleil qui est revenu et la chaleur qui l’accompagne
sont pour nous signes et expression de l’été.
C’est pour cela que nous sommes contents
et que nous te remercions
car nous savons, nous confessons que cela vient de toi.

Pour vivre nous avons besoin aussi non seulement de pain et de soleil.
Nous avons besoin de voir et de regarder comme le samaritain
qui non seulement a vu mais a regardé.
Mais également nous avons besoin d’entendre et d’écouter.
D’entendre et d’écouter l’autre mais surtout ta voix :
« Ecoute la voix du Seigneur » nous dit le Deutéronome.
Cette parole, cette loi, ce chemin qui font vive aujourd’hui
n’est pas au-dessus de nos forces ni hors de notre attente.
Elle n’est pas dans les cieux ni au-delà des mers ;
Elle est tout près de nous, dans notre cœur pour la mettre en pratique.

Nous te remercions car tu te fais proche, tu te fais notre prochain.
En effet, c’est en Jésus ton Fils notre Seigneur que tu t’approches de nous,
c’est par Lui et en Lui que tu nous soignes et tu t’occupes de nous.
C’est Lui qui est la Parole, lui qui est La Parole de Dieu.
Par Lui et en Lui nous sommes en communication, en relation,
en communion avec toi, source de vie.
Nous te remercions donc du fond du cœur.

Et pour le dire nous te louons et nous te chantons.

On a beau dire et faire, on a beau tergiverser, le test redoutable c’est la mort.
Et ton Fils, notre Seigneur s’est approché de nous-même là.
IL n’a pas fait semblant, il n’a pas joué à être homme.
Il a assumé la condition humaine lui qui étant dans la condition de Dieu,
s’est dépouillé de lui-même, il s’est abaissé lui-même
en devenant obéissant jusqu’à mourir et mourir sur une croix.
Ce faisant il est devenu samaritain, le bon samaritain qui fait vivre.

Que ton Esprit fasse aujourd’hui que ce pain et ce vin,
signe et symbole de nos vies,
les signes du corps du Christ, les signes du sang du Christ.
En faisant cela, comme il nous a dit de le faire,
nous annonçons sa mort et nous proclamons sa résurrection
en attendant qu’il revienne.
Oui nous l’attendons dans la joie de l’espérance, l’espérance qui ne trompe pas.
Justement, il ne faut pas se tromper.
Tout cela n’est pas que des belles paroles, des discours envoutants.
Le « Fais donc de même » de l’évangile d’aujourd’hui résonne
comme ces réveils qui reprennent leur sonnerie tous les cinq minutes.

Voir, regarder,
entendre et écouter,
faire.
Prendre son temps, « perdre » son temps.

Car le « fais donc de même » n’est pas une exhortation à l’agitation permanente.
C’est pour cela que nous avons besoin de l’Esprit
pour faire de tous ceux qui partagent le repas du Seigneur un seul corps,
le Corps du Christ. Une Eglise aussi réfléchie qu’active,
aussi attentive qu’efficace. Une Eglise qui n’est pas prisonnière de l’immédiat,
de la dictature du « tout, tout de suite, tout le temps ».
Mais parce qu’elle entend et écoute, fait et soigne,
prend son temps pour un service honnête et diligent.
Comme l’a souvent dit François, l’évêque de Rome,
que l’Eglise soit un véritable hôpital de campagne
pour tous ceux qui en ont et en auront besoin.
Et tu sais bien que le nombre est immense.

Jésus Asurmendi
Envoi

Nous voilà repartis sur nos chemins, non pas de Jérusalem à Jéricho,
mais d’Hôtel de Ville à Charonne,
ou des rues de Paris aux plages du sud de la France.
Sur ces chemins, serons-nous comme le prêtre et le lévite,
qui voient le blessé mais passent à côté
ou serons-nous comme ce Samaritain qui accepte de se laisser déranger ?

Seigneur, donne-moi tes yeux, donne-moi tes mains, donne-moi ton cœur,
donne-moi ton amour, pour que mon attitude vis-à- vis de mes frères soit
toujours à ton image, et que moi aussi, suivant l’exemple du Samaritain,
je fasse de même.

Vincent Moreau

 

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